Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 29 mars 2009


5è dimanche du Carême

Jésus vient de nous parler du grain de blé tombé en terre. Au cours de mes lectures cette semaine, j’ai appris que l’industrie fabrique plus de 400 produits de la vie quotidienne avec du blé: des produits alimentaires, bien sûr, mais aussi des produits industriels, des produits d’entretien, des produits cosmétiques et pharmaceutiques, des produits de chauffage. On disait que chaque grain de blé est une vraie petite capsule d’énergie parce qu’il a tout ce qu’il faut pour nourrir l’homme : des sucres pour l’énergie, des vitamines et des sels minéraux.

« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit. »  Vous avez bien compris que Jésus, en utilisant cette image, nous parlait de lui.

§  C’est bien lui, le grain de blé semé sur la terre des hommes.

§  C’est bien lui, le grain de blé appelé à germer, à pousser, à s’épanouir dans nos cœurs pour fleurir en amour à la manière de Jésus.

§  C’est bien lui, le grain de blé qui meurt sur la croix pour produire du fruit, pour ressusciter le matin de Pâques afin d’être une source de vie pour toute l’humanité. 

§  C’est bien lui qu’on peut voir dans toutes ces vies fécondes, ces vies animées par l’amour, par le don de soi qui fait jaillir la vie.

Autrement dit, Dieu a semé son Fils Unique, Jésus, sur la terre des hommes pour que nous devenions comme lui, pour que sa pensée devienne la nôtre, pour que nous accueillions sa Parole et qu’on ait le goût de la communiquer, pour que nos vies soient porteuses de son projet d’amour.

« Si le grain de blé ne meurt pas, il reste seul, mais, s’il meurt, il donne beaucoup de fruit. » Cette Parole nous parle au plus haut point de Jésus, mais il faut dire aussi qu’on l’expérimente constamment.  Déjà la vie nous apprend qu’on ne peut pas réussir notre vie en restant tout seul, en se repliant sur nous-mêmes.  Et puis, pour vivre avec les autres, il faut mourir souvent à nous-mêmes.  Ce n’est pas facile de chercher constamment  à unir nos points de vue, nos orientations, pour aller dans la même direction! Ça suppose bien des renoncements. C’est une réalité que les parents connaissent très bien parce qu’ils doivent souvent mourir à eux-mêmes pour aimer vraiment le conjoint, les enfants, les autres.

« Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive » vient de nous dire Jésus.  Il nous invite à devenir ses complices!   Et nous y arrivons quand nous cherchons à construire un monde nouveau,  dans nos familles, dans nos relations de travail, dans nos loisirs, dans nos amitiés, dans nos communautés chrétiennes, dans nos villes, dans notre monde.

Depuis des années, le 5e dimanche du carême, plus précisément,  Développement et Paix, nous invite à l’appuyer financièrement pour soutenir ces gens qui habitent des pays où ils ont du mal à vivre.   Nous sommes donc invités à poser un geste concret qui manifeste bien que la semence du Christ porte du fruit dans nos vies.

Les dons que vous ferez servent à appuyer des projets concrets dans les pays du Tiers monde.  Ça ne veut pas dire que Développement et Paix, c’est juste une quête.  C’est un organisme créé par la Conférence des évêques du Canada pour bâtir des liens de solidarité avec les peuples en difficulté, qui veut nous aider à construire un monde basé sur la solidarité et la justice,  sur la fraternité et la paix.

Notre appui à Développement et Paix est une façon de rendre active et concrète la nouvelle alliance que Dieu a mise dans nos cœurs.  Plus encore, notre geste de solidarité peut permettre, à ceux et celles qui cherchent à voir Jésus, que celui-ci est encore bien vivant à travers la  communauté des fidèles.

Je vous disais au début que l’industrie réussit à fabriquer plus de 400 produits à partir des grains de blés.  Imaginez  les fruits produits par Celui qui, comme le grain de blé, meurt sur une croix pour revivre en nous. On ne peut certainement pas les chiffrer.

Tantôt, nous allons nous approcher pour la communion, pour recevoir un tout petit morceau de pain,  un pain qui est fait de grain de blé qui ont dû mourir pour être transformés ainsi.  Ce pain est le Corps du Christ, le Corps de celui qui a dû mourir pour porter du fruit,  le corps de celui qui a sauvé ses frères et ses sœurs  en les aimant jusqu'au point de leur donner sa propre vie.  

Puisse cette eucharistie nous donner d'être des complices de Jésus,  puisque c'est quand nous mourons à nous-mêmes par amour que nous lui ressemblons le plus.

Poursuivons notre prière.