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Vous
avez remarqué ce petit bout de phrase dans la 1e
lecture : « Efforçons-nous
de connaître le Seigneur.» On sait, par expérience que,
si on veut bien connaître quelqu’un, il faut le fréquenter.
Pour bien connaître Jésus, il faut le fréquenter, comme
nous le faisons en venant à la messe ce matin.
C’est toujours la même chose pour notre Dieu;
si on veut bien le connaître, on n’a pas le choix,
il faut le fréquenter.
Ça
paraît facile, mais ce n’est pas si facile que ça!
Depuis toujours, on considère Dieu comme quelqu’un
de très grand, de tout-puissant, transcendant, maître de
l’univers. Aussi,
nous avons toujours appris qu’on ne peut pas s’approcher
de lui n’importe comment.
Pour
être en mesure de s’approcher de Dieu et de le fréquenter,
pour en être digne, les Juifs avaient mis en place tout un
système de purification : des lavages innombrables et
quotidiens, un système de sacrifices à n’en plus finir.
Les pharisiens ont souvent reproché à Jésus et à ses
disciples de ne pas se laver les mains.
Quand Marie et Joseph vont présenter leur bébé au
Temple, St Luc nous dit : « Puis, quand vint le
jour où, suivant la loi de Moïse, ils devaient être purifiés,
ils l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au
Seigneur, en offrant un couple de tourterelles ou deux petites
pigeons. »
Mais
les Juifs savaient bien aussi que la pureté du cœur était
encore bien plus importante.
Pendant des générations et des générations, les
prophètes n’avaient cessé de le dire. Il fallait
« être pur », « juste » aux yeux de
Dieu, obéir aux commandements.
Ce
n’est pas difficile de comprendre que cette façon de voir a
eu des conséquences énormes.
Très vite, on a divisé le peuple de Dieu en deux
classes : d’un côté, les purs, et de l’autre les
impurs : les « purs », les « justes »,
comme les pharisiens ou les docteurs de la Loi, et les
« impurs » comme les publicains, les prostituées,
les pécheurs de toutes sortes… et même les bergers qui, en
raison de leur métier, étaient considérés comme des
non-pratiquants. Évidemment,
pour les purs, les impurs ne pouvaient absolument pas
s’approcher de Dieu, et encore moins le connaître.
Dans
l’évangile qu’on vient d’écouter, on voit que Jésus
vient bouleverser complètement ce système.
« Comme Jésus était à table à la
maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs
vinrent prendre place avec lui et ses disciples. » C’est
un scandale pour les pharisiens qui sont bouleversés par le
geste de Jésus, parce
que, celui qui fréquentait les impurs devenait lui-même un
impur. À leurs
yeux, Jésus devenait un impur;
il ne pouvait s’approcher de Dieu;
impossible qu’il puisse venir de la part de Dieu.
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Alors,
Jésus leur dit : « Allez apprendre ce que veut
dire cette parole : c’est la miséricorde que je désire,
et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les
justes, mais les pécheurs. » Jésus va très loin.
Il ne demande pas aux pécheurs qui viennent vers lui
d’aller d’abord se purifier, de changer de vie.
Il les accueille comme ils sont.
S’il avait exigé qu’ils soient purs avant de les
accueillir, il attendrait encore.
Il les reçoit sans rien leur demander parce qu’il
sait que c’est seulement quand ils découvriront qu’ils
sont aimés gratuitement pour eux-mêmes qu’ils pourront
apprendre à aimer en vérité et commencer à se convertir.
Lors
des deux assemblées générales de paroissiens, la
pastorale de l’accueil a été mis de l’avant.
Les personnes qui ont pris la parole dans le cadre du
« Projet de visitation de Mgr », ont insisté
sur l’accueil. L’équipe
pastorale considère que c’est la première valeur à
promouvoir au cours de la
prochaine année.
Ça me réjouit quand je lis l’évangile
d’aujourd’hui. Ce qui était vrai dans le temps de Jésus
est encore vrai aujourd’hui.
Je
termine par une petite méditation.
Seigneur,
tu habitais Capharnaüm depuis le début de ton ministère.
Tu avais sans doute remarqué Matthieu,
cet
homme à son bureau de douane. Et lui, de son côté, il
avait dû entendre parler de toi. Peut-être même
t’avait-il aperçu quand tu passais. Mais il était resté
à l’écart, conscient de sa situation de publicain. Comme
Zachée, son collègue de Jéricho, il se savait méprisé
et rejeté par les soi-disant fidèles observateurs de la
loi de Moïse.
Il
te manque quelqu’un, Seigneur, pour compléter le groupe
de tes disciples.
Tu
l’appelles…sans enquête préalable sur sa vie, ses
capacités, sa moralité. Ce même appel, tu veux
l’adresser à tous, sans distinction. Tu veux dire à tous
l’amour de Dieu, à commencer par ceux qui en ont le plus
besoin : les rejetés de ce monde. Il a compris ton
appel, ton amour. Sans hésitation, il se lève, laisse tout
et se met à te suivre. Mieux encore, il organise un festin
pour fêter sa nouvelle vie, un festin comme ceux que tu
aimes, où tout le monde est invité.
Les
pharisiens sont choqués, mais ils n’osent rien te dire
directement. Ils s’en prennent à tes disciples, au lieu
de s’en prendre à toi : c’est plus facile, plus lâche
aussi!
Mais
tu prends leur défense, tout en expliquant ta mission :
Tu es venu guérir, sauver, mettre de l’amour dans les cœurs.
C’est cela l’essentiel.
Poursuivons
notre prière.
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