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« Tout
ce que vous faites : manger, boire, ou n’importe quoi
d’autre, faites-le pour la gloire de Dieu ».
Ce n’est pas compliqué, ce que Saint Paul vient de
nous dire! Des
fois, on s’imagine que pour rendre grâce, dire merci, ça
prend des choses bien spéciales : un bonheur inattendu,
une promotion au travail, un bon billet de loterie.
St Paul, au contraire, nous
propose des choses tellement simples : « Manger,
boire, ou n’importe quoi d’autre ».
Un jour, il y
avait un prêtre qui prêchait une retraite des Sœurs
aveugles de Saint-Paul, une communauté composée moitié de sœurs
aveugles et moitié de sœurs voyantes. Chacune des sœurs
voyantes s’occupaient d’une aveugle.
C’était émouvant de voir une sœur voyante qui
s’approchait, en tenant la main d’une compagne aveugle
pour recevoir le Corps du Christ.
Pendant la retraite, une sœur était venue lui parler.
Il lui demanda : « Comment voyez-vous?
Un peu, beaucoup ou pas du tout, avec les beaux
yeux bleus que vous avez?
Elle lui répondit : « Mes yeux sont en
plastique». Il comprit ce que ça voulait dire « la grâce
de voir». Il
avait toujours compris cette grâce comme quelque chose qui
lui était dû! Maintenant,
il comprenait que cette grâce l’invitait à rendre gloire
à Dieu.
C’est vrai
qu’on vit souvent comme si tout nous était dû. Et, on
n’arrête pas d’en demander encore plus en oubliant de
dire merci à Dieu, de lui rendre gloire. Pourtant,
rendre grâce, c’est ce que nous faisons en célébrant
l’eucharistie, c’est la plus grande prière des chrétiens.
Je suis sûr qu’on pourrait dresser une longue liste des grâces
que nous avons pour les transformer en prières de louange et
de bénédictions à Dieu.
Une fois, il y
avait un spécialiste en liturgie qui alla donner une session
dans une communauté de sœurs qui se consacraient à la rééducation
des sourds-muets. Une religieuse lui parla du désespoir des
parents lorsqu’ils découvraient que leur enfant était
sourd-muet, et toute l’espérance qui les habitait quand ils
amenaient leur enfant dans leur communauté. Les sœurs, avec
beaucoup de technique et de patience, apprenaient à ces
enfants à articuler les premiers sons, puis finalement à
commencer à parler. Et,
quand, au bout d’un mois, les parents venaient visiter leur
enfant pour la première fois et que leur enfant réussissait
à les appeler « papa» ou « maman», de grosses
larmes coulaient sur leurs visages.
Je me dis que
notre vie devant Dieu ressemble à la rééducation des
enfants sourds-muets. Parfois, nous avons les oreilles bouchées,
sourds, incapables d’entendre sa voix. Parfois
nous sommes muets,
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incapables
de parler, de rendre grâce à Dieu.
Et lui, à travers mille chemins de joie ou de
détresse, nous conduit pour qu’on réapprenne à l’écouter
et à lui parler. Et
quand, à cause de son amour, nous l’appelons vraiment «Père»,
pour la première fois, il
n’y a peut-être pas de larmes qui coulent sur son visage,
mais nous faisons son bonheur.
« Tout
ce que vous faites : manger, boire, ou n’importe quoi
d’autre, faites-le pour la gloire de Dieu».
Pour rendre gloire à Dieu, ce n’est pas nécessaire
qu’on soit inondé de bonheur.
Je vous lis un autre témoignage émouvant, celui-là
raconté par un missionnaire en Afrique. Il racontait ceci
:
« C’était
un beau dimanche matin!
Comme j’étais arrivé trop tôt pour célébrer la
messe, je me suis assis à l’arrière de l’église pour
regarder la célébration. Puis, j’ai vu
arriver un lépreux. « Arriver». C’est une manière
de dire! Ses jambes avaient été rongées par la maladie.
Il était assis comme sur un traineau et il se servait de
ses mains comme béquilles.
Il se plaça tout près de moi, au fond de l’église.
Au moment de la quête, on passa avec d’énormes
corbeilles pour recueillir, non pas de l’argent, mais des
dons en nature qui allaient être distribués aux pauvres
pendant la semaine à venir.
Quand la corbeille fut près de lui, il se pencha et
y déposa avec grand soin une petite fleur qu’il avait
cueillie au bord de la route. Il y avait beaucoup de
mouvements : un énorme tambour qui rythmait la
musique, la foule qui chantait, vibrait, se balançait
doucement. Je ne
pouvais pas m’empêcher de penser à la petite fleur qui
cherchait sa place dans la corbeille au milieu des bananes
et des racines de manioc.
Je me disais qu’elle devait peser bien lourd dans
la balance où les anges pèsent nos actes qui rendent
gloire à Dieu.
Comme chaque
semaine, nous sommes réunis pour la messe, pour rendre
gloire à Dieu. C’est
un mot qui revient souvent, le mot « gloire »,
dans l’eucharistie : « Nous
rendons gloire à Dieu »,
« Il est juste et bon de te glorifier »,
« Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire »,
« Gloire à toi qui était mort, gloire à toi
qui est vivant »,
« tout honneur et toute gloire »,
« Pour la gloire de Dieu et le salut du monde. »
Aussi, ce matin,
quand vous entendrez le mot « gloire », essayez
de penser à toutes ces grâces que vous avez et
transformez-les en prières de louange et de gloire : « Tout ce que vous faites : manger, boire, dormir,
regarder, entendre, aimer,
ou n’importe quoi d’autre, faites-le pour la gloire de
Dieu. ».
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