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Encore
le carême! Le 15e,
30e, 50e peut-être!
Un temps qu’on voit depuis
toujours, comme une période de pénitence, pas
cette pénitence qui nous dit qu’il faut souffrir pour réparer
nos péchés, mais
cette pénitence que Jésus évoque dans l’évangile quand
il nous dit : « Convertissez-vous et croyez à la
Bonne Nouvelle », la même petite phrase que nous avons
entendue quand nous avons reçu les cendres mercredi dernier.
Jésus
sait très bien qu’il nous arrive de nous engager sur de
mauvais chemins qui ne conduisent nulle part.
On le voit tellement dans notre monde.
Se convertir, ça veut dire le reconnaître;
ça veut dire réorienter notre vie, revenir vers le
Seigneur, prendre le mal en aversion, désirer changer de vie
dans l’espérance que Dieu pardonnera nos fautes et qu’il
nous donnera toutes les grâces dont nous avons besoin pour y
arriver.
On
avait un évangile très court ce matin, un évangile où Marc
nous dit que Jésus
a été poussé par l’Esprit au désert et qu’il y a été
tenté par Satan pendant 40 jours.
« Le
désert! » Un mot très parlant, un mot à l’image de
notre vie. Comme
les Hébreux qui étaient dans le désert autrefois, pendant
notre vie, nous rencontrons toutes sortes d’obstacles sur la
route; nous ressentons de grandes privations; nous
opposons toute sorte de résistance à Dieu.
Jésus
est tenté par Satan. C’est la même tentation qu’Adam et
Ève ont connue lors de la création.
Ils sont tentés par Satan qui cherche à mettre un
doute dans leur esprit. C’est
comme s’il leur disait : « Et, si le Bon Dieu
n’était pas cet Être si bon qui veut la vie et la joie de
ses créatures? S’il
était plutôt un maître tyrannique, jaloux de son pouvoir
divin? » Ils
l’écoutent! Ils sont certains d’emprunter un beau chemin,
large et facile. Ils
revendiquent le pouvoir de décider eux-mêmes ce qui est bon
et ce qui est mal, ils
s’enferment dans leur propre volonté d’indépendance, et
ainsi, ils s’éloignent de Celui qui est la source de tout
bien.
C’est
toujours la même tentation qui nous habite.
Au milieu de nos épreuves, de nos difficultés, de nos
privations, nous voulons décider nous-mêmes ce qui est bon
et ce qui est mal en nous éloignant nous aussi de la source
de tout bien.
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Il
fallait que Jésus vienne nous rejoindre dans notre impasse,
dans ce que nous vivons.
Il fallait qu’il devienne semblable à nous en
toutes choses à l’exception du péché.
Pendant 40 jours, Il a vécu la même tentation
qu’Adam et Ève. Satan,
comme il l’a fait pour eux, veut lui faire croire qu’il
pourrait être indépendant de son Père.
Jésus a résisté à cette tentation du démon en écoutant
ton Père. Il
disait qu’il ne pouvait rien dire qu’il n’avait
d’abord entendu de son Père, qu’il ne pouvait rien
faire sans l’avoir d’abord vu faire par son Père.
C’est
très éclairant! Ça
veut dire que la conversion, ce n’est pas d’abord un
effort pour changer de vie, pour ne plus commettre de péché.
La conversion, c’est d’abord accepter humblement
la Parole de Dieu, découvrir le visage de Dieu manifesté
en Jésus.
Une
vraie conversion, ça commence quand on se met à l’écoute
de Jésus et qu’on parle comme lui,
quand on le regarde agir et qu’on agit comme lui.
Alors, Jésus devient pour nous comme une boussole
qui nous permet de retrouver le bon chemin, celui qui
conduit à la vie. Autrement,
nous devenons des « pharisiens » qui ne comptent
que sur eux-mêmes pour devenir justes.
St
Augustin disait : « Un homme baptisé est comme
un navire dont la construction est terminée; il est orné
de ses voiles; mais livré à la mer, il lui faut un
gouvernail jusqu’à ce qu’il arrive au port désiré.
Il faut invoquer le Christ, le pilote du navire. »
St Pierre, dans la 2e lecture tantôt,
rendait grâce pour le baptême qui fait vivre de la vie même
du ressuscité.
Demandons
au Seigneur, pendant notre célébration, la grâce de
laisser paraître sur nos visages de baptisés, le vrai
visage du Christ, le vrai visage de l’Église qui est
porteuse d’un message de vie. Puisse ce temps du carême
être pour chacun et chacune de nous un nouveau
compagnonnage, plus intime, avec Jésus.
Poursuivons
notre prière.
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