Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 11 octobre 2009


28e dimanche ordinaire

J’ai beaucoup aimé la 1ière lecture que nous avons entendue tantôt.  On dit que c’est le roi Salomon qui a été l’inspirateur du livre de la Sagesse.  Cet homme puissant qui a marqué l’histoire d’Israël nous dit : « J’ai prié, et l’intelligence m’a été donnée.  J’ai supplié et l’esprit de la Sagesse est venu en moi », à tel point que des rois étrangers venaient le consulter.  On comprend qu’il voit la sagesse, non pas comme un dû mais comme un don de Dieu.  Aussi, il la préfère au pouvoir politique, à la richesse, aux pierres précieuses, à l’or, à l’argent, à la beauté physique.   

Il me semble que cette lecture prend toute une couleur dans ce temps que nous vivons.  Nous sommes en pleine crise économique parce qu’on veut faire de l’argent à tout prix.  On cherche à s’enrichir honteusement.   Depuis des mois, on crie au scandale.  Mais ça ne nous empêche pas de rêver aux millions de la loterie, d’aller jouer au casino dans l’espoir de gagner, et d’applaudir les jeunes athlètes qui deviennent trop riches.

En cette fin de semaine de l’Action de Grâce, on  peut sûrement demander au Seigneur de nous donner un esprit de sagesse, une sagesse qui  nous permet de nous attacher aux valeurs sûres.

Après avoir fait l’éloge de la sagesse, la liturgie nous présente une autre valeur qui peut donner de la couleur à notre vie chrétienne : la Parole de Dieu, une Parole « qui juge des intentions et des pensées du cœur ».  Elle veut nous libérer des faux dieux, des paradis artificiels pour qu’on s’ajuste au plan de Dieu sur l’humanité et qu’on s’engage à la construction du Royaume.  Le monde dans lequel nous vivons nous propose toute sorte de bonheurs, la Parole de Dieu nous propose un autre bonheur : la vie éternelle, la communion d’amour avec Dieu.

En cette fin de semaine de l’Action de Grâce, nous pouvons sûrement remercier le Seigneur pour sa Parole qui nous éclaire.

 

Et puis, l’évangile nous a présenté  un homme qui cherche le bonheur.  « Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle? »  Ce n’est pas n’importe qui! On voit qu’il connaît bien sa religion et qu’il met en pratique tous les commandements.

Mais son cœur, pourtant bon,  n’est pas libre.  Il est attaché à de grands biens. Et pour cette raison, il n’est pas capable d’accueillir le don de Dieu, celui de son amour et de son salut.  Il n’est pas capable de suivre Jésus sur une route nouvelle, plus exigeante et « il s’en alla tout triste. »  Il n’arrive pas à comprendre que l’amour de Dieu est premier.

Et Jésus, en regardant autour de lui affirme qu’il est difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume, qu’il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille.  Quand j’étais pasteur à Notre-Dame-de-Lorette, un évêque de passage m’avait offert de faire l’homélie sur cet évangile.  Il m’avait raconté que dans le mûr qui entourait la ville de Jérusalem, il y avait une porte plus petite que les autres qu’on appelait le « trou de l’aiguille. »  Quand les marchands passaient par là, il fallait qu’il décharge les chameaux de tous leurs bagages afin de passer par la porte étroite.

Les textes d’aujourd’hui nous invitent à être sages, à remettre les biens matériels à leur juste place.  Ils sont indispensables, c’est sûr, ils sont même vitaux, mais ils ne devraient jamais occuper toute la place de notre cœur.

En cette fin de semaine de l’action de grâce, remercions Dieu de nous indiquer la voie de la sagesse, de nous éclairer, de nous indiquer des chemins de bonheur. C’est un chemin qui n’est pas facile, Jésus nous le dit clairement, mais il dit, tout aussi clairement  « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu, car tout est possible à Dieu » parce que le salut n’est pas une conquête à bout de bras, il est un cadeau que l’on reçoit.

Poursuivons notre prière.