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Comment
ça va aujourd’hui? Quand
on pose cette question là à quelqu’un, on est presque
certain qu’il va nous répondre : « Je suis bien
occupé! Ça n’a pas d’allure! Pas le temps de s’arrêter
un peu! » Les lectures que nous venons d’entendre vont un
peu dans le même sens en nous présentant trois personnes
bien occupées.
D’abord
Job, dans la 1e lecture!
Il nous disait qu’il voyait sa vie comme une corvée,
qu’il est obligé de faire des journées de manœuvres,
qu’il désire un peu d’ombre comme un esclave, qu’il
attend sa paye. Il
y a pas mal de monde chez nous qui se trouvent dans la
situation de Job, qui vivent des journées de travail
interminables, des nuits trop courtes, qui sont obligés
d’avoir deux emplois pour arriver. On trouve que la vie va
trop vite et qu’on n’a pas le temps d’en profiter.
Et
alors, on se demande si la vie a un sens, et la question
devient de plus en plus lancinante quand des événements
malheureux, imprévisibles nous tombent dessus.
Même
chose chez Paul dans la 2e lecture.
On sait qu’il exerçait le métier de tisserand pour
n’être à la charge de personne.
Mais, en plus, il a reçu une charge que Dieu lui a
confiée, la tâche d’annoncer l’évangile. Et il n’y va
pas à peu près : il
se fait le serviteur de tous, il partage la faiblesse des plus
faibles, il se fait tout à tous. C’est une nécessité qui
s’impose à lui.
Mais
à la grande différence de Job, il trouve que sa vie a un
sens. Il nous le
dit. S’il
travaille fort, c’est pour « bénéficier lui aussi du
salut. » Il
sait que tout ce qu’il fait le conduira à une nouvelle
rencontre avec Celui qu’il a déjà croisé sur le chemin de
Damas.
Jésus
aussi fait de grosses journées. Après sa prédication dans
la synagogue le jour du sabbat, il se rend dans la maison de
Pierre, sans doute pour se reposer un peu.
Mais aussitôt arrivé, on lui parle de la belle-mère
de Simon qui souffre de la fièvre et Jésus la guérit.
Et le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amène
tous les malades et ceux qui étaient possédés par des
esprits mauvais.Il guérit toutes sortes de malades, il libère
les possédés. Marc va jusqu’à nous dire que toute la
ville se pressait à la porte.
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On
pourrait bien se surprendre à rêver en couleur et nous
dire que, si Jésus était là aujourd’hui, ce serait bien
mieux pour les malades, et pas mal moins heureux pour les médecins
et les pharmaciens. Mais
Jésus n’a pas guéri tous les malades de son temps. Par
ces gestes, il veut démontrer que le règne de Dieu est
arrivé, nous
rappeler que Dieu est Père, qu’il est une source inépuisable
d’amour, qu’il ne sait faire rien d’autre que
d’aimer. Pour lui aussi, sa vie a du sens.
Il assume la mission qu’il a reçu de Dieu;
il l’assume jusqu’au bout, jusqu’au don de sa
vie, un don qui le conduira à trouver la vie pour toujours
auprès du Père dans sa résurrection.
Vous
devez vous demander un peu où je veux en venir. Il y a un
autre point commun entre Job, Paul et Jésus.
Ce sont des personnes bien occupées, et pourtant ce
sont des hommes de prières.
Les trois consacraient du temps à la rencontre du
Seigneur, soit en se rassemblant avec d’autres dans la
synagogue, soit dans des moments d’intimité, seuls avec
leur Dieu.
Job
s’écrie en disant : "Souviens-toi, Seigneur, ma
vie n'est qu'un souffle."
Paul
dira dans une de ses lettres : « Nous rendons
continuellement grâce à Dieu pour vous tous quand nous
faisons mention de vous dans nos prières. » Et Marc
nous dit : "le
lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva.
Il sortit et alla dans un endroit désert, et là, il
priait". On
le voit souvent dans l’évangile.
Jésus prie avant de commencer sa mission, avant de
choisir ses disciples, au jardin des Oliviers.
S’il
y avait un message à trouver dans les textes
d’aujourd’hui, il me semble que c’est celui-là.
Oui, nous sommes tous des gens bien occupés mais je
pense qu’il faudrait chercher à nous donner un peu plus
de temps pour la prière.
Quand je
me regarde, je me dis que mes préoccupations sont presque
toujours religieuses, et pourtant, moi aussi, comme vous, je
reçois cet appel à trouver dans ma vie des moments de
silence et de prière.
Poursuivons
notre célébration.
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