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Ce
(matin / hier matin), j’ai célébré la 73e funérailles
que nous avons eu depuis le mois de janvier dans notre
paroisse. Les défunts prennent beaucoup de place dans nos
liturgies : à
chaque eucharistie, nous faisons mémoire d’eux pour les
confier à la miséricorde de Dieu, pour le prier de les
accueillir avec
amour. Et
aujourd’hui, nous le faisons d’une manière spéciale, au
lendemain de la fête de la Toussaint, parce que l’Église a
toujours vu un lien entre les deux fêtes.
Nous
prions aujourd’hui « pour » et « avec »
nos défunts pour dire notre espérance en ce dimanche où
nous faisons mémoire de la résurrection de Jésus.
Le jour de leur baptême, ils étaient devenus, comme
nous, fils et filles de Dieu, promis au même héritage que Jésus.
St-Paul nous le rappelait tantôt : « Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes
aussi ses héritiers; héritiers de Dieu, héritiers avec le
Christ »
Spontanément,
on se cache la réalité de notre propre mort.
On voit la même chose dans notre monde, tellement obsédé
par la vie qu’il se cache cette réalité.
Curieusement,
ce qu’on refoule, on l’évoque de d’autres manières qui
sont loin d’être heureuses. On
donne de plus en plus d’importance à la fête de
l’Halloween. On
décore les parterres de fantômes et de pierres tombales. Les
médias attirent l’attention sur les maisons les plus décorées.
Un jour que je me rendais à l’église pour célébrer des
funérailles, et juste
avant de monter, je suis allé voir comment ça se passait au
sous-sol, parce que la famille allait y descendre pour une réception.
On avait étendu des toiles d’araignées qui
retenaient des têtes de mort. Pas
besoin de vous dire que je n’étais pas de bonne humeur.
À
l’inverse, l’église nous invite à nous souvenir de nos défunts,
à prier pour eux et avec eux parce que certains font partie
du cortège des saints, et que ça vient rejoindre notre foi.
Parlant
de lui-même, Jésus disait un jour : « Si le grain
de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul;
mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit ».
J’ai toujours aimé cette image que Jésus nous donne!
Quand
nous regardons les arbres à ce moment-ci de l’année, on a
l’impression qu’ils sont morts.
Mais on
n’a aucun doute, on
sait très bien que dans 6 mois, ils reverdiront.
Cet automne, vous avez peut-être planté des bulbes
dans vos plates-bandes avec l’assurance d’obtenir de
belles fleurs la saison prochaine.
Quand la terre est gelée,
quand la vie semble absente,
quand bien même il y aurait autant de neige que
l’hiver passé, nous savons qu’il y a des germinations
secrètes qui se préparent. Félix Leclerc disait: « C’est
grand la mort, c’est plein de vie dedans! »
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Cette
image du grain de blé que Jésus nous donne traduit une
certitude que nous portons dans notre vie de croyants et de
croyantes. En
nous donnant cette image tirée de la nature,
Jésus veut nous aider à accueillir dans notre foi
des vérités encore bien plus profondes.
Il veut nous aider à pressentir que la vie va vers
la Vie avec un grand « V », que la mort est un
passage, une vraie Pâques vers une Vie nouvelle.
Si
Dieu redonne vie au grain de blé tombé en terre,
il va encore bien plus la redonner à nos corps
mortels, parce
que le corps d’un de ses enfants,
le corps d’un être cher,
vaut bien plus à ses yeux qu’un petit grain de blé.
Il y a plein de textes dans l’Écriture qui vont
dans le même sens. Quand nous célébrons des funérailles,
nous avons un choix parmi 56 lectures possibles. Je vous
donne quelques exemples de textes qu’on y trouve:
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La
1e lecture tantôt nous donnait à entendre de très
belles paroles de foi, d’espérance et de bonheur :
« Ils sont dans la paix… Il les a accueillis…Ils
restent avec lui dans son amour. »
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Il
ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres qui
n’ont pas d’espérance… »
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« Si
l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les
morts habite en nous, il donnera aussi la vie à nos corps
mortels, il nous ressuscitera nous aussi » (Ro 8,11).
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« Pour
tous ceux et celles qui croient en toi, Seigneur, la vie
n’est pas détruite, elle est transformée. »
Tous
ces textes cherchent à nous faire comprendre qu’on
n’est pas des morts en sursis mais des personnes en
attente de la résurrection.
Une
fois, il y avait « Un pèlerin âgé qui cheminait
dans la direction de montagnes très hautes par un froid
d’hiver mordant. Soudain,
il se mit à pleuvoir. Un aubergiste lui dit : « Mon
bon monsieur, comment
espérez-vous vous rendre jusque là par un temps pareil? »
La figure toute réjouit, le vieillard répondit :
« Mon cœur est déjà rendu : alors, c’est
facile pour le reste de moi-même de le suivre ».
On
dit que, la foi et l’espérance sont comme deux petites sœurs
qui se tiennent par la main!
Avec la foi, je regarde un grain à semer, et dans
l’espérance, je vois déjà l’épi!
Avec la foi, je regarde un gland, et dans l’espérance,
je vois déjà le chêne!
Dans le tombeau vide de Jésus, je vois le premier
ressuscité d’entre les morts!
Avec la même foi, dans un corps semé périssable,
je vois déjà le corps glorieux!
Poursuivons
notre prière.
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