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Nous
célébrons aujourd’hui la fête de la Sainte Famille que
Dieu a voulu nous donner en exemple.
Je ne sais pas quelle résonance cette fête peut bien
avoir dans votre cœur. Je
vous invite à garder les yeux bien fixés sur la crèche!
Vous y voyez Marie,
Joseph et Jésus! C’est
la petite famille de Nazareth,
la Sainte Famille que nous célébrons aujourd’hui. Ces
personnages en papier mâché, en plâtre ou en cire ne
peuvent pas nous parler. Pourtant,
j’ai le goût qu’on leur donne la parole, qu’on permette
à Marie, à Joseph et à Jésus de nous dire un mot,
de nous livrer un message pour les familles
d’aujourd’hui, autant
aux familles heureuses que déchirées, autant aux familles
qui sont dans la joie qu’à celles qui sont confrontées
à des situations pas toujours faciles.
Écoutons
d’abord Marie!
«
Moi, Marie, je voudrais rejoindre toutes les mamans
d’aujourd’hui, surtout celles qui sont seules, veuves, séparées
de leurs enfants; et
puis aussi celles qui vivent dans l’angoisse, parce qu’un
de leurs enfants ou de leur petits-enfants ne va pas bien.
Je veux vous dire que moi, la mère de Jésus, je suis
de tout cœur avec elles. J’ai connu les douleurs de
l’enfantement, pas seulement au jour de la naissance, parce
que c’est pendant toute une vie qu’une maman met ses
enfants au monde. Un
jour, alors que mon fils avait 12 ans, nous revenions d’un pèlerinage.
Après une bonne journée de marche, je ne suis rendu
compte, avec mon époux, que
mon fils n’était pas avec nous.
Nous l’avons cherché pendant deux(2) jours, tout
angoissés. Nous
avons vraiment eu peur de le perdre.
Quand il est devenu adulte, j’ai encore connu
l’angoisse parce que je voyais qu’on faisait toutes sortes
de complots contre lui.
Mon cœur a été transpercé par une épée
quand je l’ai suivi dans sa passion jusque sur la croix.
Mais dans mon cœur, il y avait une espérance secrète
qui veillait. Gardez
confiance ! Jésus,
mon fils, est sorti vainqueur de la mort; il est ressuscité. Aujourd’hui,
je vois que son Église continue son œuvre de grâce. En
cette fête de la Sainte Famille, je voudrais aussi rejoindre
toutes les femmes, celles qui ne connaissent pas la joie de la
maternité, celles qui souffrent de n’avoir pu être mères.
Je pense aussi à celles qui se sont consacrées à mon fils
dans le célibat et la vie religieuse : soyez sûres
qu’il existe mille et une manières de rendre votre vie féconde,
et d’être mère. Vous
pouvez donner la vie de tant de façons, en
étant un cœur qui écoute, en tendant des mains de tendresse
ou de réconfort. Je
vois un bel avenir pour vous : vous êtes promise à la
joie du magnificat ».
Écoutons
maintenant Joseph!
«
Moi, Joseph, je m’adresse à vous, les papas, surtout
à ceux qui souffrent du drame de la séparation,
puis à ceux qui n’auront pas la joie d’avoir
leurs enfants avec eux en ces jours de fête. Je m’adresse
à vous, les papas ou grands-papas qui sont seuls, dans les hôpitaux,
les maisons de retraite.
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Moi,
Joseph, j’ai connu le doute amer, j’ai cru ma confiance
trahie. Mais dans la foi, j’ai osé entendre la promesse
de l’ange qui m’a dit : « Ne crains pas, n’aie
pas peur ». Il
a ravivé en moi l’espérance du messie que j’ai
toujours vécue avec les miens.
Je
pense aux hommes qui n’ont pas choisi d’être célibataires :
qu’ils le sachent, leur vie peut être très féconde. Je
m’adresse à vous, pères de famille ou grands pères
heureux, entourés de votre descendance. Comme
moi, vous avez accepté de prendre sous votre protection les
enfants nés de l’amour de votre couple. Je
sais que ce n’est pas une tâche facile, celle que vous
avez, surtout
quand vous osez dire « Non » pour faire grandir
votre enfant, alors
que ces « Non » sont si mal vus dans votre
monde. Hommes
mariés ou célibataires, vous
avez mille et une manières de vivre la paternité. Chers
papas, vous êtes à l’image de Notre Père du ciel, et
vous êtes appelés à partager un jour sa plénitude ».
Écoutons
Jésus maintenant!
« Moi,
Jésus, je voudrais rejoindre aujourd’hui les enfants, les
jeunes, filles et les garçons. Je
sais qu’il y en a parmi vous qui sont gravement malades,
d’autres qui souffrent de
la séparation de leurs parents, d’autres, de blessures
secrètes. Si
parfois l’avenir vous semble fermé... gardez confiance !
Moi, Jésus, je
suis venu parmi vous pour vous ouvrir un avenir,
pour vous dire que je crois en vous plus que
n’importe qui. Je
crois en l’homme créé à mon image. J’ai mis sur votre
route des compagnons pour vous prendre par la main et vous
montrer le chemin : vos parents, vos parrains,
marraines, vos éducateurs. Vous
trouvez peut-être
parfois que vos parents ne vous comprennent pas.
Moi aussi, un jour, ils ne m’ont pas compris, quand
ils m’ont
trouvé dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la
loi, et que je
leur ai dit qu’il fallait que je sois aux affaires de mon
Père. Faites
leur confiance! J’ai déposé dans leur
cœur la capacité de vous donner le meilleur d’eux même.
Rappelez-vous les trésors d’amour, de douceur et de
patience qu’ils vous partagent chaque jour, chaque nuit,
inlassablement. Vous
aussi, vous me verrez un jour, face à face, et pour
toujours.
« Nous,
Marie, Joseph, et Jésus, nous vous souhaitons une
bonne fête, à vous qui êtes la famille des enfants de
Dieu. Par
votre foi, votre espérance et votre charité, vous êtes
l’Église présente chaque jour au cœur du monde. Quelle
que soit votre vocation, poursuivez la mission!
Vivez et témoignez aux yeux de tous que le Christ
est avec vous tous les jours pour que ce soit Noël jusqu’à
la fin des temps. »
(Texte
adapté d’une homélie du P. Didier SENTENAS)
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