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Un
jour, deux messieurs se présentent à mon bureau. Je pensais
que c’était des vendeurs, mais, à un moment donné, il y
en a qui sort une bible de sa valise et qui me lit une petite
phrase de l’évangile d’aujourd’hui : « après
une terrible détresse, le soleil s’obscurcira et la lune
perdra son éclat. Les étoiles tomberont du ciel, et les
puissances célestes seront ébranlées ». Il
me demande si je crois à la fin du monde, si ça me fait peur
et si ça m’incite à me convertir à Dieu. Vous avez sans
doute compris! C’était des témoins de Jéhovah.
Alors,
je lui demande de poursuivre sa lecture un peu plus loin. Et
quand il arrive à la phrase qui dit: « Que
la comparaison du figuier vous instruise: dès que ses
branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous
savez que l’été est proche »,
je
l’arrête en lui disant que si la fin du monde ressemble à
l’été qui est proche, ça ne devrait pas nous faire peur,
que les signes du printemps, moi, ça me met de bonne humeur.
Complètement déconcertés, ils me demandent
s’ils peuvent revenir me voir. Je leur ai répondu que
« oui », mais je ne les ai jamais revus.
Dans
toutes les générations, on a pu dire que la fin du monde était
proche! Des
tsunamis, des tremblements de terre, des épidémies, des
guerres, il y en a toujours eu!
Est-ce
que Jésus veut nous faire peur?
Si on le pense, on est à cent milles à l’heure de
la mentalité juive. Il faut savoir que, pour les peuples qui
entouraient le pays de Jésus, et même pour certains juifs au
temps de Jésus, le soleil, la lune et les étoiles étaient
des divinités, des esprits qui habitaient le ciel et auxquels
on rendait un culte. Quand Jésus nous dit que le soleil va
s’obscurcir, que la lune va perdre de son éclat,
que les astres vont tomber,
il nous annonce la fin d’un monde sans Dieu, la fin
de l’idolâtrie, la victoire de Dieu sur toutes les forces
du mal.
Aussi,
il nous invite à être vigilants, à garder les yeux ouverts.
On le voit quand il nous dit :
« Sachez
que le Fils de l’homme est proche, à votre porte…cette génération
ne passera pas avant que tout cela n’arrive. »
Mais
qu’est-ce que ça veut dire être vigilants?
Comme
Jésus nous annonce la victoire de Dieu sur toutes les forces
du mal, la fin de l’idolâtrie, être vigilants, ça veut
dire ne pas sombrer dans toutes sortes d’idolâtries qui
existent toujours dans notre monde. Être vigilants, ça veut
dire garder les yeux fixés sur notre Dieu, sur Celui qui est
le maître du monde; garder
les yeux fixés sur Jésus, sur son projet d’amour pour le
monde. Ce n’est pas pour rien
que, aujourd’hui, dans la dernière prière de la messe, on
demande
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au
Seigneur d’augmenter la charité en nous, parce que
c’est la seule chose qui va demeurer.
Être
vigilants, ça veut dire aussi observer les bourgeons, les
nouvelles pousses qui nous annoncent que l’été est
proche. Ça veut dire être attentif aux signes de la présence
de Dieu dans notre monde,
à toutes ces victoires sur les forces du mal, en être
les porte-parole et les témoins. Je vous donne deux
exemples.
À
la fin de la guerre, dans un camp de concentration, un
soldat américain a trouvé sur un bout de papier la prière
d'un juif qui avait été exterminé. Une prière que je
trouve extraordinaire! "Seigneur,
lorsque tu viendras dans ta gloire, ne te souviens pas
seulement des hommes et des femmes de bonne volonté.
Souviens-toi également des personnes de mauvaise volonté.
Mais ne te souviens pas alors de leurs cruautés et de leur
violence. Souviens-toi de la patience, du courage, de la
camaraderie, de la grandeur d'âme, de la fidélité qu'ils
ont recueillis en nous. Et fais, Seigneur, que les fruits
que nous avons portés soient un jour, leur rédemption."
Mon
2e exemple vient d’une lettre d’un détenu à
Cowansville! Il
écrit : « En prison, délaissé par de nombreux
amis (es), et critiqué ouvertement par les miens, Dieu
s'est manifesté à travers deux personnes qui ont croisé
ma route sans que je l'aie vraiment voulu. Je l'ai vu dans
leur douceur, leur amitié, leurs gestes. J'ai senti tant de
bonté et de pardon inconditionnel de leur part malgré les
actes violents que j'avais commis. Je
me suis remis alors en question, et j’ai fait le choix de
Dieu dans ma vie. Aujourd’hui, je sais qu’Il sera toujours
là pour me seconder, non pas pour tout faire à ma place.
J'avais abandonné Dieu, mais LUI ne m'avait pas laissé
tombé. Il m'attendait dans le détour. Je trouve dans ma
foi de tous les jours, une force pour traverser chaque jour,
un réconfort pour mes moments de troubles et de faiblesses,
et une énergie nouvelle à le prier et à lui parler comme
à un ami. »
Ces
signes de la présence de Dieu sont peut-être
extraordinaires. Mais il y en a plein d’autres dans notre
monde qui nous annoncent que l’été est proche, qu’on
monde nouveau s’en vient. Ils nous annoncent le retour de
Jésus dans la gloire, le retour de Celui qui, sur la terre,
a passé son temps à pardonner, à guérir, à relever et
à aimer, le
retour d’un Dieu de tendresse et de bonté,
d’un Dieu plus fort que tout ce qui peut détruire,
plus fort que toutes les forces du mal, le
Dieu de la Pâques, le
Dieu qui fait passer de la mort à la vie.
Poursuivons
notre prière.
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