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Une fois, j’étais
en train de me préparer pour célébrer la messe, et une
petite fille qui m’accompagnait s’approche de moi pour me
demander : « Est-ce
que tu pourrais prier pour ma maman aujourd’hui. »
Qu’est-ce qui est arrivé à ta maman?
« Elle est rentrée saoule hier soir, elle a tombé
dans l’escalier de la cave et elle s’est cassé une jambe. »
Cette semaine, on m’a demandé si je pouvais célébrer
le mariage d’un monsieur qui a le cancer et qui est en phase
terminale.
La souffrance
est toujours là avec toutes ses couleurs : la maladie,
l’échec, une situation difficile, la mort de quelqu’un
qu’on aime, des souffrances physiques ou psychologiques. On
se prend à rêver qu’on n’ait pas trop à souffrir
pendant notre vie, mais elle est toujours là.
Et on se pose des questions sur celui que nous appelons
le « BON » Dieu.
Pourquoi il ne fait rien pour que ça s’arrête?
Est-ce que le « BON » Dieu nous a fait pour
la souffrance? On
a souvent l’impression qu’il est bien loin, absent,
silencieux, indifférent.
Pierre, dans
l’évangile, vient de faire une déclaration solennelle en
disant à Jésus : « Tu es le Messie, tu es
l’envoyé de Dieu, tu es le Christ! ».
Il voit en Jésus le libérateur attendu depuis des siècles,
celui qui va apporter l’abondance, celui qui va
mettre fin à l’oppression dont le peuple souffre, celui qui
va mettre un terme à toutes les souffrances. Il
n’y a pas à dire, on lui ressemble pas mal dans l’idée
qu’on se fait du bon Dieu.
Et quand Jésus
annonce qu’il aura à souffrir, qui sera rejeté par les
anciens et tué, les apôtres lui font de vifs reproches,
parce que, à leurs yeux, c’est impossible que le messie
puisse souffrir et mourir.
Ça ne se peut pas qui soit soumis à la souffrance et
à la mort. Ce
que Jésus leur dit, c’est un choc terrible pour eux autres.
Ça défait complètement l’image qu’ils se font du
messie.
St Paul disait
que la croix était un scandale.
Elle continue de l’être, parce qu’il nous arrive
à tous, à un moment donné, de voir la croix comme un
scandale. Pourquoi le « BON » Dieu est-il demeuré
inactif et silencieux devant les injustices subies par son
propre Fils, devant les souffrances qui l’accablaient?
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Et qui donc
est ce Jésus qui prétend être Dieu, et qui se laisse
conduire à la croix sans résistance,
qui ne fait rien pour se soustraire à la passion.
Qui d’entre nous n’a pas vu dans la croix et la
mort de Jésus, un scandale, un événement odieux, tout à
fait inacceptable?
Alors la
question que Jésus pose à ses apôtres au début de l’évangile
devient une très grosse question pour nous :
« Pour vous, qui suis-je? » Suis-je celui
que vous imaginez, celui de vos désirs,
ou celui qui nous est révélé par les Écritures?
Quand on
regarde Jésus agir, on voit qu’il ne peut supporter de
voir un être humain qui souffre.
Chaque fois, il met en œuvre toute la puissance créatrice
qui l’habite pour faire échec à la souffrance et à la
maladie. Il
demande la même chose à ses disciples.
Quand il les
envoie en mission, il leur dit :
« Guérissez les malades, ressuscitez les
morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. »
À un autre moment, il disait encore :
« Un de signes qui accompagneront ceux qui
auront cru, c’est qu’ « ils imposeront les
mains aux informes et ceux-ci seront guéris ».
Cette même mission, lutter contre le mal de tous nos
forces, Jésus
nous la donne encore aujourd’hui.
C’est une exigence évangélique, un devoir à
accomplir.
Si Jésus
lutte contre la souffrance et le mal, il ne vient jamais
nous dire qu’il n’y aura plus jamais de souffrance.
On sait très bien comment lui-même les a
accueillies et vécues dans la confiance à son Père.
Il y a juste
une manière de comprendre tout cela, c'est-à-dire dans
l’événement le plus grandiose de l’histoire de
l’humanité, la résurrection de Jésus. Elle vient nous
dire comme jamais que Dieu n’est pas du côté de la
souffrance et de la mort, mais du côté de la vie.
Elle vient faire résonner dans toute l’histoire
humaine un « NON » catégorique de Dieu à la
souffrance et à la mort.
Elle vient nous dire, qu’avec Jésus, ni la
souffrance, ni la mort n’auront le dernier mot, qu’aucun
échec, aucune maladie, aucune situation ne viendront à
bout de l’abondance de la vie que Dieu nous donne déjà
et nous donnera en plénitude le matin de notre propre Pâques.
Rendons grâce
à Dieu et poursuivons notre prière.
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