|
Rien
de spectaculaire dans l’évangile!
Mais si St Marc a retenu cet événement, c’est
sans doute parce qu’il contient toute une leçon pour notre
foi.
Imaginons
la scène un moment!
Jésus est dans le temple : il voit le va et
vient de la foule, l'agitation des enfants; il entend
les éclats de voix des marchands, le bruit des sous qui
tombent dans une rangée de treize troncs
placés pour recevoir les aumônes.
Tous les pèlerins
qui sont là cherchent à plaire à Dieu, chacun à sa manière
et chacun selon ses critères.
Ces pèlerins ont sans doute bien des raisons de s’émerveiller
comme ceux qui vont à Rome, à Lourdes ou à Fatima.
Puis,
avec beaucoup d'émotion, Jésus remarque une femme vêtue de
noir, à la démarche incertaine,
déposer les deux piécettes qui lui reste dans un des
troncs du temple.
En
bon éducateur qu'il est, il attire l'attention de ses
disciples sur le geste que vient de poser cette femme.
En pratique, elle n'a rien donné!
Qu'est-ce qu'on peut faire avec deux cents?
Pourtant Jésus affirme qu'elle a donné plus que tout
le monde. Pourquoi?
Parce que son geste vient du cœur!
Elle a donné tout ce qu'elle avait pour vivre.
Sa foi est engagée!
Elle s'en remet à Dieu; elle lui fait confiance;
elle mise sa vie sur celui dont elle est sûre qu'il en
prendra soin. On
pourrait dire que c'est bien moins une aumône qu’elle fait et
bien plus un geste de foi très concret.
On
aurait pu aujourd’hui placer deux petites tables à l’entrée
de l’Église. Sur
la première, deux cents noires comme la veuve de l’évangile,
une petite cruche d’huile et un petit plat de farine comme
la veuve de Sarepta avec une petite pancarte qui dirait :
« Elle a tout donné, tout ce qu’elle avait
pour vivre. » Sur
la deuxième, le pain et de vin de l’Eucharistie avec une
autre petite pancarte qui dirait : « Il a tout donné,
tout ce qu’il avait pour vivre »
|
Pourquoi?
Parce que Jésus se reconnaît dans la veuve de l’évangile.
La veuve, c’est le vrai portrait du bon Dieu.
En envoyant son Fils dans le monde, Dieu ne donnait
pas ce qu’il avait en trop, mais tout ce qu’il avait de
plus précieux, son propre Fils.
Dans
une lettre, St Paul disait aux Corinthiens : "Pour
vous, le Seigneur Jésus Christ, de riche qu'il était,
s'est fait pauvre, afin de vous enrichir de sa pauvreté".
Le geste de la veuve traduit la conduite de Dieu
lui-même. Dieu nous a tout donné comme la veuve du Temple!
C'est le cœur même de notre foi.
Et
il se peut très bien aujourd'hui que, malgré le fils des
ans, notre foi continue de nous apparaître toujours
fragile, bien petite, et
sans cesse remise en question.
Peut-être même qu'en regardant dans la maison de
notre cœur, on se dit que notre foi ne vaut pas plus que 2
cents. Jésus,
vient nous dire lui, qu'aux yeux de Dieu, elle a son pesant
d'or. Parce que
rien n'est plus précieux aux yeux du Père, nous dit Jésus,
que ce lien de confiance et d'amour qui se tisse mystérieusement
entre Dieu et nous.
Pendant
notre célébration, prenons le temps de regarder dans le
temple de notre cœur pour y méditer nos faits et nos
gestes de croyants : nos temps de célébration et de prières,
nos méditations de la Parole de Dieu, nos gestes de
partage, nos actions pour la réconciliation et la paix.
Présentons-les bien humblement au Seigneur qui
continue de s'en émerveiller, comme il s'est émerveillé
devant le geste de la veuve.
Demandons
aussi au Seigneur de venir mettre en nous la foi de
l’amour de la pauvre veuve; la
grâce de toujours savoir regarder au-delà des apparences
et de découvrir les vraies beautés cachées au fond des cœurs,
la grâce d'apprendre le chemin de la confiance, de
l'abandon et de l'émerveillement, la grâce de découvrir
que, dans cette eucharistie, le Seigneur se donne entièrement
à chacun et à chacune de nous.
Poursuivons
notre prière.
|