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Je
ne sais pas si vous avez remarqué, vous autres, mais moi, je
trouve qu’il y a un petit air d’obstination dans les
lectures qu’on vient d’entendre!
Il
fallait qu’ils soient pas mal obstinés les quatre hommes de
l’évangile qui transportent un paralysé : le monter
sur le toit parce qu’il n’y avait plus de place même
devant la porte, creuser un trou dans le toit, trouver ce
qu’il faut pour le descendre devant Jésus.
Il fallait vraiment qu’ils soient obstinés.
Imaginez leur surprise, lorsque Jésus, au lieu de répondre
à leur demande, commence par dire : « Mon fils,
tes péchés sont pardonnés ».
Ce n’est pas pour ça qu’ils se sont démenés
autant. Ils ont peut-être étés scandalisés comme les
scribes, parce que, ce que Jésus venait de dire, c’était
complètement inacceptable pour les Juifs fidèles à la Loi
de Moïse.
Comment
faut-il comprendre cette parole de Jésus?
Veut-il
nous dire que, si l’homme est paralysé, c’est à cause de
ses péchés?
C’était
la mentalité à l’époque. Tous les malheurs étaient vus
comme une punition de Dieu pour des péchés qui avaient été
commis. Je viens de dire, à l’époque.
Mais, c’est une pensée qu’on voit encore
aujourd’hui.
« Qu’est-ce que j’ai bien pu faire au bon Dieu
pour que ça m’arrive? Tant pis pour elle, pour lui, il
l’a bien mérité! Le bon Dieu ne se laissera pas toujours
faire…il va finir par payer pour…»
Un
jour, des gens étaient venus rapporter à Jésus les grands
titres de l’actualité : la chute d’une tour qui
avait tué 18 personnes à Siloé; Pilate qui venait de
massacrer des Galiléens qui s’opposaient au pouvoir de
Rome. Jésus leur avait répondu que ce sont les hommes qui
sont souvent à l’origine de leur malheur et non pas le bon
Dieu. Une autre fois, lui et ses disciples avaient rencontré
sur leur chemin un aveugle de naissance et ses disciples lui
avaient demandé : « Qui est-ce qui a péché? Lui ou ses
parents? » Ni lui ni ses parents avait répondu Jésus.
C’est
la même chose pour le paralysé.
Jésus ne veut pas nous dire que c’est à cause de
ses péchés qu’il est paralysé.
Alors,
pourquoi Jésus, avant de guérir le paralysé commence par
lui dire : < Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »
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Quand
il regarde cet homme qu’on vient de déposer devant lui,
c’est toute l’humanité que Jésus voit devant
lui : une humanité blessée, paralysée par son manque
d’amour, incapable de vivre debout, incapable par elle-même
d’aller vers son Dieu. Alors, c’est son Dieu qui vient
vers elle.
Je
vous disais tantôt que les quatre hommes s’obstinaient
dans leur démarche. On
voit la même chose chez le bon Dieu : il s’obstine
dans son amour pour les hommes.
500
ans avant la venue de Jésus, il disait par la bouche du
prophète Isaïe : « Mais moi, oui, moi je
pardonne tes révoltes à cause de moi-même, je ne veux
plus me souvenir de tes péchés. »
C’est-ce que Jésus vient de dire au paralysé,
c’est ce qu’il vient dire à l’humanité blessée et
paralysée que nous sommes. Il annonce un monde nouveau.
Ce sont les péchés qui font vieillir le monde, qui
nous font vieillir parce qu’ils empêchent la circulation
de l’amour, parce qu’ils ratatinent les cœurs endurcis
par l’égoïsme. Dieu
s’obstine dans son amour pour les hommes en proclamant
constamment son pardon. Le pardon, c’est la voie nécessaire
pour bâtir un monde nouveau. Il y a seulement l’amour qui
peut vaincre le péché et permettre aux hommes de vivre.
C’est
en accueillant cette miséricorde inconditionnelle de Dieu
que nous parviendrons à aimer profondément, à laisser
l’amour couler dans nos veines.
C’est en accueillant le pardon de Dieu que nous
pourrons prendre notre
brancard et rentrer chez nous, c'est-à-dire
reprendre une vie normale, une vie de communion, et
nous aimer les uns les autres.
Il n’y a pas d’autre programme de vie chrétienne.
« Voici
que je fais un monde nouveau ».
C’est une Parole de Dieu!
Elle est donc toujours actuelle!
Elle est belle et pleine d’espérance.
Mercredi prochain, Mgr Ebacher viendra présider la célébration
des cendres. C’est le début du Carême, un temps qui nous
est donné pour apprendre à nous obstiner comme les
porteurs de l’évangile, à nous obstiner dans notre prière
et dans notre recherche du salut.
Profitons de ce temps pour
accueillir l’immense miséricorde Dieu, ce qui permettra
à notre amour de mieux circuler à travers le monde.
Poursuivons
notre prière.
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