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« Je me demande si je ne
devrais pas me suicider !
La vie est tellement difficile !
Qu’est-ce que t’en pense, toi, Jean-Charles?
Question qui m’a été posée la semaine dernière !
Lundi, je suis allé donner le sacrement des malades à
un mourant ! On ne
peut pas s’empêcher, à un moment ou l’autre de notre vie
de penser à la mort, à
la vie après la mort, à
la fin du monde !
Et
puis, devant cela, on a différentes attitudes possibles !
On peut fermer les yeux,
essayer d’oublier,
soit en s’agitant dans une multitude d’activités,
soit en cherchant une tranquillité artificielle.
Ou bien, on se soumet.
On va jusqu’à nourrir son malheur.
On flirte avec le désespoir.
On peut aussi chercher à développer une attitude chrétienne
en laissant l’Évangile allumer de l’espérance dans nos cœurs.
C’est
peut-être pas évident de ce temps-là !
surtout qu’on lit des lectures d’apocalypse !
un mot qui dans le langage populaire signifie des événements
terribles. Mais,
pour St-Jean, et il nous le dit au début de son livre,
l’apocalypse, ce n’est pas l’annonce de grands malheurs,
mais l’annonce d’une bonne nouvelle dans des temps de
grands malheurs. C’est pas pareil !
Et
si l’Apocalypse nous paraît si terrible, c’est peut-être
parce qu’on porte en nous l’image d’un Dieu vengeur,
dominant, qui va finir un jour par prendre sa revanche.
Ce n’est pas nouveau !
De tous les temps, les chrétiens ont toujours rêvé
de déguiser leur Dieu en roi ou en empereur comme ceux que
nous connaissons.
Nous
célébrons aujourd’hui la fête du Christ, Roi de
l’Univers. Comment cette fête peut-elle être pour nous une
source d’espérance?
« Es-tu
le roi des Juifs » demande Pilate à Jésus.
Comme représentant de l’empereur de Rome, ça
l’inquiète ! Si
Jésus se déclare roi, il devient un ennemi de l’empereur.
Il faudrait l’éliminer !
C’est la seule accusation sérieuse que Pilate
pourrait porter contre Jésus.
Mais
Jésus n’a jamais revendiqué le titre de roi, à la manière
de ce monde.
Qu’on
se souvienne des tentations au désert :
« le diable l’emmène alors sur une très haute
montagne; il lui
montre tous les royaumes du monde avec leur gloire et lui dit :
‘Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes et
m’adores… » On
connaît la réponse de Jésus.
Et puis, lors de la multiplication des pains, le peuple
avait voulu enlever Jésus pour en faire leur roi,
mais il avait fui !
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Pilate
et Jésus sont seuls, face à face.
L’empire romain d’un côté, avec des armés
formidables, et
le fils du charpentier de l’autre côté,
qui a pris la liberté d’annoncer un autre royaume :
« Mon Royaume ne vient pas de ce monde ».
Jésus
nous dit : « Si
vous espérez que je change l’ordre des choses à la manière
d’un roi qui impose sa volonté, vous vous trompez.
Si vous espérez mon retour dans la puissance et dans
la gloire des chefs de ce monde, vous vous trompez.
Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir
! Je ne viens
pas pour gouverner mais pour aimer… »
La seule royauté de Jésus, c’est celle d’un
crucifié. Son
royaume à lui, c’est
un royaume d’amour ! Et,
dans son royaume, il n’y a qu’une seule loi :
aimer et aimer encore jusqu’à donner sa vie.
Quand
je fais une onction avec le St-Chrême sur les enfants, au
baptême, je leur dis qu’ils sont « prêtres, prophètes
et roi » comme Jésus.
Depuis notre baptême, nous participons à la royauté
de Jésus !
Personne ne pourra jamais
nous empêcher d’aller dans le lieu secret de notre
cœur ! Personne
ne pourra jamais nous empêcher d’être en contact avec le
meilleur de nous-mêmes !
Personne ne pourra jamais nous empêcher d’entrer
en contact avec ce Jésus qui continue de parler à notre cœur
!
Chaque
fois que j’adopte, comme loi de vie,
l’amour du prochain;
chaque fois que j’exerce, comme seul pouvoir, celui
de service des autres, je
fais apparaître, sans
éclat et sans bruit, le royaume de Dieu dès maintenant.
Chaque fois que je donne de la vie au monde,
que je donne du souffle à ceux qui se meurent de
vivre, que je
manifeste l’infinie tendresse de Dieu,
que je m’engage pour la justice ou pour la défense
des petits, c’est
Jésus qui continue aujourd’hui à se manifester comme le
Roi de l’univers.
C’est
vrai que Jésus est le Roi de l’Univers,
qu’il est le souverain de tous les rois de la
terre, qu’il
est celui qui est, qui était et qui vient.
Avec lui, le mal et la mort n’auront jamais le
dernier mot. Le
jugement définitif sur les êtres humains n’appartiendra
jamais aux grands de ce monde,
mais à lui, Jésus, et à sa royauté d’amour
Méditons
bien ces mots de Jésus à Pilate :
« Ma royauté n’est pas de ce monde… si
elle était de ce monde, mes gardes m’auraient protégé…
non, ma royauté n’est pas d’ici.
Je viens pour rendre témoignage à la vérité !
celle d’être l’envoyé de Dieu pour dire son
amour au monde.
Poursuivons
notre prière.
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