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On
pourrait écouter l’Évangile d'aujourd'hui comme des
spectateurs qui regardent une pièce de théâtre intéressante;
intéressante parce que, à grand déploiement; intéressante
parce qu’elle nous présente deux drames : celui d’un
monsieur qui voit sa petite fille mourante; et celui d’une
madame souffrante qui se dit : « Si je pouvais
seulement toucher son vêtement ».
Heureusement, c’est une histoire qui finit bien!
C’est une belle histoire.
Mais, comme on n’est que des spectateurs, on
se dit que, nous autres, il faut continuer à se débrouiller
tout seul avec nos problèmes.
Aujourd’hui,
je vous propose plutôt d’être des acteurs,
de vous mettre dans la peau d’un des personnages de
l’Évangile comme si cette histoire était votre histoire.
Quel rôle vous conviendrait le mieux?
Une personne dans la foule, un disciple de Jésus, un
ami de Jaïre, Jaïre lui-même, la femme qui a des problèmes
de santé? Quel
est le personnage de l’Évangile qui vous rejoint le mieux?
Est-ce
que c’est quelqu’un qui suit Jésus dans la foule!
Ce sont des gens
qui aiment entendre Jésus, qui sentent le besoin d’être
avec lui parce que ça leur fait du bien. Ils ont soif de
quelque chose.
Si
c’est quelqu’un dans la foule qui vous convient le mieux,
vous serez des gens heureux, mais déçus aussi.
Contents parce que vous êtes proches de Jésus, que
vous pouvez l’écoutez, mieux le connaître. Déçus parce
que Jésus ne fera rien pour vous puisque que vous n’avez
rien à lui demander. Et puis, à un moment donné, vous allez
le voir s’éloigner de vous pour s’en aller avec ceux qui,
comme Jaïre, le prient de faire quelque chose pour eux autres
parce qu’ils n’en peuvent plus.
Est-ce
que vous aimeriez mieux vous mettre dans la peau d’un ami de
Jaïre?
Ce
sont ceux qui viennent lui dire : "C'est trop tard,
c'est fini. Ta
fille est morte. Ils
n’attendent rien de Jésus.
Ils n’ont rien à lui demander.
Ils n’ont pas de besoin, pas de désir.
Si
vous acceptez de jouer ce rôle, vous ne resterez pas bien
longtemps sur la scène parce que vous croyez que la mort a le
dernier mot. Ce
n'est peut-être pas de votre faute, mais vous auriez besoin
de quelqu'un qui vous annonce la Pâques, la victoire de Jésus
sur la mort. Alors,
vous sauriez que, à cause de lui, la vie est plus forte que
la mort. Mais
j’ai l’impression qu’il n’y a pas beaucoup parmi vous
qui aimeraient jouer ce rôle-là!
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Est-ce
que vous aimeriez vous mettre dans la peau d’un disciple
de Jésus?
Ils
suivent Jésus depuis déjà quelques années; ils
connaissent sa famille, partagent son intimité.
Mais ils ont un problème!
On dirait qu'ils sont trop habitués, qu’ils en ont
trop vu! Il
n’y a plus rien plus les surprend.
Quand Jésus demande "Qui m'a touché", ils
sont tout surpris parce que pour eux autres, tout le monde
est pareil, tout le monde se ressemble. On voit que ce
n’est pas le cas de Jésus qui cherche le geste personnel,
le geste volontaire, conscient.
Il
y a encore Jaïre, le
papa qui aime son enfant, qui la voit se perdre malgré tout
son amour, qui ne peut plus rien faire pour la personne
qu’il aime le plus au monde.
Tout ce qui lui reste, c’est de venir supplier Jésus.
Il ne pense qu’à sa fille, alors que Jésus pense
au père éprouvé. Il
prend le temps, un temps précieux pour donner de la vie à
sa foi. Il le prépare
pour qu’il soit capable de voir la victoire de la vie sur
la mort. Vous connaissez sans doute des personnes qui sont
dans la situation de Jaïre.
On peut les porter dans notre prière aujourd’hui.
Seriez-vous
portés à jouer le rôle de la femme malade?
Celle qui est au bout de ses limites, qui a vu un tas
de médecins, qui a dépensé son argent pour se faire guérir;
celle qui est considérée impure, qui demande qu'on la
respecte, qu'on l'aime un peu; celle qui pose un geste
interdit par la loi, qui est prête à tout pour qu'au moins
une fois, quelqu'un fasse quelque chose pour elle sans rien
lui demander en retour.
Tant mieux si on se reconnaît dans la femme malade!
Ça veut dire qu'on est prêt à dépasser nos préjugés,
nos peurs, qu’on réalise qu’on n’est pas capable de
se sauver tout seul, et qu’on désire se mettre en contact
avec celui que nous appelons notre Sauveur.
Peu
importe la personne à laquelle vous vous identifiez le
plus. Ils ont
tous reçu quelque chose! Les gens de la foule, les amis de
Jaïre, les disciples sont bouleversés, étonnés et
heureux. Jaïre, la femme malade, la petite fille ont reçu
un trésor inestimable, bien plus que ce qu’ils espéraient.
Ce qu’ils ont reçu, c’est la vie.
Aujourd'hui,
nous aussi, nous pouvons retourner chez nous avec un trésor.
Prenons le temps
de l’identifier pendant notre célébration, d’en
prendre toute la mesure.
Prenons tout le temps qu’il faut à notre foi pour
apprendre à reconnaître les signes que Jésus passe dans
notre vie. Alors, nous réaliserons que le Règne de Dieu
est en train de faire son chemin et nous saurons lui dire
merci et rendre grâce.
Poursuivons
notre prière.
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