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Je dois vous avouer que je
n’avais pas regardé l’évangile avant d’écrire mon
mot, trop préoccupé par mon message à l’occasion du
lancement pastoral et par tous les changements que nous
vivons, mais ça tombe à plein dans le mille comme on dit.
L’an dernier, nous nous préparions
à devenir une seule paroisse.
C’est fait depuis janvier!
Le territoire de la paroisse a été considérablement
élargie, jusqu’au
Chemin Vanier en direction d’Aylmer.
Quand on voit toutes les maisons en construction dans
ce secteur, ça fait quasiment peur.
On prévoit que, d’ici quelques années, il
y aura de 10 à 15 milles personnes de plus.
C’est là qu’on trouve
la communauté du Plateau qui travaille des mains et des pieds
pour agrandir leur salle communautaire.
Une seule paroisse, quatre
communautés! Les
uns veulent mettre l’accent sur la paroisse, d’autres sur
les communautés. Ça
crée des tensions bien sûr,
des tensions qui peuvent être destructrices ou créatives.
À nous de choisir!
Des changements aussi au
niveau de l’équipe pastorale mandatée :
le départ de Joanne au début de juin et celui du
stagiaire en juillet. Pour
des raisons que vous connaissez, je
ne suis plus responsable de St Stephen et j’ai réduit ma
semaine de travail à 4 jours.
Trois personnes s’ajoutent sur l’équipe pastorale
mandatée : un
prêtre, l’abbé Jacques Wiseman, nouveau curé de St
Stephen et membre de l’équipe à 4 jours semaine,
le nouveau diacre,
M. Jean-Paul Tremblay, une agente de pastorale, Mme
Exilda Doucet. Pas
mal de changement à l’intérieur de l’équipe.
Des changements encore au
niveau du mandat confié aux agentes.
Elles ne sont plus rattachées à une communauté en
particulier, mais elles ont des mandats qui couvrent
l’ensemble de la paroisse. Chacune, cependant, est membre
d’une équipe locale, à titre de représentante de l’équipe
pastorale mandatée, et ce à raison d’une année à la
fois.
Mme Nicole Vigneault, toujours
responsable de la pastorale du baptême, devient
coordonnatrice, représentante de l’équipe sur l’ELAP
de St-Raymond,
Mme Nicole Labelle, toujours
responsable de la pastorale sociale, de
la retraite paroissiale et du catéchuménat des adultes,
devient responsable de la confirmation.
Elle représentera l’équipe sur l’ELAP de St
Pierre Chanel.
Mme Exilda Doucet sera
responsable de l’initiation chrétienne, un gros dossier.
Suite à l’abandon de l’enseignement religion
et moral dans les écoles, nous avons revu toute la démarche
de préparation sacramentelle pour offrir un nouveau parcours
catéchétique fait de huit catéchèses bibliques et de catéchèses
sacramentelles aux jeunes de 9 ans et plus et à leurs
familles. Ces catéchèses
sont obligatoires pour les jeunes qui demandent les
sacrements. Il
faut bien le noter que ce nouveau parcours s’adresse aussi
aux parents. Elle
représentera l’équipe sur l’ELAP et
Notre-Dame-de-la-Guadeloupe.
Quand nous avons pris cette décision,
nous ne savions pas que les évêques du Québec, feraient du
3e dimanche de septembre, donc aujourd’hui, le
dimanche de la Catéchèse. En
posant ce geste, ils ont voulu sensibiliser les communautés
chrétiennes à l’importance de la catéchèse offerte en
paroisse à tous les âges de la vie. Ils nous disent bien
qu’une démarche de foi, pour être valide et porter du
fruit, doit être supportée par la communauté.
Une nouvelle démarche catéchétique, c’est un
gros changement, et nous avons besoin de votre coopération et
de votre soutien, Exilda, en particulier.
Dans le programme pastoral que
nous avons préparé en mai et juin dernier, nous visons des
changements encore bien plus profonds.
Nous avons voulu mettre l’accent sur la mission,
reconnaissant que, à la manière d’Abraham, nous avons à
quitter des pays trop connus pour prendre résolument le
chemin vers les pays que le Seigneur nous indiquera au fur et
à mesure de notre marche. Les grands titres de notre
programme le traduisent bien : se
mobiliser pour la mission, missionnaires de la foi,
missionnaires de la prière, missionnaires de la solidarité
et du partage, émergence d’une communauté missionnaire.
Mais pourquoi mettre
l’accent sur la mission?
Pourquoi notre paroisse devrait-elle être
missionnaire? Je
pourrais bien vous donner des réponses faciles : parce
que les responsables de l’Église nous le demandent depuis
des années, parce
que beaucoup de baptisés n’arrivent pas à exprimer leur
foi, parce qu’il
n’y a plus de catéchèses dans les écoles, parce que nous
ne sommes plus en pays de chrétienté.
Et pourtant, c’est encore bien plus profond.
L’an dernier, il y a eu un
colloque sur les paroisses à Rome.
Mgr Malcom Ranjith, secrétaire d’une congrégation
romaine, disait : « Nous n’avons pas le droit de
garder pour nous la Bonne Nouvelle de Jésus Christ.
Jésus a aimé ses frères et sœurs au point de se
donner entièrement pour leur salut : voilà la base de
l’évangélisation. Ce
n’est pas un choix. C’est
une obligation de notre foi, l’expression parfaite de notre
charité.
Suite à ces affirmations, il
proposait quelques démarches
concrètes :
·
« passer
d'un modèle d'entretien à un modèle missionnaire »
« si nous ne faisons que restaurer les bâtiments, cela
va nous tuer spirituellement ».
·
Passer
« d'un esprit de pessimisme à un esprit d'optimisme »,
en se souvenant que « rien n'est impossible à Dieu ».
·
Reconsidérer
les rôles des laïcs. « Tout laïc est un missionnaire
potentiel ».
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·
Se lancer
courageusement dans des « domaines inexplorés »,
« rechercher
de nouvelles méthodes » d'évangélisation. »
Vous vous rappelez de cet évangile
où quatre hommes qui,
se rendant compte qu’il était impossible de s’approcher
de Jésus, défont le toit au-dessus d’une maison pour
faire descendre un paralytique devant Jésus.
Voilà notre mission!
Mettre tous nos efforts pour mettre les gens en présence
de Jésus. Ces
quatre hommes avaient une foi inventive, une
foi qui les amène à ouvrir un espace de rencontre avec Jésus.
Notre foi nous rend capable de porter des frères et des sœurs;
elle est capable de pratiquer les brèches nécessaires à
la création de lieux et d’espaces nouveaux pour rendre
possible la rencontre et le dialogue avec le Dieu vivant. »
Chaque dimanche, nous nous
rencontrons pour célébrer l’eucharistie.
Cet appel à la mission, on le trouve dans toutes les
prières eucharistiques.
Je vous cite quelques petites phrases que
j’ai relevées :
·
« Il
s’est fait le prochain des opprimés et des affligés. »
·
« Pour
que le peuple qui t’appartient brille comme un signe prophétique
de l’unité et de la paix au milieu d’une humanité qui
se divise et se déchire. »
·
« Donne
à tous les membres de l’Église. de se dépenser sans relâche
au service de l’Évangile.
Rends-nous attentifs aux besoins de tous, afin que
partageant leurs tristesses et leurs angoisses, leurs espérances
et leur joies, nous leur annoncions fidèlement la Bonne
Nouvelle du Salut. »
·
« Ouvre
nos yeux à toute détresse, inspire-nous la parole et le
geste qui conviennent pour soutenir notre prochain dans la
peine ou dans l’épreuve. »
Autant de petites phrases
qui nous incitent à la mission.
Le 15 juillet dernier, après
avoir pris connaissance de notre programme, Mgr Ebacher envoyait
le petit mot suivant à l’équipe pastorale :
« Je suis heureux de
constater que vous y mettez un fort accent sur la mission.
C’est certainement un bon chemin, qui s’impose à
notre Église, en ces temps que nous vivons.
Nous ne sommes plus en chrétienté.
Nous sommes appelés, comme dans les débuts de l’Église,
à « aller au large » selon l’interpellation
de Jésus. Et Jésus
Ressuscité sans cesse nous redit en soufflant sur nous :
« Comme le Père m’a envoyé, je vous envoie ».
Ce « comme » n’est pas une simple
comparaison. Il
signifie que c’est avec la même énergie spirituelle,
avec la même volonté divine, que nous sommes envoyés au
monde, comme Jésus le fut pour son bonheur et son véritable
succès. »
Je suis très conscient du
fait que nous vous proposons une démarche nouvelle,
audacieuse, mais combien nécessaire,
que l’équipe pastorale ne pourra jamais toute
seule mener ce programme à bon port.
Nous avons besoin de la collaboration de toutes nos
communautés.
Et, pour y arriver, nous
avons identifié trois valeurs qui
devraient nous guider dans toute notre démarche.
D’abord l’accueil,
c'est-à-dire la
présence à l’autre. À l’exemple du Christ, accueillir
les autres comme ils sont avec leurs façons différentes de
penser et d’agir, avec leurs limites mais aussi leurs
charismes. Ceux et celles parmi vous qui ont participé aux
deux assemblées pastorales annuelles se souvienne que cette
valeur de l’accueil est revenue souvent.
Ensuite, accompagner, c'est-à-dire
marcher avec. S’accompagner,
c’est savoir rester humble et ouvert au changement, être
capable de se laisser déranger dans nos habitudes et nos façons
de faire. C’est
s’aimer d’un amour fraternel, nous ouvrir à l’aide et
à la coopération, prendre ensemble le chemin qui conduit
à la réalisation de notre mission.
Enfin, se mobiliser, c'est-à-dire
bâtir ensemble, arrêter
de regarder en arrière, de se comparer, de se critiquer, et
nous mettre en état de mission, développer une Église
responsable avec un partenariat solide entre nos communautés
et entre les
différentes instances de la paroisse.
Vous avez remarqué l’évangile!
Le maître sort cinq fois dans la journée pour engager des
ouvriers. On pourrait encore regarder cette journée-là
comme un résumé de notre cheminement personnel.
Les uns pourraient dire:
« Moi, j’ai été embauché, à la première
heure du jour, alors que j’étais encore tout jeune;
moi vers 9h.00 alors que j’étais adolescent;
moi vers midi, alors que j’étais jeune adulte;
ou vers 3h00, quand j’avais 50 ans;
ou à 5h00, à l’âge de la retraite.
Il sort cinq fois. L’invitation est nouvelle à
chaque fois, la promesse est nouvelle à chaque fois.
Avec Dieu, c’est toujours l’heure de s’engager.
En vous proposant tout cela
aujourd’hui, nous avons la conviction de répondre à
l’appel de Jésus. Demandons
à Celui qui nous invite à sa table pour nous donner le
Pain de vie de nous soutenir de son Esprit, de nous aider à
mieux comprendre le projet de Dieu sur notre monde et
de prendre en main la mission que Dieu nous a confiée en
nous dépensant sans
relâche au service de l’évangile.
Poursuivons notre célébration.
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