Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 22 mars 2009


4è dimanche du Carême

Quand un petit enfant est devant quelque chose qu'il n’arrive pas à bouger, quand il a peur ou quand il fait une chute, il lève la tête spontanément et regarde vers ses parents parce qu’il sait bien qu’ils peuvent l’aider, le libérer, le délivrer d’une mauvais posture.  Je dis les enfants, mais nous faisons la même chose!  Il nous arrive de lever la tête et de regarder plus haut pour voir s’il n’y aurait pas quelqu’un pour nous sortir d’une mauvaise situation.

De génération en génération, nos ancêtres, nous ont appris à fixer une croix sur nos mûrs, dans les églises et dans les maisons, au carrefour des routes. Nous la plaçons toujours plus haute que nous, pour être en mesure de lever les yeux vers elle et de regarder celui qui est bien plus grand que nous.

Il y a beaucoup de chose qu'on peut se dire en levant les yeux vers la croix de Jésus.

1.    On peut se dire : si Jésus est sur une croix, il fallait bien quelqu’un pour le crucifier. La croix nous remet en face de nous-mêmes;  elle nous oblige à reconnaître qu'il y a dans nos vies des noirceurs, des ténèbres, des gestes qui sont contraires à la volonté de Dieu, contraire à l’amour du prochain

2.    On peut se dire aussi : si Jésus est sur la croix, ce n’est pas pour nous juger ou nous condamner!  On peut toujours juger quelqu’un en le regardant de haut, mais celui qui nous regardait de haut a dit : « Père, pardonne-leur, parce qu’ils ne savent ce qu’ils font. »

3.    On peut se dire encore que la croix est un symbole d’échec, de chute et de mort. Mais la croix de Jésus est l’envers le l’échec, de la chute et de la mort.  Elle est le signe de notre salut.

·        C’est vrai qu’elle était un supplice dégradant;  mais, en Jésus, elle devient un passage vers la gloire céleste.

·        C’est vrai qu’elle était une mise à mort; mais, en Jésus, elle devient un passage vers la vie nouvelle.

·        C’est vrai qu’elle était enveloppée de ténèbres; mais, en Jésus, elle fait venir la lumière de Pâques.

·        C’est vrai qu’elle a entraîné la dispersion des disciples, et pourtant, en Jésus, elle donne naissance à un peuple nouveau, l’Église.  

Si   Les petits enfants lèvent les yeux vers leurs parents quand ils sont mal pris, si nous levons les yeux vers quelqu’un d’autre pour nous sortir d’une mauvaise situation, nous avons besoin de lever les yeux vers la croix parce que nous avons besoin d’aide, besoin de salut.

1.     Tantôt, nous avons prié un psaume.  On y trouve un verset d’une extrême violence que la liturgie n’a pas retenu. Celui qui l’a écrit confiait à Dieu la violence qui était dans son cœur.  Ce n'est pas défendu de confier à Dieu la violence qui nous habite et celle qui est omniprésente dans notre monde. Nous avons besoin de vaincre la violence qui est en nous!  Nous avons besoin d’être vainqueur du mal en faisant le bien, mais ça ne se fait pas tout seul. On a besoin de lever les yeux vers la croix, vers celui qui n’a pas répondu à la violence par la violence.  On a besoin de quelqu’un plus grand que nous, le Christ, pour nous aider

2.     Les lectures que nous avons entendues tantôt nous font voir un amour qui part du cœur de Dieu pour s’enraciner au plus profond de notre cœur.  Ce n’est pas évident non plus!  Nous avons besoin de lever les yeux vers la croix, vers Celui qui est l’Amour.  

Jésus, dans l’évangile tantôt, faisait allusion au serpent de bronze dans le désert.  Des serpents venimeux étaient apparus dans le désert, et les Juifs qui en étaient mordus mouraient. Alors Dieu dit à Moïse de fabriquer un serpent de bronze et de le placer au-dessus d’un mât.  On n’avait qu’à le regarder pour être sauvé. C’était quand même curieux!  Le serpent de bronze était plus puissant que les vrais serpents qui faisaient mourir.  Pourquoi? Parce qu’en le regardant, le gens se convertissaient, se tournaient vers Dieu et mettaient leur confiance en lui.

Il y en a beaucoup de serpents brûlants dans nos vies, de réalités qui sèment la mort,  qui font mourir de mille et une manières.  Nous sommes invités à regarder celui qui est au-dessus d’un mat comme le serpent de bronze, sur la croix?  Pourquoi?  Parce que, en le regardant, nous nous convertirons encore plus,  nous nous tournerons vers Dieu,  nous mettrons notre confiance en celui qui a un pouvoir de vie, de salut et de libération.

Regarder la croix dans nos églises, dans nos maisons, c'est déjà entrer dans la fête de Pâques; c'est déjà accueillir la lumière du Ressuscité en nous et autour de nous.  Regarder la croix, c'est déjà croire, c'est suivre le Christ, marcher derrière lui, lui être associé, accueillir sa Parole. "Tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle."

Regarder la croix de Jésus, c’est engageant! Dieu a retourné la mort en vie, les ténèbres en lumière, la condamnation en justice.  Regarder la croix,  c'est accepter de faire l'œuvre de Dieu,  c'est-à-dire retourner la détresse en espérance, retourner l’accusation en pardon, la haine en amour.

Poursuivons notre prière.