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« De
bon matin, j’ai rencontré le train de trois grands Rois qui
allaient en voyage, j’ai rencontré le train de trois grands
rois dessus le chemin ».
Vous connaissez cette chanson!
Mais on a une petite surprise dans l’évangile!
Il n’y a rien qui nous dit qu’ils étaient rois et
qu’ils étaient trois. On
sait simplement qu’ils venaient de loin!
Matthieu veut nous faire comprendre, dès la naissance
de Jésus, que le projet de Dieu, c’est que la Bonne
Nouvelle soit répandue dans toutes les nations.
Ce projet de Dieu, le prophète nous l’annonçait
tantôt : « Les nations marcheront vers ta lumière,
et les rois, vers la clarté de ton aurore ».
Très
clairement, on voit que cet évangile, à couleur orientale,
est une catéchèse qui nous est adressée sur la mission
universelle de Jésus. Je
vous propose de mieux la comprendre par le chemin de trois béatitudes :
« heureux ceux qui cherchent », « heureux
ceux qui trouvent », et finalement « heureux ceux
qui annoncent. »
D’abord,
« HEUREUX CEUX QUI CHERCHENT. »
On
le sait! Les
premiers témoins de la naissance de Jésus n’étaient pas
les grands du monde : les notables de l’aristocratie
juive, les
grands-prêtres du Temple, les flatteurs d’Hérode ou du
gouverneur romain. Non!
C’est à des pauvres, des bergers, des marginaux que la
bonne nouvelle est annoncée en premier.
Puis, à des mages qui cherchent la vérité, qui ne
sont pas prisonniers de leurs sciences ou de leurs savoirs,
des grands qui sont pauvres de cœurs, qui ont l’esprit
ouvert. Par la
suite, on voit Jésus
en Galilée, carrefour de nations païennes,
chez les samaritains que les juifs n’aiment pas du
tout. On le voit
attentif à la prière d’une Cananéenne, d’un centurion
romain. Et ça ne
s’arrête pas là! Après
son départ, Pierre
et Paul iront porter la bonne nouvelle dans d’autres
nations. Paul nous
disait tantôt : « Ce mystère, c’est que les païens
sont associés au même héritage... » Mais, revenons
aux mages!
Intrigués
par un signe étrange, une étoile qui s’est levée, ils
se mettent en marche et partent à l’aventure. Dans leur
recherche de la vérité, ils frappent à
plusieurs portes : celle du pouvoir politique représenté
par Hérode, celle
de l’autorité religieuse dans la personne des scribes et
des grands prêtres. Et
puisqu’ils ne trouvent pas auprès d’eux de réponse
satisfaisante, ils continuent de suivre l’astre qui va les
guider vers la vérité et une vérité bien différente de ce
qu’ils avaient pu imaginer.
Comment ont-ils pu faire pour saisir toute
l’importance du signe qu’ils voyaient?
Je pense que la réponse est toute simple!
Ils avaient le cœur disponible, une
sorte de pauvreté qui leur donnait le courage de poursuivre
leur démarche. « Heureux
ceux qui cherchent »
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2e
béatitude : « HEUREUX CEUX QUI TROUVENT ».
Placés
comme les bergers devant le mystère d’un enfant couché
dans une mangeoire d’animaux, ils tombent à genoux et se
prosternent devant lui. Tout un contraste!
D’un côté, Hérode troublé et tout Jérusalem
avec lui, les
chefs religieux qui connaissent les écritures mais qui ne
font rien! Et
d’un autre côté, ces mages qui éprouvent une grande
joie à la vue de l’astre qui leur indique où trouver la
réponse qu’ils cherchent,
ces mages qui adorent, qui offrent de
l’or, d’encens et la myrrhe. Ce
contraste, on le voit pendant toute la vie de Jésus
accueilli par les uns et refusé par d’autres dans leur
aveuglement. Ce
même contraste demeure et est bien visible dans notre monde
à nous. Ce qui
me fait dire : « Heureux ceux et celles qui
aujourd’hui ressemblent aux mages! Heureuses les nations
qui connaissent la joie de croire!
Heureux les croyants de la communauté ....»
3e
béatitude : « HEUREUX CEUX QUI ANNONCENT ».
On
peut facilement imaginer qu’en revenant chez eux, les
mages ont partagé leur découverte avec d’autres et
qu’ils ont conduit d’autres chercheurs vers Jésus.
En agissant ainsi, ils devenaient eux-mêmes une étoile
qui guidait vers Jésus, vers
celui qui est la lumière du monde. « Les
nations marcheront vers ta lumière, et les rois vers la
clarté de ton aurore », nous disait le prophète tantôt.
Dans
notre monde, nombreuses sont les personnes qui cherchent,
jeunes et moins jeunes. Puissions-nous être pour eux des
guides, des étoiles qui vont les accompagner et les
conduire vers Jésus. Puissions-nous
être des étoiles malgré les réactions positives ou négatives
de notre société si peu encline
à accueillir le mystère!
En
méditant cet évangile, je me dis qu’il n’y a rien de
plus actuel que le cheminement des mages qui ont
entrepris une sorte de voyage intérieur vers la lumière de
la foi! Mais
pour entreprendre ce voyage intérieur vers la lumière de
la foi, il nous faut, comme les mages,
accepter de nous désinstaller, de
partir à l’aventure et de nous mettre en route, autrement
dit, de nous convertir.
Les
mages ne voient qu’un bébé ordinaire dans les bras
d’une jeune maman. Et pourtant, ils n’hésitent pas, ils
se prosternent et offrent leurs présents.
Cet enfant, c’est lui le roi qu’ils cherchaient.
La même pauvre apparence pendant l’eucharistie, un
peu de pain, un peu de vin, et nous n’hésitons pas :
c’est Toi, Jésus, le Fils de Dieu.
C’est toi, l’astre qui est toujours là et qui
brille devant nous pour nous indiquer le chemin.
En
poursuivant notre célébration, demandons au Seigneur de
nous donner la foi des mages pour que nous puissions
partager leur adoration.
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