|
Je
vais faire un spécial aujourd’hui!
Je vais me mettre dans la peau d’un habitant de Jéricho
qui a été témoin de la scène qui nous est racontée dans
l’évangile d’aujourd’hui. Je commence mon histoire.
J’étais là,
cette journée-là, quand Jésus est sorti de Jéricho, une
ville qu’on aime beaucoup, pleine de palmiers et de plantes
à parfum. C’est pas pour rien que, il n’y a pas si
longtemps encore, le roi Hérode
le Grand venait passer ses vacances d’hiver chez nous ! Et
puis, il n’y a pas beaucoup de monde qui peuvent se vanter
d’être dans une ville qui date du temps des patriarches;
qui peuvent raconter comment les mûrs de leur ville se sont
écroulés, dans le temps de Josué, au son des trompettes.
Pas de chômage en ville, parce que tout le commerce du pays
passe par chez nous. Il faut que je vous dise que, la semaine
dernière, on a eu tout un scandale qui a fait la une des
journaux. Imaginez-vous
que Jésus s’est invité à souper chez Zachée, le chef des
collecteurs d’impôt et un voleur de la pire espèce, qui était
allé jusqu’à monter dans un arbre pour voir Jésus passer
par là!
On était
nombreux à suivre Jésus, mais ne vous faites pas
d’illusions. Il
y avait toute sorte de monde là-dedans.
Des gens qui espéraient le voir un miracle; d’autres
qui aimaient le voir discuter avec les pharisiens qui n’en
finissaient plus avec leurs lois, la dîme, lavage de cruches
et de plats. D’autres qui aimaient juste l’écouter parce
qu’il parlait de Dieu comme personne, parce qu’il
pardonnait comme on ne pouvait pas l’imaginer.
Il y avait aussi ses disciples qui avaient abandonné
leurs barques pour le suivre.
Et eux, comme Jésus parlait d’un royaume nouveau,
ils espéraient que le pays revienne comment au temps de
Salomon. Ils rêvaient
d’avoir des bonnes places, maire d’un village, gouverneurs
d’une région, ministres dans le nouveau gouvernement.
D’autres encore, entendant Jésus dire qu’on allait
l’arrêter puis le traîner en cours, ne voulaient pas
manquer ça. Ça
passerait à l’histoire, c’est sûr!
Toujours
est-il quand sortant de la ville, on a vu le gars à Timée,
celui qui est aveugle, qui était là comme d’habitude pour
demander l’aumône. Il
fallait bien qu’il gagne sa vie!
Pas fou! Il
savait bien que les riches commerçants devaient passer par là
pour prendre la route de Jérusalem. Il
espérait qu’ils le prennent en pitié et qu’ils soient généreux
pour lui.
Quand
il nous a entendu arriver et qu’il s’est rendu compte que
Jésus, celui qui guérissait les malades, celui qui aimait
les pauvres et même un voleur comme Zachée était là, il
s’est mis à crier comme un vrai perdu :
« Jésus, Fils de David, aie pitié de moi »
On avait beau essayé de le faire taire, rien à faire,
il criait encore plus fort !
Je peux le comprendre, être aveugle, c’est pas drôle
!
Des
fois je pense à ça et je
me dis que c’était toute une prière qui faisait là Bartimée
! Pas une prière
comme on imagine, avec des formules toutes faites d’avance.
Il criait, il criait sa détresses; il y avait de quoi
vous arracher le cœur. Au
début, on aurait dit que Jésus n’entendait rien;
ce n’est pas tellement nouveau, on le lui reproche
encore des fois.
|
Il
y a une autre chose bien curieuse qui est arrivé.
Quand Jésus nous a dit d’aller le chercher et
qu’on l’invitait à faire confiance, l’aveugle a jeté
son manteau par terre, c’était son seul bien, il s’est
mis à bondir et à courir vers Jésus comme s’il voyait déjà
clair. On aurait
dit qu’il n’était plus aveugle du tout et que toute sa
vie était transformée.
Ça m’a pris bien du temps à comprendre!
Plus j’y pensais, plus je me disait que Bartimée,
c’est lui qui voyait clair et que c’était nous autres
les vrais aveugles. Vous
vous demandez pourquoi sans doute!
C’est le premier qui a osé appeler Jésus « Fils
de David », autrement dit reconnaître que c’était
lui le messie qu’on attendait depuis des siècles.
Même ses disciples n’osaient pas le dire.
Bartimée, lui, a compris ça tout de suite.
Je
pense que vous connaissez le reste de l’histoire !
« Va, ta foi t’a sauvé ! »
On pensait qu’il était pour retourner chez eux,
mais non, il s’est mis à suivre Jésus sur la route.
Pourtant, c’était une route dangereuse.
Vous vous souvenez peut-être.
C’est sur cette même route qu’un samaritain s’était
fait le prochain d’un homme
blessé, abandonné par des brigands et des bandits.
Des
fois, je rencontre du monde qui se
demande qu’est-ce que ça veut dire être disciple de Jésus
! Dans ce
temps-là, je me dis qu’ils devraient se souvenir de
l’histoire de Bartimée.
Quand Jésus lui a demandé « qu’est-ce que
tu veux que je fasse pour toi?, il a su quoi répondre tout
de suite. Si Jésus
nous posait la même question, je ne suis pas sûr qu’on
pourrait lui répondre aussi vite.
Et puis, lui, il savait qui était Jésus!
Nous autres, je ne suis pas sûr qu’on le sait tout
le temps.
J’entends
encore Bartimée crier!
Pas parce qu’il était obligé de prier!
Pas avec des belles formules apprises par cœur
qu’on récite sans trop penser à ce qu’on dit.
Sa prière! Mais, un cri qui s’enracinait dans son
cœur parce qu’il savait qu’il y avait des choses à guérir
dans sa vie.
Peut-être
que, des fois, vous vous sentez dans le noir, comme Bartimée
parce que vous vivez quelque chose de bien difficile.
Dans ce temps-là, prenez le temps d’écouter l’Église
qui vous redit : « Aie
confiance, Jésus t’appelle! »
N’ayez
pas peur d’abandonner votre manteau, ce qui vous tient
trop à cœur, pour prendre le temps d’aller vers lui,
croyant qu’il peut vous illuminer de sa lumière à lui.
Et
puis, puisque vous croyez, comme Bartimée, que Jésus est
le « Fils de David », le Sauveur du monde,
suivez-le comme Bartimée sur la route, même si elle est
parsemée d’embûches, et même si en en quelque part,
vous devrez porter votre croix pour le suivre, comme il le
disait lui-même.
Pour
faire une histoire courte, j’aurais donc aimé ça que
vous soyez là, cette journée-là, aux portes de Jéricho,
pour voir la foi de Bartimée. Peut-être que, comme moi,
vous auriez plus le goût de prier le Seigneur pour qu’il
nous donne de grandir encore plus dans la foi.
On peut sûrement le demander au cours de notre célébration.
Poursuivons
notre prière.
|