Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 25 décembre 2008


Homélie de Noël

Il y a trois semaines, j’ai accueilli, ici à l’église, deux classes d’enfants de l’école du Dôme qui venaient visiter l’église.  Les professeurs m’avaient demandé de leur raconter l’histoire de Noël.  Mais ils avaient tellement de questions sur ce qu’ils voyaient que je n’ai pas eu le temps de le faire à mon goût.  Je ne sais pas si c’est ça qui m’a influencé, mais, au lieu de vous faire l’homélie habituelle, j’ai décidé de vous raconter une histoire que je n’ai pas inventée,  mais je l’ai trouvée tellement belle que j’ai voulu vous la partager.

Il y avait une fois un monsieur très religieux.  Quand il était tout jeune encore, il avait appris que Dieu était très bon, mais il avait appris aussi que c’était  un Maître très exigeant, un juge sévère qui ne laissait rien passer.  Alors, il avait passé toute sa vie en faisant beaucoup de sacrifices et d’efforts pour obéir à tous les commandements de Dieu et de l’Église.  Il voulait devenir un bon chrétien, en se disant, qu’en arrivant devant le tribunal de Dieu, celui-ci ouvrirait son grand livre, ferait le décompte de tous ses efforts, de tous ses mérites et de toutes les bonnes actions qu’il avait faites, pour lui ouvrir ensuite toutes grandes les portes du Paradis!

Il mourut la nuit de Noël.  Quand il  arriva devant la porte du paradis, il constata qu’elle était bien fermée et qu’il n’y avait personne à l’entrée.  Alors, il se dit qu’il devait peut-être ouvrir la porte lui-même.  Il essaya de l’ouvrir!  Pas moyen!  Il avait beau y mettre toutes ses forces, la porte ne voulait pas bouger.  Épuisé à force d’efforts, il tomba par terre, incapable de faire le moindre geste.   C’était le silence absolu, total.  Après tous les efforts qu’il avait faits  pour ouvrir la porte, comme il l’avait fait pendant toute sa vie, il commença à réfléchir et à se dire que le Bon Dieu n’était pas juste après tout ce qu’il avait fait pour devenir un bon chrétien.

Tout à coup, il entendit un petit bruit, très doux, très léger.  C’était la porte qui s’ouvrait très lentement, de son côté, et il entendit une voix qui disait : 

 « Je viens vous annoncer une bonne nouvelle qui fera la joie de tout le monde;  il vous est né aujourd’hui un Sauveur qui est le Christ Seigneur, vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire.»

Complètement vidé, il fut pris d’un sentiment étrange, quand une jeune femme s’approcha de lui, portant dans ses bras un petit bébé, un petit garçon qui venait tout juste de naître.  Avec le plus beau  des sourires, elle lui tendit l’enfant, gentiment, pour qu’il le prenne dans ses bras.  Il osa les ouvrir et elle déposa le petit enfant tout près du cœur du pauvre monsieur qui fondit d’amour et de tendresse.  C’était tellement fort qu’il caressa et embrassa le nouveau-né avec amour.

Tellement heureux, il fut inondé d’une grande lumière, pareille à un éclair.   Une chance, se disait-il, que j’avais les mains vides, autrement je n’aurais jamais pu prendre l’enfant dans mes bras.  Alors, il s’est rappelé que quelqu’un avait dit :  

 « En vérité, en vérité,  je vous le dis, si vous ne retournez pas à l’état des enfants, - autrement dit : si vous ne vous laissez pas aimer comme les enfants – vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux ».

Doucement,  Marie le prit par le bras et lui fit franchir le seuil du paradis. À l’intérieur, il y avait plein de bergers qui chantaient la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu;  des myriades d’anges qui chantaient en chœur: « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et, sur la terre, paix pour les hommes, ses bien-aimés. »

Non!  Mon histoire n’est pas encore terminée.  Il faut que je vous dise encore qu’aujourd’hui,  le monsieur est toujours heureux et que son bonheur n’aura jamais de fin parce que le Bon Dieu, fidèle à lui-même, a envoyé son Fils chez nous « pour élever les humbles et comblés de biens les affamés. »

Je vous souhaite à chacun et à chacune un très Beau Noël!

 

(Cette histoire est une adaptation de l’homélie  du Père Jean Civelli, dans la revue « Signes » de janvier 2008.)