|
C’est la
première fois que nous célébrons la patronne de notre
paroisse, Notre-Dame de l’Eau Vive.
Vous me permettrez d’abord de revenir un peu sur le
passé.
·
Le 16 janvier 2007, Mgr Ebacher demande à l’équipe
pastorale mandatée de lui suggérer trois noms pour la
nouvelle paroisse avant le 31 mars.
·
Du 4 au 7 février, l’équipe lance un
concours auprès des paroissiens de nos quatre paroisses en
leur demandant de lui suggérer des noms. Nous avons reçu 22
suggestions.
·
Le 2 avril 2007, nous remettons à Mgr la
suggestion de trois noms.
·
Le 29 mai, Mgr convoque une réunion des
conseils de fabrique et des équipes locales d’animation
pastorale afin de faire le point sur le réaménagement de nos
paroisses. À la
fin de la réunion, il dévoile le nom qu’il a retenu pour
la nouvelle paroisse : « Notre-Dame de l’Eau Vive »
parce qu’il souhaitait vivement que la nouvelle paroisse
soit dédiée à Marie.
·
Le 23
septembre 2007, Il entreprend un pèlerinage-retraite
à Lourdes, en France. Dès
le 26, il parcourt le chemin de l’eau en cherchant le point
d’eau qui porte le nom de « Notre-Dame de l’Eau Vive ».
Il le trouve et il dit :
« Dans mon cœur, ça me confirme que ma décision
d’accepter ce nom pour la nouvelle paroisse est bien
correcte. »
Je prie
Notre-Dame de l’Eau vive. Je lui demande l’Esprit-Saint
pour nous, pour l’église et pour le monde. »
Aujourd’hui,
je me dis aujourd’hui qu’il nous
faut apprendre à aimer ce nom tellement riche de sens en nous
rappelant d’abord que c’est Marie
qui a donné au monde celui qui est l’Eau Vive, le même qui
s’écriait un jour : « Si quelqu’un a soif,
qu’il vienne à moi »
Notre nom prend ses couleurs dans l’évangile de la
Samaritaine qu’on vient d’écouter.
Jésus a soif, il demande de l’eau à la femme, tout
en lui affirmant qu’il pourrait lui donner de l’eau vive.
Nous sommes
tous des assoiffés. Nous
le savons très bien. Mais
aujourd’hui, je voudrais m’arrêter à une des grandes
soifs qui nous habitent : celle de bâtir des communautés
vivantes réunies en une seule paroisse toujours à bâtir, et
ce, sans doute, pendant encore bien des années.
Quand on
regarde l’évangile, on voit d’abord Jésus faire la vérité
avec la Samaritaine qui dira à ses concitoyens.
« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que
j’ai fait. Il faut remarquer aussi la douceur avec
laquelle Jésus traite cette femme. Il y a un appel pour nous
là-dedans. Il y a
plein de monde autour de nous qui cherche la vérité.
À la manière de Jésus, il nous faut aider ces
personnes qui sont en recherche, reconnaître leur sincérité,
poursuivre un vrai dialogue avec elle, et toujours, avec une
grande douceur.
C’est ainsi
que Jésus amène la Samaritaine à découvrir qui il est :
le messie attendu, celui qui est en mesure de donner les
profondeurs spirituelles de l’eau vive.
Je le redis, il me semble qu’il y a là tout un
message à saisir pour nous.
Quand elle a
compris que Jésus est le Messie, la femme abandonne sa
cruche, court en ville pour inviter les gens à venir le
rencontrer. Elle
devient elle-même évangélisatrice en amenant les habitants
de la ville vers Celui qui est la source d’eau vive.
St Jean prend bien soin de nous dire que c’est grâce
à son témoignage que beaucoup de samaritains de cette ville
crurent en Jésus.
Il
nous emprunter cette voie pour devenir des communautés
vivantes!
|
On voit
aussi qu’il y a toute une discussion entre Jésus et la
Samaritaine sur le culte que Jésus conclut en disant :
«L’heure vient où les vrais adorateurs adoreront le Père
en esprit et en vérité;
tels sont les adorateurs que recherche le Père. »
On pourrait
bien se dire qu’on n’a pas de mal à célébrer notre
foi : des messes sur semaine, le dimanche, des
mariages, des funérailles nombreuses etc. Et
ajouter qu’on est bien organisé : des comités de
liturgie dans chaque communauté, des chorales, des
intervenants de toutes sortes. Mais il faut toujours nous
rappeler qu’il ne suffit pas de faire bien des choses, en
nous rappelant toujours que toutes nos célébrations
n’ont qu’un seul but : amener nos communautés à
adorer le Père, en esprit et en vérité.
Il
nous faut emprunter cette voie pour devenir des communautés
vivantes!
Au temps de
Jésus, une rencontre en public entre un homme et une femme,
un juif et une samaritaine, entre un Dieu qui veut se faire
proche et un pécheur, c’était quelque chose
d’impensable. Mais on voit que Jésus ne fait aucune
distinction de personnes,
que rien ne peut mettre un frein à l’amour d’un Dieu
qui sauve.
Avec raison,
on parle beaucoup de fraternité dans nos communautés et
entre nos communautés. Mais il faut nous rappeler aussi que
notre fraternité doit aller jusqu’à un amour qui ne fait
pas de distinction de personne, que nous sommes appelés à
être des témoins authentiques de l’amour de Jésus.
Il
nous faut emprunter cette voie pour devenir des communautés
vivantes!
Aux yeux des
juifs, la
Samaritaine était une étrangère, mise à part aussi par
ses compatriotes
parce qu’elle avait eu cinq(5) maris. C’est pourquoi, au
lieu d’aller chercher de l’eau le matin comme tout le
monde, elle y va le midi pour éviter d’être tournée en
ridicule. Ça
aussi, ça nous rejoint beaucoup!
Beaucoup de femmes de notre monde ne sont pas
reconnues; trop de femmes qui sont jugées, violentées, on
le sait très bien. On
ne peut pas oublier non plus tous ces étrangers qui
arrivent chez nous et qui ne demandent qu’à être
accueillis. On
pourrait penser encore à tous ces peuples qui manquent
d’eau, à toutes les initiatives internationales pour les
aider.
Il
nous faut emprunter cette voie pour devenir des communautés
vivantes!
Que notre célébration
cet après-midi soit une belle action de grâce, parce que
nous sommes des chanceux. Chanceux d’être des baptisés,
chanceux de pouvoir connaître Jésus, chanceux de pouvoir
nous abreuver à la source d’eau vive,
chanceux de nous rassembler pour l’adorer en esprit
et en vérité, chanceux
de pouvoir engager chaque jour un dialogue avec celui qui
vient toujours nous dire « Donne-moi à boire. »
Le nom que
Mgr Ebacher a retenu pour la nouvelle paroisse est un nom
riche de sens et on n’aura jamais fini d’en épuiser
toutes les profondeurs.
Puisse ce nom être une source d’inspiration pour
chacune de nos communautés et pour notre paroisse! Puissions-nous
y trouver toutes les sources qu’il nous faut pour devenir
de plus en plus des communautés vivantes!
Puisse ce nom nous inciter à nous tourner vers
Marie, Mère de l’Église, patronne de notre
paroisse, et
vers Celui qui ne cesse de nous dire :
« Si tu connaissais celui qui te demande à
boire, c’est toi qui lui aurais demandé de l’eau vive. »
Poursuivons
notre prière.
|