Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 28 décembre 2008


La Sainte Famille

Nous célébrons aujourd’hui la fête de la Sainte Famille que Dieu a voulu nous donner en exemple.   Je ne sais pas quelle résonance cette fête peut bien avoir dans votre cœur.  Je vous invite à garder les yeux bien fixés sur la crèche!  Vous y voyez  Marie, Joseph et Jésus!  C’est la petite famille de Nazareth,  la Sainte Famille que nous célébrons aujourd’hui.  Ces personnages en papier mâché, en plâtre ou en cire ne peuvent pas nous parler.  Pourtant, j’ai le goût qu’on leur donne la parole, qu’on permette à Marie, à Joseph et à Jésus de nous dire un mot,  de nous livrer un message pour les familles d’aujourd’hui,  autant aux familles heureuses que déchirées, autant aux familles  qui sont dans la joie qu’à celles qui sont confrontées à des situations pas toujours faciles.

Écoutons d’abord Marie!

 « Moi, Marie, je voudrais rejoindre toutes les mamans d’aujourd’hui, surtout celles qui sont seules, veuves, séparées de leurs enfants;  et puis aussi celles qui vivent dans l’angoisse, parce qu’un de leurs enfants ou de leur petits-enfants ne va pas bien.  Je veux vous dire que moi, la mère de Jésus, je suis de tout cœur avec elles. J’ai connu les douleurs de l’enfantement, pas seulement au jour de la naissance, parce que c’est pendant toute une vie qu’une maman met ses enfants au monde.  Un jour, alors que mon fils avait 12 ans, nous revenions d’un pèlerinage.  Après une bonne journée de marche, je ne suis rendu compte, avec mon époux,  que mon fils n’était pas avec nous.  Nous l’avons cherché pendant deux(2) jours, tout angoissés.  Nous avons vraiment eu peur de le perdre.  Quand il est devenu adulte, j’ai encore  connu l’angoisse parce que je voyais qu’on faisait toutes sortes de complots contre lui.   Mon cœur a été transpercé par une épée quand je l’ai suivi dans sa passion jusque sur la croix.  Mais dans mon cœur, il y avait une espérance secrète qui veillait.  Gardez confiance !  Jésus, mon fils, est sorti vainqueur de la mort; il est ressuscité.  Aujourd’hui, je vois que son Église continue son œuvre de grâce. En cette fête de la Sainte Famille, je voudrais aussi rejoindre toutes les femmes, celles qui ne connaissent pas la joie de la maternité, celles qui souffrent de n’avoir pu être mères. Je pense aussi à celles qui se sont consacrées à mon fils dans le célibat et la vie religieuse : soyez sûres qu’il existe mille et une manières de rendre votre vie féconde, et d’être mère.  Vous pouvez donner la vie de tant de façons,  en étant un cœur qui écoute, en tendant des mains de tendresse ou de réconfort.  Je vois un bel avenir pour vous : vous êtes promise à la joie du magnificat ».

Écoutons maintenant Joseph!

« Moi, Joseph,  je m’adresse à vous, les papas, surtout à ceux qui souffrent du drame de la séparation,  puis à ceux qui n’auront pas la joie  d’avoir leurs enfants avec eux en ces jours de fête. Je m’adresse à vous, les papas ou grands-papas qui sont seuls, dans les hôpitaux, les maisons de retraite.

 

Moi, Joseph, j’ai connu le doute amer, j’ai cru ma confiance trahie. Mais dans la foi, j’ai osé entendre la promesse de l’ange qui m’a dit : « Ne crains pas, n’aie pas peur ».  Il a ravivé en moi l’espérance du messie que j’ai toujours vécue avec les miens. 

Je pense aux hommes qui n’ont pas choisi d’être célibataires : qu’ils le sachent, leur vie peut être très féconde. Je m’adresse à vous, pères de famille ou grands pères heureux, entourés de votre descendance.  Comme moi, vous avez accepté de prendre sous votre protection les enfants nés de l’amour de votre couple.  Je sais que ce n’est pas une tâche facile, celle que vous avez,  surtout quand vous osez dire « Non » pour faire grandir votre enfant,  alors que ces « Non » sont si mal vus dans votre monde.  Hommes mariés ou célibataires,  vous avez mille et une manières de vivre la paternité.  Chers papas, vous êtes à l’image de Notre Père du ciel, et vous êtes appelés à partager un jour sa plénitude ».

Écoutons Jésus maintenant!

 « Moi, Jésus, je voudrais rejoindre aujourd’hui les enfants, les jeunes, filles et les garçons.  Je sais qu’il y en a parmi vous qui sont gravement malades, d’autres qui souffrent  de la séparation de leurs parents, d’autres, de blessures secrètes.   Si parfois l’avenir vous semble fermé... gardez confiance !  Moi, Jésus, je suis venu parmi vous pour vous ouvrir un avenir,  pour vous dire que je crois en vous plus que n’importe qui.   Je crois en l’homme créé à mon image. J’ai mis sur votre route des compagnons pour vous prendre par la main et vous montrer le chemin : vos parents, vos parrains, marraines, vos éducateurs.   Vous trouvez  peut-être parfois que vos parents ne vous comprennent pas.  Moi aussi, un jour, ils ne m’ont pas compris, quand  ils m’ont trouvé dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la loi,  et que je leur ai dit qu’il fallait que je sois aux affaires de mon Père.  Faites leur confiance! J’ai déposé dans  leur cœur la capacité de vous donner le meilleur d’eux même. Rappelez-vous les trésors d’amour, de douceur et de patience qu’ils vous partagent chaque jour, chaque nuit, inlassablement.  Vous aussi, vous me verrez un jour, face à face, et pour toujours.

 « Nous, Marie, Joseph, et Jésus, nous vous souhaitons  une bonne fête, à vous qui êtes la famille des enfants de Dieu.   Par votre foi, votre espérance et votre charité, vous êtes l’Église présente chaque jour au cœur du monde. Quelle que soit votre vocation, poursuivez la mission!  Vivez et témoignez aux yeux de tous que le Christ est avec vous tous les jours pour que ce soit Noël jusqu’à la fin des temps. »

(Texte adapté d’une homélie du P. Didier SENTENAS)