Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 1er février 2009


4è dimanche du temps ordinaire

En lisant ce petit passage qui nous dit que Jésus enseignait dans la synagogue de Capharnaüm, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à toutes ces homélies que j’ai faites depuis 43 ans.  Vous vous en rappelez sans doute! Il y a quelques années, j’en mettais des copies à la disposition des paroissiens qui souhaitaient pouvoir les relire.  C’est fini mais, depuis un an, on peut les lire et même les écouter sur le site internet de la paroisse.

Saint Marc nous disait que « Jésus enseignait en homme qui a autorité et non-pas comme les scribes. »  Il faut dire que les scribes avaient tellement décortiqué et trituré la Parole de Dieu qu’elle n’était plus une Parole de vie.  Elle était devenue un carcan qui enfermait le pauvre monde dans la crainte et dans une culpabilité perpétuelle.  Mais Jésus ne s’embarrasse pas de tous leurs commentaires. Il donne une parole neuve qui fait vivre.

Ailleurs dans l’évangile, les disciples de Jésus nous racontent que "les gens étaient frappés par son enseignement », qu’il y en avait qui étaient profondément touchés par ses paroles.  En même temps, ils prennent soin de nous dire  que ce n’était pas le cas de tout le monde.  Il y en a qui réagissaient mal devant les propos de Jésus au point qu’on cherchait constamment à le prendre au piège. C’est sans doute un peu pour cette raison que les gens trouvaient qu’il parlait avec autorité.

Si saint Marc nous dit que Jésus parlait avec autorité, il avait une autre bonne raison de le faire.  C’était tellement clair dans l’évangile. « Silence, sors de cet homme », commande-t-il à un esprit mauvais, et l’esprit sortit de lui en poussant un grand cri. » C’est par la Parole que Jésus libère un homme tourmenté par un esprit mauvais, qu’il le remet debout et lui redonne sa liberté intérieure.  Cet évangile vient nous dire que la Parole de Jésus est une Parole qui libère les hommes de leur carcan, de tout ce qui les empêche de devenir eux-mêmes.  La Parole de Jésus est comme une flamme qui transmet de la chaleur, comme de l’eau vive qui nourrit une terre asséchée en permettant à la vie de fleurir.  Rappelons-nous toujours que Jésus est venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance.  Et puissions encore toujours nous rappeler, comme nous le fait voir l’évangile, que l’autorité de Jésus est au service de la vie et pas d’autre chose!

Aujourd’hui, nous sommes rassemblés à l’église comme les gens dans la synagogue de Capharnaüm.  Comme eux, nous avons pris le temps d’écouter la Parole.  Et nous avons entendu Jésus, comme dans l’évangile, nous parler avec autorité pour nous aider à vivre.

Je vous disais tantôt que les auditeurs de Jésus avaient des réactions bien différentes devant les discours de Jésus.  On pourrait bien se demander comment nous, aujourd’hui, nous écoutons la Parole de Dieu.

·        On pourrait bien se dire « C’est toujours la même chose! » Et alors on en profite pour lire le feuillet paroissial ou d’autres dépliants. 

·        On pourrait être plein d’admiration devant la Parole de Jésus mais sans que ça nous touche personnellement.

·        On pourrait aussi mal réagir ou, du moins, ne pas être à l’aise devant une parole qu’on vient d’entendre, comme ça pourrait être le cas après avoir écouté la 2e lecture d’aujourd’hui.

·        On pourrait l’écouter comme une Parole qui touche notre cœur, une Parole qui se cherche un chemin pour nous atteindre au plus profond de nous-mêmes, une Parole qui veut nous apporter paix, consolation, lumière, force, miséricorde, espérance et foi.

·        Nous avons tous reçu comme mission d’annoncer la Parole de Dieu.  Le faisons-nous à la manière des scribes, en imposant des carcans, je l’ai vu si souvent, ou à la manière de Jésus, en donnant une Parole qui libère, qui fait vivre.

Juste avant la communion tantôt, nous allons dire ensemble la prière que Jésus nous a enseignée en demandant au Père de nous « donner aujourd’hui le pain de ce jour. »  Quand on fait une telle demande ensemble, nous disons au Père comment nous avons confiance en lui. « Donne-nous aujourd’hui le pain de ce jour », sûrement le pain qui nous sert de nourriture quotidienne, celui que tant de pauvres souhaiteraient avoir sur leur table.  Quand nous disons « Donne-nous aujourd’hui le pain de ce jour », nous demandons encore le Pain d’une Parole qui fait vivre,  ce pain qui est le Corps du Christ livré pour nous donner la vie en plénitude, en nous rappelant toujours que l’autorité de Jésus est au service de la vie et de rien d’autre.

 

Poursuivons notre prière.