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« Au
moment où il sortait de l’eau, Jésus vit le ciel se déchirer.»
Pour
bien saisir le sens de cette affirmation, il faut revenir à la
prière suppliante du prophète Isaïe faite sept siècles
auparavant. Il s’était
écrié : « Ah, si tu descendais des cieux, les montagnes
fondraient comme cire. » Il faut dire que son peuple vivait
des temps
difficiles, dominés par la mésentente et le découragement.
Les montagnes qui fondraient comme cire, c’étaient les cœurs
endurcis, les discordes, les violences et les agressions.
« Ah,
si tu déchirais les cieux! ». Ce
cri, on peut bien comprendre que c’est le cri de l’être
humain, de toute l’humanité qui crie son désarroi et les désirs
qui habitent son cœur, sa soif de vie, de communion, son attente
d’être libérée de l’intolérable souffrance. Ce cri, c’est
aujourd’hui le cri de ceux qui souffrent de la guerre, de
la faim, de l’injustice, de ceux qui souffrent de
l’humiliation, qui voient leurs droits humains bafoués.
« Ah!
Si tu déchirais les cieux. »
C’est la prière suppliante d’un peuple qui, au milieu
de sa misère, sent que les cieux sont fermés, qu’il n’y
a plus de prophète, qu’il n’y a plus de communication entre
Dieu et les hommes. À
cause de tout cela, la communication entre les hommes est devenue
difficile; elle se
trouve blessée.
Vous
savez sans doute que, depuis le 1er janvier
dernier, notre paroisse a son site internet.
C’est intéressant!
Nous savons que, depuis un an, des personnes de vingt pays
différents sont allés sur le site internet de la paroisse, des
pays aussi surprenants que le Maroc et le Brésil.
Juste en décembre, plus de 1400 personnes sont allés
sur notre site. Il
n’y a jamais eu autant de moyens de communications, et pourtant
nous savons comment elle demeure difficile. Ces derniers
jours, on a fait état dans les nouvelles, de tous les efforts
qui sont mis pour amener des adversaires à se parler pour régler
le conflit en Palestine. Et
on voit bien que ce n’est pas facile.
C’est
tout ça que le bon Dieu ne peut pas supporter, cette absence
de communication entre lui et nous, et entre nous. Quand
St Marc nous dit que les cieux se déchirent au baptême de Jésus,
il nous fait toute une révélation.
En Jésus, ce qu’on priait depuis des siècles se réalisent.
« C’est toi, mon Fils bien aimé; en toi, j’ai
mis tout mon amour. »
C’est dire que Jésus est l’envoyé de Dieu pour rétablir
l’humanité en communion avec Dieu,
pour renouveler des relations
harmonieuses, aimantes, entre lui et nous, et par le fait même,
rétablir une bonne communication entre les hommes.
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Il
y a 2000 ans, Jésus s’est enfoui dans notre condition
humaine, et pas à peu près.
Au lieu de s’installer à Jérusalem, dans la ville
de son ancêtre, le roi David, il a choisi d’habiter un petit
village inconnu, au milieu d’une terre à moitié païenne,
la Galilée. Quand
il est baptisé par Jean, il est dans notre monde depuis trente
ans, mais personne
ne s’en était aperçu. Qui aurait pu deviner
que lui, le fils du charpentier, était le Messie promis?
Le
même mystère continue aujourd’hui. Le ciel s’est déchiré,
et Jésus est toujours là parmi nous, comme autrefois, dans
l’humilité et la pauvreté.
Il est toujours présent dans le prochain, dans le
pauvre, le malade, dans l’étranger et le prisonnier.
Savons-nous découvrir sa présence mieux
qu’autrefois?
« C’est
mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour. »
Par le baptême,
Jésus vient nous rejoindre; par le baptême, il nous regarde
avec le même regard d’amour.
Il s’enfouit dans notre condition humaine pour nous
redonner la possibilité d’être pris dans ce grand mouvement
d’amour.
C’est
là que les relations entre les hommes peuvent changer, en entrant
dans le mouvement d’amour de Jésus.
Il faudrait relire toutes
ses rencontres avec les hommes et les femmes qui ont croisé
son chemin. Jamais,
il ne les rejette. Toujours, il les accueille, il les regarde
d’un regard d’infinie bienveillance.
Il les remet debout, les rendant capables de se tourner
de nouveau les uns vers les autres pour qu’ils apprennent
à s’aimer en vérité. Je me souviens d’un beau chant de
Noël Colombier sur le regard de Jésus : Jean et André
qui chantaient : « Il
y avait dans ses yeux tellement d’amitié », la Samaritaine :
« C’était comme une eau fraîche quand il m’a
regardée. », Matthieu :
« Quand il m’a regardé, il a tout chamboulé. »;
la femme adultère : « Ses yeux étaient remplis
de tellement de bonté. » et finalement tous les autres :
« Ses yeux étaient si beaux, qu’on les voyait
prier. »
Dimanche
dernier, nous avons vécu un beau moment quand j’ai demandé
aux gens qui étaient nés dans un autre pays de s’avancer
près de moi à l’autel.
On avait sous nos yeux un exemple de ces relations
d’amour que le Seigneur vient créer entre nous.
Pendant
notre célébration, demandons au Seigneur de venir vivre en
nous, de mettre
son Esprit en nous, pour que nous puissions vivre en enfants
bien-aimés du Père, pour que nous puissions vivre comme
lui, pour que nous puissions agir comme lui dans nos
relations les uns avec les autres.
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