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"Donc,
ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas."
C’est clair,
net, tranché au couteau.
Pas moyen de nuancer ou de faire des compromis.
Cette
parole de Jésus, en même temps qu’elle est une source de
joie et de réconfort pour les couples qui ont duré dans leur
amour, est une source d’amertume et de souffrance pour ceux
et celles qui ont vécu un échec dans leur mariage.
Ils risquent en plus de se culpabiliser s’ils
trouvent le bonheur au sein d’une nouvelle union.
La
recrudescence des divorces et des séparations dans notre
monde n’est pas sans nous poser un certain nombre de
questions. L’enseignement
de Jésus est-il encore bien réaliste aujourd’hui?
Est-ce qu’on ne devrait pas reconnaître que les
conditions d’existence de la vie de couple ont beaucoup
changé? L’Église
devrait-elle se montrer plus compréhensive et adoucir sa loi?
Il
y a quelques années, je recevais à mon bureau une jeune
fille qui se préparait au mariage.
À un moment donné, elle se met à pleurer à chaudes
larmes en me disant « J’espère que on ne finira pas
comme mes parents! ». Je sentais dans son cœur le désir
d’un amour total et pour toujours.
C’est vrai pour tout être humain. Il y a au cœur de
l’homme et de la femme qui s’aiment un profond désir de
faire durer et croître leur amour pour toujours.
C’est une des raisons pour laquelle l’Église a
toujours refusé de proposer un idéal moins élevé qui celui
qui habite notre cœur. Ce
serait indigne de l’être humain.
Je suis sûr que les parents de cette jeune fille, au
moment de leur mariage, avait ce même désir de continuité.
Il
y a sûrement parmi nous aujourd’hui des personnes qui
vivent un amour blessé. Avec
nous, elles acceptent l’enseignement de Jésus et celui de
l’Église, mais elles s’attendent aussi à ce qu’on
n’oublie pas d’autres aspects de l’Évangile.
Elles s’attendent à être accueillies et comprises;
elles ont besoin de paroles d’espérance et de réconfort,
et non pas des jugements comme ça arrive trop souvent,
malheureusement.
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A
la suite de Jésus, l’Église ne juge pas les personnes
qui ne sont pas parvenues à tenir les promesses qu’elles
se sont faites un jour;
elle ne les repousse pas hors de l’Église.
Au contraire, elle les accueille et chercher à les
soutenir. Je le
dis, et c’est à retenir, ces personnes qui ont connu un
échec dans leur mariage ont leur place dans l’Église.
Comme nous tous, elles sont appelées à témoigner de
l’amour que Dieu leur porte.
Je
ne suis pas en train de vous donner l’opinion de
Jean-Charles. Dans
une homélie qu’il a prononcée le 31 mai 1982, ça fait
plus de 25 ans, le pape Jean-Paul II disait :
"Nous devons nous pencher avec amour - l'amour
du Christ - sur ceux qui connaissent la souffrance de l'échec
dans le mariage, sur ceux qui connaissent la solitude quand
il faut élever seul une famille, sur ceux dont la vie
familiale est dominée par la tragédie...
Je loue tous ceux qui aident les gens blessés par l'échec
de leur mariage, en leur montrant la compassion du Christ.
Puis,
dans son Encyclique sur la famille, au no 84, il dit:
« "J'exhorte chaleureusement les pasteurs et la
communauté des fidèles dans son ensemble à aider les
divorcés remariés. Avec
une grande charité, tous feront en sorte qu'ils ne se
sentent pas séparés de l’Église, car ils peuvent et même
ils doivent, comme baptisés, participer à sa vie."
Il
me semble que c’est très clair!
« Ce
que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare point! »
Au cours de cette eucharistie, j’ai le goût de bénir
le Seigneur pour tous ces chrétiens et chrétiennes qui
vivent cette Parole comme une source de joie et de réconfort.
J'ai le goût de prier intensément le Seigneur pour
nos frères et sœurs qui ont vécus un échec, et plus
particulièrement pour ceux et celles qui sont parmi nous
aujourd'hui. J'ai
le goût de prier pour chacun et chacune d'entre nous, pour
que tout en restant fidèle à la vérité de l’évangile,
nous sachions reproduire le mieux possible dans nos vies,
les attitudes de Jésus envers tous ceux et celles qu'il
rencontrait: l’accueil, la miséricorde, la tendresse, la
compassion et l’amour.
Poursuivons
notre prière.
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