Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 14 décembre 2008


3è dimanche de l'Avent

Une petite histoire pour commencer.  Un jour, un jeune poisson s'approcha d'un vieux poisson sage et lui demande : "Pouvez-vous me dire où se trouve l'océan?"  Surpris d'une telle demande, le vieux sage lui dit : "Veux-tu vraiment savoir où il se trouve?  Oui, insiste le jeune, je veux savoir où il est, comment l'atteindre et le voir de mes propres yeux ".  Alors le vieux sage sourit aimablement et lui répond : "l'océan que tu cherches, c'est celui où tu nages présentement."  Surpris, et ne le croyant pas, le jeune poisson repartit à la recherche de celui qui pourrait lui dire où se trouve l'océan. Dimanche dernier, je vous disais que l’agenda de Dieu était plein de rendez-vous. Dieu nous donne plein de rendez-vous, mais savons-nous le reconnaître?

Quand Jésus est arrivé dans le monde, ça faisait déjà très longtemps que les Juifs l’attendaient.  Et au cours des siècles, ils s’étaient fait une petite idée de lui. Ils avaient vécu tellement de guerres, de défaites, d'exil, qu'ils attendaient un Messie puissant, un roi guerrier, quelqu’un qui donnerait de l’éclat à la nation comme au temps du roi Salomon.  Mais Jésus est arrivé comme un petit enfant, fils de charpentier, pauvre et sans défense, obligé de s’exiler en Égypte.  Il habitait le village de Nazareth et on disait : "Que peut-il sortir de bon de Nazareth. " Pour toutes ces raisons, les juifs ont eu bien du mal à le reconnaître.

En 2008, on a toujours du mal à reconnaître les signes de la présence de Dieu. On s’imagine que pour le reconnaître, il faut de grands événements ou de grandes révélations, qu’il se révèle comme à Moïse dans le buisson ardent, comme à Abraham ou Samuel dans une vision.  Il arrive qu’on ressemble au petit poisson de ma petite histoire. On nage dans un océan d’amour et on ne le voit même pas. Il choisit des personnes que nous côtoyons, des événements que nous vivons, des gestes tout simples pour se faire connaître, et on a toujours du mal à le reconnaître.

Quand on vient à l'église pour prier dans la tranquillité de l'après-midi ou du soir, Dieu est là au cœur du silence.  Quand on prie dans le secret de notre cœur et qu'on s'adresse à Celui qui est au plus intime de nous-mêmes, Dieu est là, en nous, Quand on vient célébrer l'Eucharistie avec nos frères et nos sœurs, écouter sa Parole et communier à son Pain de vie, Dieu est là. Quand on pose un geste de tendresse ou de solidarité envers des humiliés de la vie ou des blessés de notre monde, le Seigneur est là aussi.  Quand on découvre tout ce qui se fait de beau et de bon en ce monde, Dieu est là,  à l'œuvre parmi nous et par nous.   

Dans l'évangile aujourd'hui, on voit que Jean Baptiste a su reconnaître Jésus et qu’il aide les siens à reconnaître en Jésus l'Envoyé de Dieu, celui qu'ils attendaient depuis si longtemps.  "Je ne suis pas le Messie", disait-il, mais "Au milieu de vous se tient Celui que vous ne connaissez pas; c'est lui qui vient derrière moi".  Il affirme clairement que l'homme du projet de Dieu, l'homme attentif aux pauvres et aux petits est là au milieu d’eux.

A notre tour, nous sommes appelés à être des "Jean Baptiste" dans notre monde, dans notre famille, dans notre lieu de travail, à être des témoins authentiques du Christ.  Nous sommes appelés à vivre de telle sorte que notre entourage s'interroge sur ce qui nous anime profondément, sur ce qui donne de la couleur à nos gestes et à nos paroles, sur le secret qui nous habite et qui donne de la force à nos actions. Comme Jean Baptiste, soyons des témoins de lumière!  Soyons de ceux et celles qui osent témoigner, annoncer à ceux et celles qui les entourent le chemin de la paix, de la joie, somme toute le chemin de Dieu.

En ce dimanche de la joie, réjouissons-nous pour tous ceux et celles qui sont lumière pour les autres, pour les jeunes qui disent leur foi, pour toutes ces personnes qui sont des traits d'union avec le Christ, pour tous les multiplicateurs et les annonceurs de Bonne Nouvelle.  Et prions le Seigneur de nous donner cette joie profonde et vraie qui est celle de le rencontrer dans les rendez-vous qu'il nous donne, de le reconnaître, et de l'annoncer comme Jean-Baptiste.

CÉLÉBRATIONS DU PARDON POUR LE TEMPS DE L’AVENT

Dans les derniers feuillets paroissiaux nous avons annoncé que les célébrations du pardon, pendant le temps de l’Avent, prendraient une forme différente : un temps de rassemblement communautaire autour de la Parole de Dieu, suivi d’une invitation à rencontrer un des prêtres présents pour la confession et l’absolution individuelles. Ça signifie qu’il n’y aura plus d’absolution collective comme nous avions l’habitude de le faire depuis de nombreuses années, mais une rencontre individuelle avec un prêtre pour la confession et l’absolution individuelle.

Dans une lettre adressée à tous les prêtres le 22 octobre dernier, Mgr Ebacher nous rappelait que le sacrement du pardon n’est pas le seul et unique moyen d’obtenir la remise des fautes quotidiennes.  Il disait et je cite : «En plus de la forme fondamentale la plus complète qu’est le sacrement de pénitence, en plus de la Parole de Dieu si nécessaire, on peut rappeler que les fautes quotidiennes sont remises par l’Eucharistie, la prière, le jeûne, les aumônes, la patience dans les épreuves, le pardon mutuel des offenses, la pratique de la charité ». Nous sommes donc invités à redécouvrir ces divers moyens pour la remise des fautes quotidiennes.  Dans ce sens, lors de nos célébrations, nous vous inviterons à verser une aumône au profit de deux groupes qui viennent en aide à des personnes dans le besoin.