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Dans
quelques jours, nous entendrons l’évangile nous dire :
« Elle le coucha dans une mangeoire parce qu’il n’y
avait pas de place pour eux dans la salle commune. » Un
manque de place! Curieusement,
c’est le premier de toute une série de manques qu’on
trouve tout au long de l’évangile.
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Manque
de vin aux noces de Cana;
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Manque
d’eau vive, près du puits de Jacob;
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Manque
de pains et de poissons;
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Manques de santé;
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Manques de considération pour les pécheurs;
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Manque de courage chez Pierre;
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Manque de lumière, un soir, à Emmaüs.
Si
nous sommes réunis cet après-midi pour une célébration du
pardon, c’est que nous reconnaissons qu’il y a des manques
dans nos vies : manque de foi, d’amour, manque de vérité,
de justice, des
manques de partage, de pardon, de respect, manque de
tendresse, d’espérance, de courage.
Ces manques peuvent manifester une fermeture.
On le voit lorsque Jésus connait l’échec à
Nazareth. L’évangile
nous dit qu’il n’y a pas fait de miracles à cause de leur
manque de foi.
Pourtant
ces mêmes manques sont pour nous, comme pour Dieu, une
occasion de tendre la main.
On voit que, pour Jésus, ces manques sont comme une
occasion privilégiée de manifester les merveilles de son
amour et de sa miséricorde.
On manque de vin, il en fait, on manque d’eau, il en
offre, on manque de pain, il les multiplie, on manque de santé,
il guérit, on
manque de lumière, il éclaire, on est pécheur, il pardonne.
Les
deux lectures que nous venons d’entendre nous rappelaient
que Dieu est constamment habité par le désir de nous
chercher pour nous libérer, pour transformer nos manques en
situation complètement nouvelle.
La brebis perdue, je
la chercherai
La brebis égarée, je
vais la ramener
La brebis blessée, je
vais panser ses plaies
La brebis malade, je
vais la fortifier.
Nous avons connu, ces dernières années, des célébrations
communautaires du pardon avec absolution collective.
À maintes reprises, nous avons célébré la miséricorde
de Dieu avec des évangiles très connus : l’enfant
prodigue, l’aveugle-né, la
samaritaine, Zachée et combien d’autres.
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Toutes ces lectures, avec celles que nous venons
d’entendre, voulaient nous amener à reconnaître, dans
notre cœur, que chez Dieu, il n’y avait pas de manque de
miséricorde.
Dès le début de l’évangile, St Luc nous dit que Jésus était en
manque de place. C’est
très révélateur. Le
premier qui est en manque, c’est le fils de Marie,
l’envoyé de Dieu pour le salut du monde,
l’envoyé de Dieu pour nous dire toute la miséricorde
qui habite le cœur du Père.
Il se fait comme un mendiant qui nous tend la main
parce qu’il ne veut rien nous imposer.
Il se fait comme un mendiant pour qu’on n’ait pas
honte de se faire mendiant à notre tour et de lui tendre la
main.
Nous vivons dans notre monde une
crise par rapport au sacrement du pardon. C’est clair!
Évident! Ce
n’est pas un problème nouveau dans l’Église. Il
existait dans le temps de St Augustin, de St Léon le Grand,
au 5e siècle.
Le sacrement du pardon était en crise parce que les
confesseurs ne donnaient pas de petites pénitences comme
aujourd’hui, mais des pénitences tellement grandes que
les gens n’avaient pas le courage de les faire.
Même s’ils étaient de bonne volonté, ils ne
pouvaient pratiquement plus recourir au sacrement du pardon.
Souvent ils attendaient d’être sur leur lit de mort pour
le faire.
Mais ils avaient quelque chose qu’on a perdu et qu’on aurait bien
avantage à retrouver aujourd’hui.
Ils croyaient en d’autres formes de pardon qu’ils
appelaient des rémissions.
Pas juste deux ou trois, mais dix(10) formes de
pardon tout aussi efficaces pour le pardon de leurs fautes.
Je pense, qu’en ce moment de crise que nous vivons,
nous avons tout avantage à retrouver ces formes de pardon
qui ont toujours existé mais qu’on a perdues avec le
temps.
D’ailleurs,
dans une lettre envoyée
à tous les prêtres en octobre dernier, Mgr Ebacher
soulignait ces autres formes de pardon en disant, et je le
cite :
«En plus de la forme fondamentale la plus complète qu’est le
sacrement de pénitence, en plus de la Parole de Dieu si nécessaire,
on peut rappeler que les fautes quotidiennes sont remises
par l’Eucharistie, la prière, le jeûne, les aumônes, la
patience dans les épreuves, le pardon mutuel des offenses,
la pratique de la charité ». Nous sommes donc invités
à redécouvrir ces divers moyens pour la remise des fautes
quotidiennes. »
Je
souhaite que nous puissions continuer à nous émerveiller
devant la miséricorde de Dieu qui n’est pas à la mesure
de notre cœur, mais à la mesure du sien.
Je souhaite que nous puissions continuer de nous émerveiller
devant la miséricorde de Dieu qui nous donne autant de
moyens d’obtenir le pardon de nos fautes quotidiennes.
Poursuivons
notre prière.
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