Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 27 septembre 2009


26e dimanche ordinaire

Pas toujours facile d’accepter la nouveauté!  Qu’on pense à l’enfant qui arrive dans un foyer.  Ça change toutes nos routines!  Qu’on pense au nouvel employé qui arrive au travail!  Il faut faire preuve d’ouverture d’esprit et d’accueil!  Qu’on pense à l’agent de pastorale qui arrive dans notre paroisse!  « J’espère qu’il ne prendra pas la place du curé et qu’il ne nous enlèvera pas notre place de bénévoles!   Qu’on pense à la situation actuelle de notre Église!  Ce n’est pas l’Église qu’on a connue quand on était jeune. Une autre situation nouvelle pas facile à prendre!

Vous avez remarqué ce que nous disait la 1e lecture!   Moïse avait réuni 70  Anciens dans la Tente de la Rencontre!   Il y en avait deux qui n’étaient pas là,  mais l’Esprit reposât sur eux aussi et ils se mettent à prophétiser dans le camp.  On est scandalisé!  On veut que Moïse les arrête de parler, mais au lieu de suivre le conseil de ses proches,    Moïse reconnaît en eux l’action de Dieu.  Une leçon sur la liberté de Dieu, la liberté de l’Esprit.

Presque la même chose dans l’Évangile!  Quelques disciples ont vu une personne venir en aide à quelqu’un d’autre pour le libérer d’esprits mauvais et faire un miracle  au nom de Jésus.   Ils veulent l’empêcher parce que cette personne là ne fait pas partie de leur groupe.   Mais Jésus leur donne une consigne contraire.  « Celui qui fait un miracle en mon nom, ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi.  Celui qui n’est pas contre nous est pour nous! », 

Dans les deux cas, on voit la même chose!  On veut restreindre l’action de Dieu aux élus, aux choisis, à l’Église.

Une bonne nuit, un pharisien nommé Nicodème va trouver Jésus pour discuter avec lui, et, au cours de la conversation Jésus lui avait dit :  « Le vent souffle où il veut.  Tu ne sais pas ni d’où il vient ni où il s’en va,  ainsi en est-il de l’Esprit. »    Toujours la même leçon!  On ne peut jamais mettre l’Esprit Saint en prison.  Il est  puissant et libre!

L’amour universel du Père et la force de l’Esprit Saint vont bien  plus loin que tout ce qu’on peut imaginer ou penser.  Jésus va jusqu’à dire que même les non croyants seront récompensés pour un seul petit verre d’eau fraîche donné  à un disciple de Jésus, en sa qualité de disciple.

Comme Josué dans la 1e lecture,  comme les disciples de Jésus dans l’évangile, nous sommes tentés de réduire l’action de Dieu à nos rassemblements d’Église et à nos

humbles interventions pastorales. On se doit de résister à cette tentation parce qu’on ne pourra jamais limiter l’action de l’Esprit.

Le bien est avant tout l’œuvre de Dieu!   Et il y a du bien qui existe en dehors de nos organisations d’Église, en dehors de nos communautés. Celui ou celle qui aide un voisin ou une voisine à se libérer d’un mal de vivre  contribue au dynamisme de l’Esprit dans le monde.  Le médecin et l’infirmière qui soignent les malades  obéissent à la mission libératrice que Jésus a confiée à ses disciples.  L’adulte qui demande le baptême, (il y en a un à St Stephen)  parce qu’il  ressent un appel à se convertir manifeste que l’Esprit est à l’œuvre dans notre monde.  

Jésus nous invite à nous ouvrir à la nouveauté et aux signes que l’Esprit nous fait aujourd’hui.  On ne sait pas comment les disciples ont réagi aux paroles de Jésus,  mais ils ont sûrement été bien surpris!   Nous suivons Jésus nous aussi, comme les premiers disciples et il nous faut accepter nous aussi d’avoir des surprises et même d’être bouleversés par des événements ou des personnes qui, à première vue, ne sont pas proches de nous et qui font du bien.. « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous » nous dit Jésus.  Jésus nous invite à avoir du discernement. i.e. à porter un regard de foi sur les réalités qui nous entourent.

Comme modérateur de l’équipe pastorale, je participe à beaucoup de réunions!  Je trouve que c’est trop, des fois!  Je vois bien qu’on a mille et une préoccupations.   Au cœur de tout cela,  il y en a une qui est plus importante que toutes les autres :  nous attacher à la personne de Jésus,  discerner les signes de sa présence dans notre monde.  

Au moment où nous sommes rassemblés pour l’eucharistie,  nous avons une chance unique de nous approcher de Jésus.  Demandons-lui de nous aider à mieux découvrir et à mieux discerner les signes de sa présence dans notre monde.  Et puisque le bien est avant tout l’œuvre de Dieu,  je vous invite à un petit exercice.  Pensons à quelque chose de bien que nous avons vu cette semaine, à la maison, au travail,  au centre d’achat, sur la rue et remercions le Seigneur pour ce que nous avons vu.  Et pour aller plus loin, avec Jésus,   rendons grâce au Père pour sa bienveillance envers nous et envers toutes les personnes de la terre.

Poursuivons notre prière.