Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 12 octobre 2008


Sainte Marie, Mère de Dieu

Comme mentionné au début de la célébration, aujourd’hui, à la demande de Mgr Ebacher, nous célébrons la fête patronale de notre diocèse : « Sainte Marie, Mère de l’Église. » À cette occasion, je vous propose une méditation sur l’histoire de Marie pour la garder dans notre cœur, comme elle le faisait.

Jeune fille encore, un ange vient lui annoncer qu’elle a la grâce de Dieu et qu’elle sera la mère d’un enfant qui sera grand, qui règnera pour toujours, qui est le Fils du Très Haut.  Elle se demande ce que ça signifie, mais elle ne pose pas de questions, juste ce qui est nécessaire.  Elle n’exige pas de preuves en disant simplement   « qu’il me soit fait selon ta parole ».  Elle accueille cette nouvelle en croyant de tout son cœur.

Comme Marie, nous avons reçu l’évangile.  Cet événement nous rappelle que Dieu nous confie une mission à nous aussi, une mission qui ressemble beaucoup à celle de Marie : celle de donner son Fils au monde.  Demandons-lui la grâce de lui faire confiance comme Marie,  la grâce de croire sans vouloir tout comprendre à tout prix. Demandons à Marie de nous apprendre à prier pour grandir dans la foi.

Quelques semaines  plus tard, Marie rend visite à sa cousine Élisabeth, enceinte elle aussi.  Sentant son enfant bouger dans son sein, Élisabeth s’écrie en disant : « Comment se fait-il que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi? » Et Marie laisse jaillir de son cœur une belle prière d’action de grâce, un beau Magnificat.  Et même si Élisabeth vient de lui dire qu’elle est bénie entre toutes les femmes,  Marie ne se glorifie pas.  C’est le Seigneur qu’elle glorifie parce qu’il a fait des merveilles en elle.  Comme Marie, remercions le Seigneur  pour  toutes les visitations que nous avons reçues, pour les événements et les personnes qui nous ont aidés à découvrir Dieu, pour les merveilles qu’il a faites dans notre vie. Demandons à Marie de nous apprendre à dire merci, à rendre grâce à Dieu.

Neuf mois plus tard, au cours d’un voyage forcé, Marie donne naissance à son fils et n’a qu’une pauvre mangeoire pour le déposer  parce qu’il n’y avait pas de place à l’hôtellerie.  On ne s’occupe pas d’elle alors qu’elle porte le plus grand trésor du monde.   Puis, avec son époux, elle va demeurer à Nazareth, une ville méprisée dont on disait : « Que peut-il sortir de bon de Nazareth?  Demandons à Marie de nous apprendre cette pauvreté qui était la sienne pour nous rendre disponible à faire la volonté de Dieu.  

12 ans plus tard, elle entreprend avec sa famille un pèlerinage à Jérusalem. Sur le chemin du retour, après une journée de marche, elle s’aperçoit avec Joseph que leur fils n’était pas avec eux. 

 

Ils rebroussent chemin et le cherchent pendant trois jours pour le trouver finalement dans le Temple assis au milieu des docteurs. « Je dois être aux affaires de mon Père. » leur dit-il.  « Ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait…sa mère gardait tous ces événements dans son cœur. »  Demandons à Marie de nous apprendre à chercher le Christ dans sa Parole et dans les événements que nous vivons tout en les gardant dans notre cœur.

30 ans plus tard, il y eût des noces à Cana.  Marie était là.  Jésus aussi avait été invité avec ses disciples.  À un moment donné, elle remarque que les époux allaient manquer de vin et que ça risquait de gâter la fête. Comme elle ne veut pas que les mariés soient dans la gêne ou dans la peine, pleine d’attention et de sollicitude, elle va dire à son Fils : « Ils n’ont plus de vin », sans plus. Puis, elle va trouver les serviteurs pour leur dire: « Faites tout ce qu’il vous dira ».  Elle savait ce qu’elle disait, Marie!  Elle-même avait toujours fait ce que Dieu lui avait dit. Et, à cause de sa charité,  Jésus a fait le miracle que nous connaissons.  Demandons à Marie de nous donner son attention pour les autres, sa sollicitude, et surtout, de nous donner, à nous aussi, de faire tout ce que Dieu nous dira.

Marie a toujours fait ce que Dieu lui avait demandé. Elle quitte Bethléem, se réfugie en Égypte, revient à Nazareth, toujours présente discrètement à la vie de son Fils jusqu’au pied de la croix, l’âme transpercée par un glaive comme l’avait prédit le vieillard Syméon.  Elle aurait tellement pu dire : « Assez, c’est assez, trop, c’est trop ».  Mais non, parce qu’elle sait que son Fils donne sa vie pour les salut du monde.  Demandons à Marie de nous apprendre à accueillir le salut du monde et toute la miséricorde de Dieu manifesté en son Fils.

Le jour de la Pentecôte, elle est toujours là, avec les apôtres réunis au Cénacle.  Elle ne fait pas de discours, ne prend pas leur place, tout simplement en prière avec ceux qui vont recevoir l’Esprit Saint pour porter témoignage à la Bonne Nouvelle de l’Évangile.  Nous avons reçu l’Esprit Saint le jour de notre baptême, de notre confirmation, demandons à Marie de nous apprendre à témoigner de l’évangile au cœur de notre monde.

« Témoigner de l’évangile au cœur de notre monde. »  Marie ne le fait pas en prêchant sur la place publique;  elle le fait à sa manière à elle, en gardant la Parole dans son cœur et en se laissant guider vers la vérité tout entière.  Au moment où nous sommes réunis  pour faire mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus, on ne peut oublier sa mère et tout ce que Dieu a fait pour elle, tout ce qu’il a fait pour nous.  Confions à Marie le chemin de notre foi, et demandons-lui d’intercéder auprès de son Fils pour nous, et de nous aider à découvrir  notre manière à nous d’être témoins.