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« Il y a un homme
qui s’était perdu dans le désert.
Pas longtemps après, en parlant de son épreuve à ses
amis, il raconta
comment, pris de désespoir, il s’était agenouillé et
avait crié à Dieu de lui venir en aide. »
« Dieu a-t-il exaucé ta prière? »
lui demandèrent-ils.
« Oh non! », répondit-il.
Juste avant qu’il puisse le faire, un explorateur fit
son apparition et me montra le chemin. »
Dans notre mentalité, on
sépare souvent les choses
du ciel et celles de la terre.
Le bon Dieu est d’un côté et il s’occupe de ses
affaires; et nous,
d’un autre côté, on
s’occupe de nos affaires.
Si Jésus avait rencontré le monsieur qui avait
été sauvé, il lui aurait sans doute dit : « C’est
le bon Dieu qui a mis un explorateur sur ton chemin, en réponse
à ta prière. »
C’est dans ce sens-là
que je lis la parabole que Jésus raconte à ses disciples;
cette petite histoire qui nous parle d’un maître qui
sort à toute heure du jour à la recherche d’ouvriers pour
travailler à sa vigne.
Le maître de la vigne,
c’est le bon Dieu. Jésus
veut faire comprendre à ses disciples que le bon Dieu est en
train de construire son Royaume, pas un royaume qui existe
juste dans son cœur, pas
un royaume qui est dans les nuages, dans le ciel,
mais un royaume sur la terre,
un royaume qui nous rejoint dans notre temps,
dans notre espace de vie,
dans notre histoire à nous autres.
Le maître de la vigne sort de chez lui cinq fois!
Cinq fois, il appelle des gens qui n’ont pas de
travail! Cinq
fois, il amène à sa vigne des personnes pour y travailler.
Et, à chaque fois, il promet un salaire ou ce qui est
juste.
Dans son histoire, Jésus
prend l’exemple d’une journée.
Cette journée-la, ça
pourrait bien être comme un résumé de l’histoire du
monde: et alors on pourrait reconnaître que les ouvriers
engagés sont les prophètes, les juges, les rois;
Isaïe, Jérémie, David, tous ces hommes et ces femmes
qui ont cherché à construire le monde à la manière de
Dieu.
On pourrait regarder cette
journée-la comme un résumé de l’histoire de l’Église
pour y découvrir ces ouvriers de la vigne qu’ont été les
disciples, les apôtres, les martyrs, les saints, les agents
et les agentes de pastorales, les membres des comités
paroissiaux, les
laïcs engagés, tous
ceux et celles qui s’impliquent en faveur des démunis,
etc.etc.
On pourrait encore
regarder cette journée-la comme un résumé de notre
cheminement personnel. Et
alors, les uns pourraient dire:
« Moi, j’ai été embauché, à la première
heure du jour, alors que j’était encore tout jeune;
moi vers 9h.00 alors que j’étais adolescent;
moi vers midi, alors que j’étais jeune adulte;
ou vers 3h00, quand j’avais 50 ans;
ou à 5h00, à l’âge de la retraite.
Le bon Dieu, nous dit Jésus,
construit son Royaume encore aujourd’hui
en cherchant constamment des ouvriers comme vous et
moi pour travailler à sa vigne, à la construction d’un
monde meilleur. C’est
loin de se passer dans les nuages
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Dans notre monde, il y a
beaucoup d’ouvriers à la vigne.
On pourrait dresser une liste des personnes qui sont
impliquées dans notre communauté, dans toute la paroisse.
La liste serait pas mal longue des personnes impliquées
en paroisse ou ailleurs, de manière bien visible ou plus
cachée.
A tout ce monde-là, Jésus
vient dire aujourd’hui : « tu sais, il y a
quelqu’un qui est à la source de ton engagement.
Tu as entendu dans ton cœur l’invitation du maître.
Tu lui as répondu.
« tu auras ce qui est juste et bien plus
encore, même si tu es un ouvrier de la dernière heure, même
si tu t’es engagé à la dernière minute.
« Le Royaume des
cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit
afin d’embaucher des ouvriers pour travailler à sa vigne ».
Ils sort cinq fois.
L’invitation est nouvelle à chaque fois, la
promesse est nouvelle à chaque fois.
Avec Dieu, c’est toujours l’heure de s’engager.
Il y a une interpellation là-dedans!
Il y a un appel qui nous est fait à nous
aujourd’hui; s’engager, ça ne veut pas dire juste
donner son nom pour faire partie d’un groupe de la
paroisse. Cette
semaine, je ne sais pas, si c’est parce que j’étais
habité par ça, j’ai été frappé par les demandes
qu’on fait dans les
prières d’ouverture à la messe.
En voici des exemples :
« Donne-nous de te
servir avec un cœur sans partage »
« Accorde-nous
d’être des artisans de paix... »
« Rends-nous
attentifs à faire le bien sans relâche... »
« Fais-nous vouloir
ce que tu veux... »
« Donne-nous
de suivre le Christ et de nous attacher à lui... »
Ces prières touchent tous
les baptisés sans exception, les pères et les mères de
famille, les célibataires, les travailleurs.
On peut tous être des ouvriers embauchés par le
Seigneur pour travailler à la construction d’une terre
plus juste et plus fraternelle.
Il y a bien de la chicane,
de la jalousie dans la parabole.
Les ouvriers de la 1o heure ne sont pas de
bonne humeur quand ils voient que les derniers reçoivent le
même salaire. On
pourrait crier à l’injustice!
Je n’ai pas voulu m’arrêter à cet aspect de la
parabole de Jésus. Mais
il y a une chose qui est sûre!
L’Eucharistie que
nous célébrons nous rappelle que Dieu n’a jamais qu’un
don à offrir, le don de lui-même, le don de sa vie, le don
de son amour. Puisse
ce don être pour chacun et chacune d’entre nous le signe
de la promesse de Dieu à tous ceux et celles qui
travaillent à son Royaume, à l’établissement d’un
monde plus juste et plus fraternel.
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