|
Je
veux retenir juste deux petites phrases avec vous
aujourd’hui.
La
première, c’est la prophétie que Jésus adresse à Pierre.
« Vraiment, je te le dis : toi, aujourd’hui,
cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras
renié trois fois. »
Ce n’est pas difficile de comprendre toute la
tristesse qu’il pouvait y avoir à ce moment-là dans le cœur
de Jésus. Celui
qui venait de faire une profession de foi à toute épreuve,
celui qu’il avait choisi, en qui il avait mis sa confiance,
sur qui il voulait bâtir son Église, voilà que, après
Judas, il allait se montrer le plus lâche de tous les Apôtres.
On voit que Jésus fait preuve d’une terrible lucidité
même sur ceux qui sont appelés à lui être fidèles.
Par contre, Saint Jean fera dire à Jésus :
« Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs ».
Il
me semble que cette petite phrase vient nous rejoindre! Nous
aussi, nous affirmons notre amour à Jésus, le preuve c’est
que nous sommes ici aujourd’hui.
Mais, tantôt, nous allons retourner chez nous et nous
nous surprendrons peut-être à agir comme si on ne l’avait
jamais rencontré. Aussi, il faut nous rappeler que c’est à
celui qui l’a renié trois fois que Jésus confie la charge
d’être le pasteur de ses brebis.
Il vient nous dire par là qu’il est capable, lui, de
nous donner une fidélité et une confiance, un pardon qui va
au-delà de tout ce qu’on peut imaginer.
|
La
deuxième parole que j’ai retenue est plus mystérieuse.
C’est celle où Jésus dit : « Éloï,
Éloï, lama sabactani? », « Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné? »
On comprend que Jésus est descendu jusqu’au fond
de la désespérance humaine pour y déposer la plénitude
de son amour. Il
est allé jusqu’à éprouver, dans toute son humanité, ce
vide, ce sentiment d’être abandonné même par Dieu.
C’est jusque là que Jésus est allé!
Ça veut dire qu’il n’y a aucune nuit humaine qui
échappe à sa présence.
Ce cri de Jésus fonde toute notre espérance et nous
ouvre déjà sur la Résurrection.
Aussi,
cette semaine, demandons au Seigneur de le suivre dans la
foi et l’amour, aussi bien quand il nous invite à
partager ses ténèbres et sa souffrance que lorsque
brillent la lumière et la joie.
Poursuivons
notre prière.
|