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Vous
vous souvenez sans doute des premiers mots de Jean-Paul II, le
jour même de son élection : « N’ayez pas peur! »
Il reprenait ce que Jésus nous dit dans l’évangile
d’aujourd’hui : « Ne craignez pas! »
En
même temps qu’il envoyait ses disciples en mission, l’évangile
de dimanche dernier, Jésus
leur disait : « Méfiez-vous des hommes : ils
vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront…Vous serez
détestés de tous à cause de mon nom. » Lucide,
il savait bien qu’un jour ou l’autre les disciples
allaient vivre des moments difficile et qu’ils pourraient
tomber dans la peur, et
que cette même peur risquait d’étouffer leur témoignage
si important pour le monde. C’est dans ce contexte que Jésus,
aujourd’hui, encourage et réconforte ses disciples :
« Ne craignez pas! N’ayez pas peur!»
Cette
parole d’évangile n’est pas loin de nous!
Depuis des années et des années, notre évêque nous
invite à nous mettre en état de mission.
Tous les réaménagements que nous vivons ont la
mission comme but premier. En septembre prochain, l’équipe
pastorale mandatée sera réorganisée toujours dans le même
but. Nous prenons
de plus en plus conscience que la mission n’est plus
ailleurs, mais chez nous, et que nous avons tous une
responsabilité de baptisés pour que la Bonne Nouvelle soit
connue.
Dans
certains pays, les chrétiens sont toujours menacés de mort.
Il y a quelques années, un massacre dans une église
en Irak, sept moines décapités en Algérie, à cause de leur
foi. On n’est
pas dans le même contexte, bien sûr! Il
n’y a pas d’empereurs qui organisent des persécutions
systématiques, pas de lions qui nous attendent dans les arènes,
mais ça ne veut pas dire que c’est plus facile. Il y a
toujours des peurs qui existent chez nous et qui risquent de
diminuer et même d’éteindre complètement notre témoignage.
La
première peur qui nous guette, c’est celle de la dérision.
Il y a une cinquante d’année, ceux qui s’affichaient
comme non-croyants étaient regardés de travers,
aujourd’hui, c’est le contraire. On a peur de faire rire
de nous autres ou de se faire traiter de niaiseux. Il y a des
jeunes et même des enfants qui me l’ont confié. On n’en
finit plus de faire le procès de l’Église, de ridiculiser
les prêtres, les religieux et les religieuses. Ce n’est pas
facile d’affirmer notre foi dans un contexte pareil.
La
deuxième peur qui nous guette, c’est celle qui vient du
doute. À force de marcher à contre-courant de notre monde,
on finit par se demander si on est bien correct, si on ne
s’est pas trompé, si Dieu existe vraiment.
Et quand certains philosophes bien côtés déclarent
à la télé que la religion est une pathologie mentale, il y
a de quoi être ébranlé. Et si, en plus, on trouve que le
bon Dieu est bien trop silencieux par les temps qui courent,
la peur ne fait qu’augmenter.
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La
troisième peur qui nous guette, c’est celle qui vient de
la solitude. On
est tout seul à croire, à pratiquer dans la famille ou
parmi les voisins qui nous entourent.
Il n’y a pas d’autres croyants au bureau où on
travaille. On se
sent tout seul, isolé, incapable de nous appuyer sur la foi
de d’autres. Ce
n’est pas facile et on risque de perdre nos forces très
rapidement, de faire sauter notre vie spirituelle.
« Ne
craignez pas! » « N’ayez pas peur! »
Facile à dire! Dans l’évangile, dans des expressions pas
très familières, Jésus réconforte ses disciples et vient
nous réconforter, nous aussi, de plusieurs façons.
« Rien
n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est secret
qui ne sera connu », nous dit Jésus. Il y a des gens
qui comprennent cette phrase en se disant, qu’un jour,
toutes nos bêtises vont être mises sur la place publique.
Ça n’a rien à voir!
Pendant trois ans Jésus a vécu des moments
d’intimité avec ses disciples.
Il leur a dévoilé le dessein de Dieu, les
secrets de la volonté du Père. Il a soufflé dans leurs
oreilles et dans leur cœur, comme il le fait encore
aujourd’hui, ce qu’il fallait annoncer, ce qu’il
fallait faire connaître. « Rien n’est voilé qui ne
sera dévoilé! Autrement dit, il n’y a rien qui va empêcher
la Bonne Nouvelle de se répandre parce que c’est la
volonté profonde du Christ.
Et
parce qu’il veut que la Bonne Nouvelle soit annoncée, il
nous assure de sa présence aimante. « Pas un seul
petit moineau ne tombe à terre sans que votre Père le
veuille. Rien
n’échappe à la tendresse du Père, pas même la chute
d’un cheveu. Jésus reprend en
d’autres mots, ce
que Dieu avait déjà dit au prophète Isaïe :
« Ne crains pas, je t’ai appelé par ton nom.
Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu es précieux pour
moi, et je t’aime. »
Et
ça n’a pas de limite!
Parce qu’il est avec nous, dans toute la force de
son amour, Jésus nous rappelle que, quoiqu’il arrive, la
mission ne peut que tourner en faveur de celui que le Père
aime, qu’il ne faut même craindre ceux qui tuent le
corps, parce que la vie triomphera toujours de la mort.
Celui
qui nous dit ça, c’est celui que nous allons accueillir
au moment de la communion.
Au IVe siècle, St Cyrille de Jérusalem écrivait :
« Quand tu t’approches de l’Eucharistie, fais de
ta main gauche un trône pour ta main droite, puisque
celle-ci doit recevoir le Roi, et dans le creux de ta main,
reçois le Corps du Christ, en disant « Amen ».
Celui que nous recevons dans nos mains, que nous
accueillons dans nos cœurs, c’est celui qui nous dit au
creux de l’oreille et du cœur ce qu’il faut annoncer,
c’est celui qui veille sans cesse sur nous en nous disant :
« Ne craignez pas! »
« N’ayez pas peur! »
Poursuivons notre prière.
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