|
En
lisant ce petit passage qui nous dit que Jésus enseignait
dans la synagogue de Capharnaüm, je ne pouvais pas m’empêcher
de penser à toutes ces homélies que j’ai faites depuis 43
ans. Vous vous en
rappelez sans doute! Il y a quelques années, j’en mettais
des copies à la disposition des paroissiens qui souhaitaient
pouvoir les relire. C’est
fini mais, depuis un an, on peut les lire et même les écouter
sur le site internet de la paroisse.
Saint
Marc nous disait que « Jésus enseignait en homme qui a
autorité et non-pas comme les scribes. » Il
faut dire que les scribes avaient tellement décortiqué et
trituré la Parole de Dieu qu’elle n’était plus une
Parole de vie. Elle était devenue un carcan qui
enfermait le pauvre monde dans la crainte et dans une
culpabilité perpétuelle. Mais
Jésus ne s’embarrasse pas de tous leurs commentaires. Il
donne une parole neuve qui fait vivre.
Ailleurs
dans l’évangile, les disciples de Jésus nous racontent que
"les gens étaient frappés par son enseignement »,
qu’il y en avait qui étaient profondément touchés par ses paroles. En
même temps, ils prennent soin de nous dire que
ce n’était pas le cas de tout le monde.
Il y en a qui réagissaient mal devant les propos de Jésus
au point qu’on cherchait constamment à le prendre au piège.
C’est sans doute un peu pour cette raison que les gens
trouvaient qu’il parlait avec autorité.
Si
saint Marc nous dit que Jésus parlait avec autorité, il
avait une autre bonne raison de le faire.
C’était tellement clair dans l’évangile. « Silence,
sors de cet homme », commande-t-il à un esprit mauvais,
et l’esprit sortit de lui en poussant un grand cri. »
C’est par la Parole que Jésus libère un homme tourmenté
par un esprit mauvais, qu’il le remet debout et lui redonne
sa liberté intérieure. Cet
évangile vient nous dire que la Parole de Jésus est une
Parole qui libère les hommes de leur carcan, de tout ce qui
les empêche de devenir eux-mêmes.
La Parole de Jésus est comme une flamme qui transmet
de la chaleur, comme de l’eau vive qui nourrit une terre asséchée
en permettant à la vie de fleurir. Rappelons-nous
toujours que Jésus est venu pour que les hommes aient la vie
et qu’ils l’aient en abondance.
Et puissions encore toujours nous rappeler, comme nous
le fait voir l’évangile, que l’autorité de Jésus est au
service de la vie et pas d’autre chose!
Aujourd’hui,
nous sommes rassemblés à l’église comme les gens dans la
synagogue de Capharnaüm.
Comme eux, nous avons pris le temps d’écouter la
Parole. Et nous
avons entendu Jésus, comme dans l’évangile, nous parler
avec autorité pour nous aider à vivre.
|
Je
vous disais tantôt que les auditeurs de Jésus avaient des
réactions bien différentes devant les discours de Jésus.
On pourrait bien se demander comment nous,
aujourd’hui, nous écoutons la Parole de Dieu.
·
On
pourrait bien se dire « C’est toujours la même
chose! » Et alors on en profite pour lire le feuillet
paroissial ou d’autres dépliants.
·
On
pourrait être plein d’admiration devant la Parole de Jésus
mais sans que ça nous touche personnellement.
·
On
pourrait aussi mal réagir ou, du moins, ne pas être à
l’aise devant une parole qu’on vient d’entendre, comme
ça pourrait être le cas après avoir écouté la 2e
lecture d’aujourd’hui.
·
On
pourrait l’écouter comme une Parole qui touche notre cœur,
une Parole qui se cherche un chemin pour nous atteindre au
plus profond de nous-mêmes, une Parole qui veut nous
apporter paix, consolation, lumière, force, miséricorde,
espérance et foi.
·
Nous
avons tous reçu comme mission d’annoncer la Parole de
Dieu. Le
faisons-nous à la manière des scribes, en imposant des
carcans, je l’ai vu si souvent, ou à la manière de Jésus,
en donnant une Parole qui libère, qui fait vivre.
Juste
avant la communion tantôt, nous allons dire ensemble la prière
que Jésus nous a enseignée en demandant au Père de nous
« donner aujourd’hui le pain de ce jour. » Quand
on fait une telle demande ensemble, nous disons au Père
comment nous avons confiance en lui. « Donne-nous
aujourd’hui le pain de ce jour », sûrement le pain
qui nous sert de nourriture quotidienne, celui que tant de
pauvres souhaiteraient avoir sur leur table.
Quand nous disons « Donne-nous aujourd’hui le
pain de ce jour », nous demandons encore le Pain
d’une Parole qui fait vivre,
ce pain qui est le Corps du Christ livré pour nous
donner la vie en plénitude, en nous rappelant toujours que
l’autorité de Jésus est au service de la vie et de rien
d’autre.
Poursuivons
notre prière.
|