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Aussitôt
qu’on entend parler de bonheur, on réagit, parce que,
pendant toute notre vie, on cherche le bonheur.
Ce n’est pas pour rien que notre monde cherche à
nous convaincre que le bonheur réside dans la nouvelle
voiture, le confort, le soin de son corps, autrement dit dans
AVOIR, et AVOIR toujours plus.
Ce n’est pas pour rien, non plus, que Jésus nous
parle lui aussi de bonheur.
Mais pour lui, le bonheur n’est pas dans l’AVOIR,
mais dans le don de soi, dans la pauvreté, la douceur,
la justice, la miséricorde, la pureté et la paix…
Un
évangile important, celui qu’on vient d’entendre :
la charte parfaite de la vie chrétienne, disait St-Augustin;
résumé saisissant de tout l’évangile, le trésor qu’un
homme trouve dans son champ, la perle fine qu’un marchand découvre
et achète. On
peut aller encore plus loin en disant que Jésus nous livre
son auto portrait, ce qu’il a été, ce qu’il a vécu, ce
qu’il a fait.
Vous
vous rappelez que, dans l’Ancien Testament,
Moïse avait donné à son peuple un
ensemble de lois pour guider toute sa vie.
Ces lois, il fallait les appliquer, et, si quelqu’un
les transgressait, elles entraînaient des punitions, des
peines, des sanctions.
Il suffisait parfois que deux ou trois personnes témoignent
que quelqu’un avait violé la loi pour qu’il soit mis à
mort. On
l’a bien vu lors du procès de Jésus.
Jésus,
lui, vient nous révéler que, dans le royaume de Jésus, les
valeurs fondamentales sont la paix, la miséricorde,
l’amour, la douceur, la justice. Il
nous ouvre un chemin nouveau, un chemin rude, et même étroit,
mais c’est celui qui conduit au bonheur, à la lumière de
la vie. On
pourrait comparer les béatitudes aux panneaux-indicateurs
qu’on voit sur la route.
Elles viennent nous indiquer si on est, oui ou non, sur
le bon chemin, nous garantir, oui ou non, qu’on est sur la
bonne route. On
peut dire des saints que nous célébrons aujourd’hui
qu’ils étaient des gens sur la bonne route, sur la route
des béatitudes.
On
s’imagine souvent que, pour être des saints, il faudrait
vivre comme des héros de toutes les vertus.
Il faudrait en même temps être pauvre comme François
d’Assise, doux comme François de Sales, avoir faim et soif
de la justice comme l’abbé Pierre, mystique comme Jean de
la Croix, miséricordieux comme Mère Thérésa.
Disons-le tout de suite, mission impossible!
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Il
y a une religieuse, Mère Agnès de Jésus, qui comparaît
les saints à différentes fleurs qui s’épanouissent dans
le jardin de Jésus. « Il
y a les grands saints qui peuvent être comparés aux lys et
aux roses, mais le Seigneur en a créé aussi de plus petits
qui sont comme des pâquerettes ou des violettes. »
Elle ajoute : « J’ai compris que
l’amour de Notre Seigneur se révèle aussi bien dans l’âme
la plus simple que dans l’âme la plus sublime ».
La
sainteté, ça ne veut pas dire chercher de toutes nos
forces à imiter les grands saints que nous connaissons.
La sainteté, c’est se présenter à Jésus,
avec tout ce que nous sommes, tout ce que nous vivons, avec
nos qualités mais aussi nous défauts et nos limites, en le
priant de venir faire sa demeure en nous,
parce que, les béatitudes, c’est lui. On est des
saints quand, à l’image de Dieu, on met de l’amour dans
notre vie, quand on se met au service des autres.
On est des saints quand on est heureux de vivre
proches de Dieu, dans sa lumière, quand on est dans la
grande famille des amis de Dieu.
« La
Seigneur en a créé aussi de plus petits… »
nous disait la religieuse que je citais tantôt.
C’est une petite phrase à retenir, parce que la
sainteté, c’est accueillir les dons de Dieu. On
pourrait faire une beau parallèle entre les béatitudes et
les sept dernières paroles du Christ sur la croix.
Sur la croix, Jésus donne le pardon à ceux qui le
persécutent, il donne le paradis à celui qu’on a appelé
le bon larron, un fils spirituel à Marie pour qu’il lui
assure soin et protection;
il donne sa mère à Jean le bien-aimé, il donne sa
vie, il donne le salut à toute l’humanité.
Ces mêmes dons, le Seigneur nous les offre
aujourd’hui. La
sainteté, c’est accueillir le don de Dieu. C’est se
laisser habité par l’amour que Dieu nous donne, parce que
son amour est infini et qu’il peut le déposer en nous.
C’est dans ce temps-là qu’on devient des saints.
Si
on célèbre la fête de tous les saints aujourd’hui, ce
n’est pas parce qu’ils ont besoin de nos honneurs,
c’est parce qu’ils sont des témoins de ce que l’amour
de Dieu a fait en eux, de ce que l’amour de Dieu peut
faire en nous. Si
nous les fêtons, c’est parce que nous avons besoin
d’eux pour qu’ils nous aident à vivre dans l’esprit
des béatitudes.
Le
bonheur, ça nous intéresse!
Chaque fois que nous célébrons l’eucharistie,
l’Église nous invite, après le Notre-Père, à le
demander, « Seigneur,
donne la paix à notre temps.
Rassure-nous devant les épreuves en cette vie où
nous espérons le bonheur que tu promets. »
Poursuivons
notre prière.
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