Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 4 janvier 2009


Fête de l'Épiphanie

« De bon matin, j’ai rencontré le train de trois grands Rois qui allaient en voyage, j’ai rencontré le train de trois grands rois dessus le chemin ».  Vous connaissez cette chanson!  Mais on a une petite surprise dans l’évangile!  Il n’y a rien qui nous dit qu’ils étaient rois et qu’ils étaient trois.  On sait simplement qu’ils venaient de loin!  Matthieu veut nous faire comprendre, dès la naissance de Jésus, que le projet de Dieu, c’est que la Bonne Nouvelle soit répandue dans toutes les nations.  Ce projet de Dieu, le prophète nous l’annonçait tantôt : « Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore ».

Très clairement, on voit que cet évangile, à couleur orientale, est une catéchèse qui nous est adressée sur la mission universelle de Jésus.  Je vous propose de mieux la comprendre par le chemin de trois béatitudes : « heureux ceux qui cherchent », « heureux ceux qui trouvent », et finalement « heureux ceux qui annoncent. »

D’abord, « HEUREUX CEUX QUI CHERCHENT. »

On le sait!  Les premiers témoins de la naissance de Jésus n’étaient pas les grands du monde : les notables de l’aristocratie juive,  les grands-prêtres du Temple, les flatteurs d’Hérode ou du gouverneur romain.  Non! C’est à des pauvres, des bergers, des marginaux que la bonne nouvelle est annoncée en premier.  Puis, à des mages qui cherchent la vérité, qui ne sont pas prisonniers de leurs sciences ou de leurs savoirs, des grands qui sont pauvres de cœurs, qui ont l’esprit ouvert.  Par la suite,  on voit Jésus en Galilée, carrefour de nations païennes,  chez les samaritains que les juifs n’aiment pas du tout.  On le voit attentif à la prière d’une Cananéenne, d’un centurion romain.  Et ça ne s’arrête pas là!  Après son départ,  Pierre et Paul iront porter la bonne nouvelle dans d’autres nations.  Paul nous disait tantôt : « Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage... » Mais, revenons aux mages!

Intrigués par un signe étrange, une étoile qui s’est levée,  ils se mettent en marche et partent à l’aventure. Dans leur recherche de la vérité, ils frappent  à plusieurs portes : celle du pouvoir politique représenté par Hérode,  celle de l’autorité religieuse dans la personne des scribes et des grands prêtres.  Et puisqu’ils ne trouvent pas auprès d’eux de réponse satisfaisante, ils continuent de suivre l’astre qui va les guider vers la vérité et une vérité bien différente de ce qu’ils avaient pu imaginer.  Comment ont-ils pu faire pour saisir toute l’importance du signe qu’ils voyaient?  Je pense que la réponse est toute simple!  Ils avaient le cœur disponible,  une sorte de pauvreté qui leur donnait le courage de poursuivre leur démarche.  « Heureux ceux qui cherchent »

 

 

2e béatitude : « HEUREUX CEUX QUI TROUVENT ».

Placés comme les bergers devant le mystère d’un enfant couché dans une mangeoire d’animaux, ils tombent à genoux et se prosternent devant lui. Tout un contraste!   D’un côté, Hérode troublé et tout Jérusalem  avec lui,  les chefs religieux qui connaissent les écritures mais qui ne font rien!  Et d’un autre côté, ces mages qui éprouvent une grande joie à la vue de l’astre qui leur indique où trouver la réponse qu’ils cherchent,  ces mages qui adorent, qui offrent  de l’or, d’encens et la myrrhe.  Ce contraste, on le voit pendant toute la vie de Jésus accueilli par les uns et refusé par d’autres dans leur aveuglement.  Ce même contraste demeure et est bien visible dans notre monde à nous.  Ce qui me fait dire : « Heureux ceux et celles qui aujourd’hui ressemblent aux mages! Heureuses les nations qui connaissent la joie de croire!  Heureux les croyants de la communauté ....»

3e béatitude : « HEUREUX CEUX QUI ANNONCENT ».

On peut facilement imaginer qu’en revenant chez eux, les mages ont partagé leur découverte avec d’autres et qu’ils ont conduit d’autres chercheurs vers Jésus.  En agissant ainsi, ils devenaient eux-mêmes une étoile qui guidait vers Jésus,  vers celui qui est la lumière du monde.  « Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois vers la clarté de ton aurore », nous disait le prophète tantôt.

Dans notre monde, nombreuses sont les personnes qui cherchent, jeunes et moins jeunes. Puissions-nous être pour eux des guides, des étoiles qui vont les accompagner et les conduire vers Jésus.  Puissions-nous être des étoiles malgré les réactions positives ou négatives de notre société si peu  encline à accueillir le mystère!

En méditant cet évangile, je me dis qu’il n’y a rien de plus actuel que le cheminement des mages qui ont entrepris une sorte de voyage intérieur vers la lumière de la foi!   Mais pour entreprendre ce voyage intérieur vers la lumière de la foi, il nous faut, comme les mages,  accepter de nous désinstaller,  de partir à l’aventure et de nous mettre en route, autrement dit, de nous convertir.

Les mages ne voient qu’un bébé ordinaire dans les bras d’une jeune maman. Et pourtant, ils n’hésitent pas, ils se prosternent et offrent leurs présents.  Cet enfant, c’est lui le roi qu’ils cherchaient.  La même pauvre apparence pendant l’eucharistie, un peu de pain, un peu de vin, et nous n’hésitons pas : c’est Toi, Jésus, le Fils de Dieu.   C’est toi, l’astre qui est toujours là et qui brille devant nous pour nous indiquer le chemin. 

En poursuivant notre célébration, demandons au Seigneur de nous donner la foi des mages pour que nous puissions partager leur adoration.