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On raconte que Ste Catherine de Sienne a vécu une période
très difficile alors qu’elle n’avait que 16 ans. Un jour,
elle s’en est sortie et quand elle a retrouvé une certaine
familiarité avec Jésus, elle lui a demandé : "Où
étais-tu donc quand j’étais tourmentée intérieurement?"
Et le Seigneur lui
a répondu "j'étais dans ton cœur ».
Comme Ste Catherine, comme les apôtres dans la barque,
il nous arrive à nous aussi de vivre des tempêtes, de voir
nos rêves emportés par le vent, d’avoir l'impression que
tout s'écroule autour de nous, de n’être plus sûr de
rien. Et alors, nous avons peur, peur de perdre notre emploi,
peur de ne pas réussir, peur d’une maladie mortelle, peur
d’une séparation, peur de l’avenir.
Comme les disciples dans la barque, on se surprend à
faire des reproches au bon Dieu! Tu dors! Ça te fait rien!
Tu nous abandonnes!
Comment peux-tu permettre des jours si sombres?
Nous avons l’impression que Dieu n’est pas là,
qu’il n'existe plus. Nous manquons de foi ou nous la
perdons.
Une fois je me suis fait crier en pleine assemblée du
dimanche: "Ils sont bons rien vos lampions!", et une
autre fois, alors que je commençais à célébrer une funérailles,
un monsieur me crie : "Pour qui tu te prends
toi?" On manque de foi dans les tempêtes.
Heureusement, j’ai vu l'inverse aussi.
Je n’ai jamais oublié la 1e fois que je
suis allé donner le sacrement des malades à un mourant qui
en avait pour quelques heures à vivre seulement.
Le monsieur n’avait jamais appris à lire et à écrire.
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Il priait,
mais pas de "Notre Père", pas de "Je vous
salue Marie", pas de formules apprises par cœur. Il
parlait au bon Dieu comme on parle à son meilleur ami.
Il exprimait une très grande confiance en son Dieu.
Je n’ai jamais revu une paix, une sérénité pareille.
Jésus n'est pas avec nous juste quand ça va bien;
il est avec nous quand ça va mal aussi!
Il n'a jamais promis qu'il n'y aurait pas de tempête
dans nos vies, pas de peur, pas d'échec, pas de maladie,
pas de mort. Lui
même a du affronter une dure tempête dans les derniers
jours de sa vie. Dans
l’évangile aujourd'hui, Il vient nous dire qu'il n'est
jamais loin, qu'il
n'est pas en haut, en train de nous regarder pour voir
comment on se débat dans nos tempêtes, mais qu'il est dans
la même barque que nous,
qu'il est avec nous dans nos nuits, dans nos temps
sombres, dans nos tempêtes, et que, malgré tout ce qui
nous arrive, il est en train de nous faire passer sur
l'autre rive avec lui.
Celui qui a connu la tempête et qui l’a calmée, celui
qui a été victime du mal sur la croix et qui l’a vaincu
d’une manière définitive le matin de Pâques, est avec
nous d’une manière spéciale dans l’eucharistie que
nous célébrons. Il sait de quoi il parle lorsqu'il nous
dit de ne pas avoir peur.
Il a connu l'angoisse à Gethsémani, il a vécu
l'abandon et la souffrance de la croix.
Il a traversé la mort pour atteindre l'autre rive.
Et aujourd’hui le ressuscité est avec nous. Il sait de
quoi il parle quand il nous dit que de l'autre côté, il y
a un monde nouveau, une création nouvelle. Il nous demande
de lui faire confiance au point de pouvoir dire :
« Mais qui est-il donc pour que même le vent et la
mer lui obéissent? »
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