|
La
liturgie d’aujourd’hui nous présente la deuxième grande
figure du temps de l’avent, la Vierge Marie qui nous invite,
comme elle l’a fait, à méditer et à garder tout ce que le
Seigneur a fait pour nous, dans notre cœur. Pour nous aider
un petit peu plus à le faire, j’ai choisi de commenter le
refrain du psaume que nous avons prié tantôt : « Dieu,
tu as les paroles d’alliance éternelle ».
« Les
paroles d’Alliance! »
Ces
dernières années, on a vu des pays faire alliance pour la
guerre en Irak, pour
amener la paix en Afghanistan, pour contrer le terrorisme. Des
alliances militaires! Mais, on le sait très bien, il y a
aussi des alliances économiques, politiques, familiales.
On fait alliance pour mieux résister ensemble à un même
adversaire, pour devenir plus efficaces dans toutes sortes de
domaines. On fait alliance pour le meilleur et pour le pire.
Dans ce sens, le mot alliance signifie donc d’abord un
engagement qu’on prend et qu’on s’engage à respecter.
Cet
engagement, on le voit bien chez le Bon Dieu!
Quand il fait alliance, il s’engage et pas à peu près.
Quand il s’engage envers Abraham de lui donner un
fils, une descendance nombreuse, une terre, il tient sa
promesse. Quand il
s’engage à libérer son peuple et à le conduire vers une
terre promise, il le fait.
Quand il s’engage à libérer, il va jusqu’à
donner son propre Fils qui va, pour nous sauver, jusqu’à
verser son sang pour « une alliance nouvelle et éternelle. »
Mais
s’il signifie « Engagement », le mot « Alliance »
porte encore une autre couleur, celle du cœur. Quand des
couples font alliance dans le mariage, ils nous affirment,
sans hésiter, que leur alliance, c’est quelque chose
d’intime, qui s’enracine dans leur cœur, dans leur être
le plus profond. C’est
toujours vrai! Quand
une alliance est véridique, authentique; elle implique les
partenaires dans ce qu'ils ont de plus profond et de plus
vital.
Dans
la 1e lecture tantôt, on voyait que le roi David
voulait bâtir une maison pour son Dieu,
une maison de cèdre ou de pierre, pour y déposer
l’arche d’alliance. Mais
le prophète Nathan vient dire que ce n’est pas lui qui va bâtir
une maison au Seigneur, mais que c’est lui, le Seigneur qui
va lui bâtir une maison. Et pas n’importe laquelle maison,
mais une maison qui se bâtit au niveau du cœur.
« Je serai pour lui un Père, il sera pour moi un fils. »
C’était très clair, une alliance qui implique le cœur :
|
C'est
cette sorte d'alliance là que le Seigneur veut faire avec
nous et avec toute l'humanité. La fête de Noël vient nous
dire qu’il veut mêler sa vie à celle des hommes et des
femmes que nous sommes. Plus
encore, Jésus ne vient pas habiter à côté de nous, mais
en nous. Le véritable lieu de l’alliance, c’est le cœur
du croyant et de la croyante.
On
peut dire que ce mystère d’alliance se réalise d’une
façon parfaite et exemplaire en Marie. Elle a vécu
pleinement, dans son cœur, une alliance avec son Fils. Elle
est là à toutes les heures importantes de sa vie : à
Cana, quand il commence son ministère, à l’heure
tragique de la croix. On
sent qu’elle et son fils sont alliés dans la peine et
dans la joie, dans la souffrance et dans la résurrection.
« Elle médite et retient ces événements dans son cœur.
« Les
paroles d’alliance! » Un engagement qui se vit au
niveau du cœur. Mais Jésus et Marie donnent une troisième
couleur à l’alliance, c’est celle du don. Marie accepte
d’accueillir le Fils de Dieu en elle,
mais elle ne le garde pas pour elle;
elle le donne au monde pour que toute l’humanité
fasse alliance avec lui.
Et Jésus, comme la pauvre veuve qui mettait son
obole dans le tronc du Temple, a donné tout ce qu’il
avait pour vivre c'est-à-dire sa vie.
Il
me semble qu’à l’approche de Noël, ces quelques réflexions
sont éclairantes. Elles nous disent ce que Dieu veut vivre
avec nous en venant encore parmi nous comme au jour de sa
naissance. Il
voudrait naître en nous comme il est né en Marie.
Il voudrait que nous disions “oui” comme elle,
que les mots qu’elle prononçait « Qu’il me
soit fait selon ta Parole» deviennent les nôtres,
que nous acceptions qu’il vienne naître dans nos cœurs.
Il
fallait que Marie accepte le projet de Dieu pour que Jésus
vienne chez nous. Il faut des hommes et des femmes qui
acceptent le projet de Dieu pour qu’aujourd’hui encore,
il continue de venir dans notre monde
Au
moment de la consécration tantôt, je vais reprendre les
paroles de Jésus qui nous invitent à faire mémoire de
lui, à faire mémoire
de cette alliance nouvelle et éternelle qu’il est venu réaliser
par son sang. Profitons de notre célébration pour réactualiser,
réanimer et rajeunir cette alliance qu’il est venu faire
avec nous. Prions
pour qu’elle s’enracine toujours davantage dans nos cœurs
de croyants et de croyantes.
Poursuivons
notre prière.
|