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Accorde-nous
de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche,
dans ta gloire".
Les
deux petits frères ne sont pas contents parce que Simon
Pierre vient d’être nommé à la tête de leur groupe.
Ils ne sont pas contents parce qu’ils sont les fils
de Zébédée qui a plusieurs ouvriers et bien des filets.
Ils considèrent qu’ils sont d’un autre rang
social, plus riches; c’est donc à eux que devraient revenir
la direction du groupe, comme si la richesse donnait des
droits supplémentaires.
On peut se demander si ça a bien changé dans notre
monde.
Et
même si Jésus vient d’annoncer sa passion pour la 3e
fois, ils continuent de croire, qu’en
arrivant à Jérusalem, Jésus va écraser ses ennemis et
instaurer son règne. C’est
donc le bon moment de se préparer une belle carrière et
d’en profiter pour mettre Simon-Pierre au rancart.
Et
Jésus de leur demander : « Pouvez-vous boire à la
coupe que je vais boire? » La
coupe était le symbole d’un destin amer, et de fait, Jésus
devra boire la pire coupe d’amertume.
Il leur demande encore : « Pouvez-vous
recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé. »
Au moment de son baptême, Jésus avait été plongé
dans les eaux du Jourdain, dans peu de temps, il sera plongé
dans les abîmes de l’horreur et de la souffrance.
On
voit bien que les deux disciples n’ont rien compris.
Ils se vantent de pouvoir suivre Jésus.
De fait, ils le feront plus tard, mais pas avant
d’avoir abandonné leur Maître à son sort.
Quand
les apôtres découvrent les manigances des deux frères, la
chicane éclate pour la deuxième fois,
parce qu’ils rêvent tous d’un avenir glorieux. Les
vers de l’ambition et de la jalousie rongent bien des cœurs,
déjà au temps des apôtres.
À
rebours de cette volonté de puissance qui nous habite, de ce
goût de commander et d’imposer ses idées, Jésus ordonne
la petitesse, l’humilité parce que le véritable amour ne
peut pas se situer ailleurs.
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C’est
toute une déclaration que leur fait Jésus : « Les
grands font sentir leur pouvoir… parmi vous, il ne doit
pas en être ainsi… celui qui veut être le premier sera
l’esclave de tous. C’est
ce que Jésus a essayé de leur faire comprendre tout au
long de la route.
Puis,
il les invite à le regarder, comme il nous invite à le
faire aujourd’hui. « Le Fils de l’homme n’est
pas venu pour être servi mais pour servir. » « Il
n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour
ceux qu’on aime. »
C’est ce que Jésus a fait.
Sa passion n’est pas quelque chose qu’il a subi
passivement. Sa
passion est devenue une action quand il a donné ce qu’il
avait de plus précieux, sa vie, pour manifester jusqu’à
quel point il aimait ses frères et ses sœurs. Il offre sa
vie pour ceux qui l’ont lâché, afin qu’ils soient libérés
de leur prison. Il
la donne « en rançon pour la multitude. »
Ça nous fait comprendre quelle valeur
Dieu accorde à ses enfants qui s’étaient éloignés
de lui, quel
« prix », chacun et chacune, nous avons à ses
yeux. Il nous
redit encore comme il l’avait dit par le prophète Isaïe :
« Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du
prix, et je t’aime. »
Jésus
ordonne la petitesse, l’humilité parce que c’est là
que se trouve le véritable amour. Les vrais tyrans, ceux
qui commandent en autorité, ne sont pas ceux qui
ressemblent à Ponce-Pilate ou aux Romains.
Les vrais tyrans qui nous assaillent, ce sont l’égoïsme,
l’ambition, la jalousie, la rivalité, les caprices, la lâcheté,
l’orgueil et la cupidité.
Allons-nous
enfin comprendre ? Seigneur Jésus, garde-nous près de
toi, en dépit de notre lâcheté, comme tu l’as fait pour
tes disciples. Comme eux, nous sommes ambitieux, jaloux,
mesquins, lents à comprendre. Nous refusons de changer,
nous tenons à nos idées, nous restons sourds à tes
paroles. Sois patient envers nous. Donne-nous ton Esprit :
qu’il nous donne lumière et force. Que nous apprenions à
te servir, avec toute ton Église, en nous faisant les plus
petits de tous.
Poursuivons
notre prière.
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