Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 28 juin 2009


13e dimanche du temps ordinaire

On pourrait écouter l’Évangile d'aujourd'hui comme des spectateurs qui regardent une pièce de théâtre intéressante; intéressante parce que, à grand déploiement; intéressante parce qu’elle nous présente deux drames : celui d’un monsieur qui voit sa petite fille mourante; et celui d’une madame souffrante qui se dit : « Si je pouvais seulement toucher son vêtement ».  Heureusement, c’est une histoire qui finit bien!  C’est une belle histoire.  Mais, comme on n’est que des spectateurs,  on se dit que, nous autres, il faut continuer à se débrouiller tout seul avec nos problèmes.

Aujourd’hui, je vous propose plutôt d’être des acteurs,  de vous mettre dans la peau d’un des personnages de l’Évangile comme si cette histoire était votre histoire.  Quel rôle vous conviendrait le mieux?  Une personne dans la foule, un disciple de Jésus, un ami de Jaïre, Jaïre lui-même, la femme qui a des problèmes de santé?  Quel est le personnage de l’Évangile qui vous rejoint le mieux? 

Est-ce que c’est quelqu’un qui suit Jésus dans la foule!  Ce sont des gens qui aiment entendre Jésus, qui sentent le besoin d’être avec lui parce que ça leur fait du bien. Ils ont soif de quelque chose.

Si c’est quelqu’un dans la foule qui vous convient le mieux, vous serez des gens heureux, mais déçus aussi.  Contents parce que vous êtes proches de Jésus, que vous pouvez l’écoutez, mieux le connaître. Déçus parce que Jésus ne fera rien pour vous puisque que vous n’avez rien à lui demander. Et puis, à un moment donné, vous allez le voir s’éloigner de vous pour s’en aller avec ceux qui, comme Jaïre, le prient de faire quelque chose pour eux autres parce qu’ils n’en peuvent plus.

Est-ce que vous aimeriez mieux vous mettre dans la peau d’un ami de Jaïre?

Ce sont ceux qui viennent lui dire : "C'est trop tard, c'est fini.  Ta fille est morte.  Ils n’attendent rien de Jésus.  Ils n’ont rien à lui demander.  Ils n’ont pas de besoin, pas de désir.

Si vous acceptez de jouer ce rôle, vous ne resterez pas bien longtemps sur la scène parce que vous croyez que la mort a le dernier mot.  Ce n'est peut-être pas de votre faute, mais vous auriez besoin de quelqu'un qui vous annonce la Pâques, la victoire de Jésus sur la mort.  Alors, vous sauriez que, à cause de lui, la vie est plus forte que la mort.  Mais j’ai l’impression qu’il n’y a pas beaucoup parmi vous qui aimeraient jouer ce rôle-là!

 

 






Est-ce que vous aimeriez vous mettre dans la peau d’un disciple de Jésus?

Ils suivent Jésus depuis déjà quelques années; ils connaissent sa famille, partagent son intimité.  Mais ils ont un problème!  On dirait qu'ils sont trop habitués, qu’ils en ont trop vu!  Il n’y a plus rien plus les surprend.  Quand Jésus demande "Qui m'a touché", ils sont tout surpris parce que pour eux autres, tout le monde est pareil, tout le monde se ressemble. On voit que ce n’est pas le cas de Jésus qui cherche le geste personnel, le geste volontaire, conscient. 

Il y a encore Jaïre, le papa qui aime son enfant, qui la voit se perdre malgré tout son amour, qui ne peut plus rien faire pour la personne qu’il aime le plus au monde.  Tout ce qui lui reste, c’est de venir supplier Jésus.  Il ne pense qu’à sa fille, alors que Jésus pense au père éprouvé.  Il prend le temps, un temps précieux pour donner de la vie à sa foi.  Il le prépare pour qu’il soit capable de voir la victoire de la vie sur la mort. Vous connaissez sans doute des personnes qui sont dans la situation de Jaïre.  On peut les porter dans notre prière aujourd’hui.

Seriez-vous portés à jouer le rôle de la femme malade?  Celle qui est au bout de ses limites, qui a vu un tas de médecins, qui a dépensé son argent pour se faire guérir; celle qui est considérée impure, qui demande qu'on la respecte, qu'on l'aime un peu; celle qui pose un geste interdit par la loi, qui est prête à tout pour qu'au moins une fois, quelqu'un fasse quelque chose pour elle sans rien lui demander en retour.  Tant mieux si on se reconnaît dans la femme malade! Ça veut dire qu'on est prêt à dépasser nos préjugés, nos peurs, qu’on réalise qu’on n’est pas capable de se sauver tout seul, et qu’on désire se mettre en contact avec celui que nous appelons notre Sauveur.

Peu importe la personne à laquelle vous vous identifiez le plus.  Ils ont tous reçu quelque chose! Les gens de la foule, les amis de Jaïre, les disciples sont bouleversés, étonnés et heureux. Jaïre, la femme malade, la petite fille ont reçu un trésor inestimable, bien plus que ce qu’ils espéraient.  Ce qu’ils ont reçu, c’est la vie.

Aujourd'hui, nous aussi, nous pouvons retourner chez nous avec un trésor.  Prenons le temps de l’identifier pendant notre célébration, d’en prendre toute la mesure.  Prenons tout le temps qu’il faut à notre foi pour apprendre à reconnaître les signes que Jésus passe dans notre vie. Alors, nous réaliserons que le Règne de Dieu est en train de faire son chemin et nous saurons lui dire merci et rendre grâce.

 

Poursuivons notre prière.