Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 7 février 2009


Fête de Notre-Dame de l'Eau Vive

C’est la première fois que nous célébrons la patronne de notre paroisse, Notre-Dame de l’Eau Vive.  Vous me permettrez d’abord de revenir un peu sur le passé.

·        Le 16 janvier 2007, Mgr Ebacher demande à l’équipe pastorale mandatée de lui suggérer trois noms pour la nouvelle paroisse avant le 31 mars.

·        Du 4 au 7 février, l’équipe lance un concours auprès des paroissiens de nos quatre paroisses en leur demandant de lui suggérer des noms. Nous avons reçu 22 suggestions.

·        Le 2 avril 2007, nous remettons à Mgr la suggestion de trois noms.

·        Le 29 mai, Mgr convoque une réunion des conseils de fabrique et des équipes locales d’animation pastorale afin de faire le point sur le réaménagement de nos paroisses.  À la fin de la réunion, il dévoile le nom qu’il a retenu pour la nouvelle paroisse : « Notre-Dame de l’Eau Vive » parce qu’il souhaitait vivement que la nouvelle paroisse soit dédiée à Marie.

·        Le 23 septembre 2007, Il entreprend un pèlerinage-retraite à Lourdes, en France.  Dès le 26, il parcourt le chemin de l’eau en cherchant le point d’eau qui porte le nom de « Notre-Dame de l’Eau Vive ».  Il le trouve et il dit : « Dans mon cœur, ça me confirme que ma décision d’accepter ce nom pour la nouvelle paroisse est bien correcte. »  Je prie Notre-Dame de l’Eau vive. Je lui demande l’Esprit-Saint pour nous, pour l’église et pour le monde. »

Aujourd’hui, je me dis aujourd’hui qu’il  nous faut apprendre à aimer ce nom tellement riche de sens en nous rappelant d’abord que c’est  Marie qui a donné au monde celui qui est l’Eau Vive, le même qui s’écriait un jour : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi »  Notre nom prend ses couleurs dans l’évangile de la Samaritaine qu’on vient d’écouter.  Jésus a soif, il demande de l’eau à la femme, tout en lui affirmant qu’il pourrait lui donner de l’eau vive.

Nous sommes tous des assoiffés.  Nous le savons très bien.  Mais aujourd’hui, je voudrais m’arrêter à une des grandes soifs qui nous habitent : celle de bâtir des communautés vivantes réunies en une seule paroisse toujours à bâtir, et ce, sans doute, pendant encore bien des années. 

Quand on regarde l’évangile, on voit d’abord Jésus faire la vérité avec la Samaritaine qui dira à ses concitoyens.  « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Il faut remarquer aussi la douceur avec laquelle Jésus traite cette femme. Il y a un appel pour nous là-dedans.  Il y a plein de monde autour de nous qui cherche la vérité.   À la manière de Jésus, il nous faut aider ces personnes qui sont en recherche, reconnaître leur sincérité, poursuivre un vrai dialogue avec elle, et toujours, avec une grande douceur.

C’est ainsi que Jésus amène la Samaritaine à découvrir qui il est : le messie attendu, celui qui est en mesure de donner les profondeurs spirituelles de l’eau vive.   Je le redis, il me semble qu’il y a là tout un message à saisir pour nous.

Quand elle a compris que Jésus est le Messie, la femme abandonne sa cruche, court en ville pour inviter les gens à venir le rencontrer.  Elle devient elle-même évangélisatrice en amenant les habitants de la ville vers Celui qui est la source d’eau vive.  St Jean prend bien soin de nous dire que c’est grâce à son témoignage que beaucoup de samaritains de cette ville crurent en Jésus.

Il nous emprunter cette voie pour devenir des communautés vivantes!

On voit aussi qu’il y a toute une discussion entre Jésus et la Samaritaine sur le culte que Jésus conclut en disant : «L’heure vient où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité;  tels sont les adorateurs que recherche le Père. »

On pourrait bien se dire qu’on n’a pas de mal à célébrer notre foi : des messes sur semaine, le dimanche, des mariages, des funérailles nombreuses etc.  Et ajouter qu’on est bien organisé : des comités de liturgie dans chaque communauté, des chorales, des intervenants de toutes sortes. Mais il faut toujours nous rappeler qu’il ne suffit pas de faire bien des choses, en nous rappelant toujours que toutes nos célébrations n’ont qu’un seul but : amener nos communautés à adorer le Père, en esprit et en vérité.

Il nous faut emprunter cette voie pour devenir des communautés vivantes!

Au temps de Jésus, une rencontre en public entre un homme et une femme, un juif et une samaritaine, entre un Dieu qui veut se faire proche et un pécheur, c’était quelque chose d’impensable. Mais on voit que Jésus ne fait aucune distinction de  personnes, que rien ne peut mettre un frein à l’amour d’un Dieu qui sauve.

Avec raison, on parle beaucoup de fraternité dans nos communautés et entre nos communautés. Mais il faut nous rappeler aussi que notre fraternité doit aller jusqu’à un amour qui ne fait pas de distinction de personne, que nous sommes appelés à être des témoins authentiques de l’amour de Jésus.

Il nous faut emprunter cette voie pour devenir des communautés vivantes!

Aux yeux des juifs,  la Samaritaine était une étrangère, mise à part aussi par ses  compatriotes parce qu’elle avait eu cinq(5) maris. C’est pourquoi, au lieu d’aller chercher de l’eau le matin comme tout le monde, elle y va le midi pour éviter d’être tournée en ridicule.  Ça aussi, ça nous rejoint beaucoup!  Beaucoup de femmes de notre monde ne sont pas reconnues; trop de femmes qui sont jugées, violentées, on le sait très bien.  On ne peut pas oublier non plus tous ces étrangers qui arrivent chez nous et qui ne demandent qu’à être accueillis.  On pourrait penser encore à tous ces peuples qui manquent d’eau, à toutes les initiatives internationales pour les aider.

Il nous faut emprunter cette voie pour devenir des communautés vivantes!

Que notre célébration cet après-midi soit une belle action de grâce, parce que nous sommes des chanceux. Chanceux d’être des baptisés, chanceux de pouvoir connaître Jésus, chanceux de pouvoir nous abreuver à la source d’eau vive,  chanceux de nous rassembler pour l’adorer en esprit et en vérité,  chanceux de pouvoir engager chaque jour un dialogue avec celui qui vient toujours nous dire « Donne-moi à boire. »

Le nom que Mgr Ebacher a retenu pour la nouvelle paroisse est un nom riche de sens et on n’aura jamais fini d’en épuiser toutes les profondeurs.   Puisse ce nom être une source d’inspiration pour chacune de nos communautés et pour notre paroisse!  Puissions-nous y trouver toutes les sources qu’il nous faut pour devenir de plus en plus des communautés vivantes!  Puisse ce nom nous inciter à nous tourner vers Marie, Mère de l’Église, patronne de  notre paroisse,  et vers Celui qui ne cesse de nous dire :  « Si tu connaissais celui qui te demande à boire, c’est toi qui lui aurais demandé de l’eau vive. »

Poursuivons notre prière.