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« Tu
es Pierre : et sur cette pierre je bâtirai mon Église. »
Jésus
confie une mission à Pierre : celle d’être le rocher
sur lequel il va bâtir son Église.
C’est une image qui nous parle beaucoup; un
rocher, c’est du solide!
Pourtant ce rocher que doit être Pierre est loin d’être
solide. Tout de suite après l’évangile qu’on vient
d’entendre, Jésus annonce
à ses disciples qu’il devra souffrir beaucoup et être
mis à mort avant de ressusciter le troisième jour.
Alors, Pierre, dans toute sa fougue, lui fait de vifs
reproches : « Dieu t’en préserve, Seigneur. Non,
cela ne t’arrivera pas! »
Et Jésus n’y va pas avec le dos de la cuillère :
il le traite de Satan qui se met en travers de sa route.
Loin d’être solide, Pierre!
Les jours de la Passion, par peur, il reniera son
Seigneur trois fois.
Et
ce n’est pas encore fini!
Après la résurrection de Jésus, alors qu’il se
trouve à Antioche, il éprouvera le même peur à tel point
que St Paul lui fera de vifs reproches.
Un rocher bien fragile, Pierre!
Si on peut dire que ses attitudes sont bien ambiguës,
on peut bien ajouter que celles de Jésus sont pour le moins
étrange. Ne
pouvait-il pas choisir un disciple plus fiable?
On
éprouve la même surprise quand on regarde St Paul.
Qui aurait pu imaginer que Dieu choisirait un spécialiste
de la persécution contre les premiers chrétiens pour en
faire un apôtre extraordinaire auprès des païens?
Si les attitudes de Jésus sont pour le moins étranges,
on peut bien ajouter que le Seigneur fait preuve d’humour en
choisissant deux hommes aussi différents l’un de l’autre.
La
fête d’aujourd’hui est une fête bien importante pour
l’Église. C’est
très rare qu’on remplace la liturgie habituelle du dimanche
par la fête de saints. Une
fête importante parce qu’elle nous permet de regarder l’Église
à ses débuts, parce
qu’elle nous permet de prendre conscience que c’est Dieu
qui prend l’initiative. C’est lui qui bâtit son Église,
et quand il a un plan, il le réalise, pas tout seul bien sûr,
mais en comptant sur notre complicité et notre collaboration.
Quand Dieu a un projet à cœur, il le conduit à
terme. Ça marche!
C’est
ça que le Seigneur fait comprendre à Pierre et à Paul!
C’est lui qui bâtit son Église.
Ils ne sont que des collaborateurs, des serviteurs.
Pierre et Paul ne pourront jamais se glorifier de
la mission que le Seigneur leur confie, si grande soit-elle.
Et pour que cette mission ne lui monte pas à la tête,
Jésus rappellera à Pierre sa faiblesse, pas pour
l’humilier, mais pour qu’il se souvienne à jamais qu’il
n’est pas meilleur que les autres. Même chose pour Paul qui
reconnaît à plus reprises ses propres faiblesses.
En
réalité, l’intention de Jésus est d’une très grande
importance. Après
sa résurrection, il demandera à Pierre par trois fois :
« Pierre, m’aimes-tu plus que ceux-ci? »
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La
responsabilité de Pierre, c’est d’être au service de
la croissance de l’amour de Dieu et du prochain chez tous
les membres de l’Église.
C’est ça le vrai pouvoir dans l’Église :
être au service de la croissance de l’amour.
C’est la responsabilité des pasteurs
d’aujourd’hui, la responsabilité de toutes les personnes
impliquées dans l’Église : être au service de
l’amour, sans
jamais avoir honte de nos fragilités et même de nos
erreurs. Ça me
rejoint beaucoup dans ma responsabilité de pasteur, surtout
par les temps qui courent.
La
première lecture, tantôt, nous racontait que Pierre était
prisonnier d’Hérode, placé « sous la garde de
quatre escouades de quatre soldats. »
Et pendant qu’il était détenu, « L’Église
priait pour lui devant Dieu avec insistance. »
Il me semble qu’on trouve là la trace de notre
première collaboration :
entrer dans le plan de Dieu par la prière.
Notre première collaboration au projet d’Église,
ce n’est pas de faire des choses spectaculaires mais de
faire ce que Dieu veut.
C’est vrai qu’il y a des choses spectaculaires
dans la lecture : un ange qui réveille Pierre,
les chaînes qui tombent, les portes qui s’ouvrent.
Mais il ne faut pas confondre le spectaculaire avec
l’extraordinaire. La
naissance de Jésus, par exemple, était loin d’être spectaculaire,
et pourtant elle était extraordinaire. Il faut toujours se
rappeler que l’extraordinaire, c’est Dieu qui le fait!
Le long
chemin qui dessine peu à peu l’amitié qu’il y a entre
Pierre et Jésus est un chemin séduisant.
On peut même dire qu’il ressemble à nos propres
chemins. Tissé d’enthousiasme et de reniement, parsemé
de chutes et de relèvements, le chemin de Pierre est un peu
notre chemin à tous. De
question en question, au fil de la vie, Jésus éduque la
foi de Pierre et la nôtre :
« Que cherchez-vous?
Pour vous, qui suis-je?
Pourquoi as-tu douté?
M’aimes-tu? »
À toutes ces questions, il faut savoir risquer nos
propres réponses.
La
fête d’aujourd’hui nous révèle que pour connaître
Dieu, il faut
avoir les yeux fixés sur lui comme Pierre et Paul, en nous
rappelant toujours que c’est lui qui prend l’initiative,
qui fait merveille, pas dans notre style à nous, mais dans
son style à lui. Rappelons-nous
toujours qu’il est capable de choisir des personnes
tellement différentes de celles que nous imaginons,
des personnes dont on dit « Je n’en reviens
pas ».
Comme
Pierre et Paul, nous avons reçu le don de la foi. Soyons
fiers de ce que Pierre et Paul nous ont apporté,
heureux d’appartenir au Christ et à l’Église!
Soyons des témoins de l’amour de Dieu!
Vivons comme des frères et comme des sœurs semant
autour de nous la Bonne Nouvelle de l’amour pour que l’Église
demeure le
flambeau qui éclaire tout homme, toute femme de bonne
volonté.
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